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Une guérison au Canada

Montréal, Canada, 28 décembre 1869.

Permettez-moi, mon révérend Père, de vous communiquer cette petite lettre, qui prouvera la puissance de saint Joseph, une fois de plus.

Très-cher Frère,

Comme vous avez une grande dévotion à saint Joseph, je me réjouis de pouvoir vous communiquer un nouveau fait , que je trouve extraordinaire et par conséquent bien propre à glorifier ce grand Saint, et à propager son culte.

Vous connaissez le grave caractère des deux hernies dont j'étais affligé depuis huit à dix ans, et qui me faisaient tant souffrir la dernière année que je passai avec vous.

En arrivant à ma nouvelle résidence, soit à cause des fatigues du voyage, ou pour quelque autre raison, je n'en pouvais plus, et je fus contraint de garder le lit deux semaines et d'appeler les médecins.

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Je souffrais horriblement, et je désespérais mémo de recouvrer la santé, qaand L'idée me vint de promettre ;<

saint Joseph (pu1, s'il me guérissait, je porterais sou cordon en témoignage de ma reconnaissance. Je puis attester que depuis ce moment, je suis complètement guéri.

Je gardai cependant mon bandage, mais, chaque fois que je me levais, il tombait de lui-même; je compris qu'il était maintenant inutile; je le quittai donc.

Depuis, en travaillant, j'ai l'ait des efforts que je n'aurais pu faire depuis huit ans au moins.

La guérison est complote, et je l'attribue à saint Joseph; je m'empresse do vous le faire savoir à l'honneur de ce saint Patriarche que vous vénérez tant, et pour votre consolation.

Je suis, en union do vos prières à saint Joseph, votre frère en Jésus-Christ.

13 — Que saint Joseph est bou.

Depuis le mois de janvier dernier, so'ur Sainte-Odile, âgée de 30 ans, religieuse d'une congrégation du diocèse de Valence, était atteinte d'une maladie qui l'avait privée peu à peu do l'usage de ses bras et do ses jambes; déjà les symlômes d'une paralysie complète semblaient se manifester en elle, et son étal s'aggravant de jour en jour, elio tut enfin réduite à s'aliter. Pour surcroît de douleurs, vers la fin du mois do mai, une névralgie se saisit de sa tète, nuis ,ivee une telle violence, qu'elle ne

pouvait, plus ni desserrer les dents, ni parler, ni prendre la moindre nourriture.

Telle était la triste situation de là jeune iu!i-ioe,

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lorsque sa supérieure, voyant qu'il n'y avait plus à compter sur les moyens humains, résolut de s'adresser à saint Joseph pour en obtenir une guérison que Dieu seul pouvait opérer. A l'instant, elle ordonna à toutes ses religieuses de commencer une neuvaine qui devait consister dans la récitation en commun d'un Pater, d'un Ave et du Souvenez-vous de saint Joseph. La neuvaine commença le vendredi 21 juin; la malade, revêtue aussitôt du cordon bénit, fut invitée à s'unir, comme elle le pourrait, aux prières qu'on allait faire pour sa guérison.

Les premiers jours delà neuvaine, aucun changement ne survint dans son état; le cinquième jour, qui était un mardi, ses souffrances devinrent plus vives et redoublèrent d'intensité jusqu'à la tombée de la nuit. Informées de ce qui se passait et croyant que la chère malade touchait à sa dernière heure, les sœurs de la maison voulurent la voir une dernière fois et allèrent toutes, les unes après les autres, prier auprès de son lit de douleur.

Cette espèce d'agonie se prolongea jusqu'à minuit. En ce moment-là même, les souffrances parurent se calmer un peu, et la malade s'endormit doucement. Le mercredi, à 3 heures du matin, sixième jour de la neuv.iine, la malade se réveilla en sursant, en disant : « Qui est-ce qui m'appelle? Quelqu'un nia appelée trois l»is, u et se levant sans efforts sur son lit, « oùsuis-je? » sV<:ria-t-elle, et se palpant les mains, les bras et la figure : « Je n'ai plus de mal, je suis guérie. 0 saint '/, que vous êtes bon! Que vous êtes bon ! r>

Elle se lève aussitôt, s'habille à la hâte, et se dirige

la tribune de la chapelle intérieure du couvent, où

• i prières en attendant le réveil de la corn-

NOVEMBRE. fê?

munauté. Mais il lui tardait trop d'aller consoler la bonne supérieure, pour attendre jusqu'à cinq heures. A quatre heures, elle va frapper à la porte de sa cellule, et entre en disant : « Ma mire, oh! que saint Joseph est boni — « Qui êtes-VOUS, mon enfant, » lui répond la digne supérieure ? Que voulez-vous si matin ?» — « Mais, ma mère, je suis votre petite sœur Sainte-Odile, votre pauvre malade; saint Joseph m'a guérie. » — a Que ditesvous, mon enfant? Mais est-ce bien vous qui êtes là? » — i Oui y ma mère, c'est moi; je n'ai plus de mal, je suis guérie. Oh! que saint Joseph est bon ! » Et la vénérable supérieure la serrait dans ses bras, en pleurant avec elle de joie et de reconnaissance.

Lorsque, à cinq heures et demie, sonna l'exercice de l'oraison, sœur Sainte-Odile voulut s'y rendre avec toutes ses compagnes. Son entrée dans la salle commune causa une surprise qu'il est plus aisé de concevoir que d'exprimer; tous les yeux se fixèrent sur elle comme sur une apparition mystérieuse, et tous les cœurs se réunirent dans un commun sentiment d'ineffable admiration.

Ce bienheureux mercredi fut un jour de fête et «le grande joie pour toute la commun, tuté. L'enfant bénie de saint Joseph, cette pauvre infirme qui, depuis six mois, ne pouvait marcher, qui, depuis plus de quinze jours, ne pouvait articuler une parole ni prendre d'autre aliment que quelques gouttes d'eau, suivit tous Les exercices de la maison sans ('•prouver la moindre fatigue,

sans laisser apercevoir aucune trace de ses souffrances. Le médecin oui L'avait soignée étant venu, comme d'habitude, puni- s'informer de son état, fut étrangement surpris de la trouver toute joyeuse au milieu de ses compagnes, et il n'hésita point à confesser que sa gué-

rison devait être attribuée à toute antre vertu que celle des remèdes qu'il avait proscrits.

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