‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 277 sur 315 · Saint Joseph console une mûre · texte numérisé non relu

Saint Joseph console une mûre

Une mère avait un petit garçon qui se disposait à faire sa première communion. Depuis plusieurs .innées, ce cher enfant lui causait beaucoup d'inquiétude pour l'avenir, car il était très-dissipé. Elle voyait le moment du grand jour arriver, et pas d'amélioration. Cependant elle avait toujours espoir que la première communion le changerait ; mais plus elle voyait avancer ce beau jour, plus elle se désolait en voyant la môme conduite. Elle priait le bon Dieu de tout son cœur, mais ce bon père semblait rester sourd à sa voix... Un jour elle allait visiter une église, et y vit plusieurs statues qui la frappèrent beaucoup, entre autres celle de saint Joseph: elle se sentit aussitôt poussée du désir de commencer une ueovaineàce grand Saint, en qui elle avait déjà toute eontianee. Il lui semblait que son pauvre petit allait devenir tout de suite plus sage, mais il n'eu lut pas ainsi ; le bon Dieu voulait sans doute éprouver sa confiance jusqu'à l,i Qn, puisque, deux jours avant sa première communion, il laissait encore, hélas ! b aucoup à désirer.

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La pauvre mère ne se décourage cependant pas. Au contraire, elle redouble de prières; enfin, la veille du beau jour, son pauvre enfant se sentit très-toucbé pendant une instruction de la retraite, et pleura beaucoup. Ce soir même, il vint se jeter aux pieds de son père et de sa mère ; là, à genoux, il leur demanda pardon, mais c'était une demande qui partait du cœur car il fondait en larmes. Les parents étaient émus et heureux de le voir ainsi ! Enfin, ce cher enfant fit sa première communion avec de très-bonnes dispositions, et depuis il continue à donner de la consolation et à persévérer, (iràces à saint Joseph !

16 — Conversion d'un avare racontée par son curé.

Le bon saint Joseph, que nous avons le bonheur d'aimer, sait ajuster les grâces qui découlent de son intercession, aux besoins de ceux qui les réclament.

Pierre A... habitait ma paroisse depuis quinze ans. Tout, 'dans son extérieur, dénonçait l'extrême indigence et excitait la pitié. Quelques parents éloignés l'avaient successivement recueilli. La nourriture et le vêtement lui étaient assurés. Il vivait tranquille, pratiquait la religion avec une régularité édifiante, s'approchait des Sacrements bion souvent, et ses relations dans le monde lui attiraient l'estime.

11 devint infirme à ne pouvoir marcher. 11 resta sur le grabat; mais un homme riche et charitable adoucissait sa peine en lui envoyant des secours de toute sorte. Le pauvre grabataire était aussi reconnaissant que d'ailleurs il était patient et résigné.

Tout cet ensemble était très-bien, mais à côté agis-

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sait une passion qui torturait son âme il était avare.

Sa part d'héritage de famille avait été d'environ 800 francs, placée chez un notaire qui, chaque année, avait ordre de garder l'intérêt — productif lui aussi. — Cette somme fit boule de neige et réalisa à la fin un capital de près de 4,000 francs.

D'autre part, le malheureux ne prenait que des aliments gâtés, toujours par une économie inspirée par l'avarice. Il mangeait son pain quand il était dur et moisi ; sa viande, quand elle était trop faite ; ses fruits quand ils étaient presque pourris. Ses vêtements les plus propres avaient été relégués au fond d'un coffre ; il les eût usés à s'en servir.

Je le voyais souvent. La dévotion à saint Joseph était ce que je lui recommandais le plus. Il la goûtait tant, que ses invocations à ce bon Saint étaient devenues fréquentes.

Quelle heureuse transformation s'opéra dans cette âme!

11 commença par me révéler ses pensées inquiètes, l'existence de la somme grossie chez son notaire, et bientôt, la résolution sérieusement prise par lui de donner son avoir à la maison du Seigneur, assuré qu'il recevrait par là miséricorde, et que, donnant à Dieu son argent, Dieu lui donnerait son Ciel.

Sans délai, il fait rentrer 1,800 francs qu'il me remet. Ne pouvant sur l'heure taire rentrer le reste, il mande le notaire et en dispose par testament eu faveur

de l'église. Si le tiers seulement de cette disposition a eu son effet, ce n'a pas dépendu de lui .- st>s héritiers ont réclamé après si mort, et leur réclamation a été entendue.

Notre malade avait ainsi, par saint Joseph, vaincu sa passion, en se dépouillant avanl si mort - - chose bien

rarei — u vécut quelques mois eucore libre, s'occupant du ciel, joyeux au milieu des souffrances. Il s'éteignit au commencement d'avril 1862.

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