‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 278 sur 315 · Une offrande en reconnaissance · texte numérisé non relu

Une offrande en reconnaissance

L'année dernière, mademoiselle M. A., d'une paroisse à l'extrémité sud du diocèse de Luçon, passait ici quelques mois, chez son neveu, instituteur communal.

Cette pieuse demoiselle goûtait délicieusement la dévotion au glorieux saint Joseph, que son cœur avait ignorée jusque-là.

Ces prémices lui valurent une grâce qu'elle n'oubliera jamais. — Elle me la racontait dernièrement encore, avec l'expression la plus reconnaissante.

Prise d'un bouton douloureux à la jambe, elle alla, à trois lieues de distance, trouver une personne réputée habile pour guérir ces sortes de maux, surtout les cancers. Les premiers remèdes diminuèrent momentanément la douleur; mais au bout de quelques jours, on découvrit toutes les apparences d'un cancer. La bonne demoiselle n'en fut point surprise, en raison des douleurs intolérables qu'elle ressentait.

Une première application d'un remède très-douloureux pouvait la guérir, mais peu probablement; un autre remède plus douloureux encore et d'une plus longue application deviendrait nécessaire sans doute, et on ne dut point lui laisser ignorer que, s'il y avait espoir, il restait aussi des chances d'insuccès.

}/i pauvre demoiselle devint bien triste, plus triste encore par l'ennui que lui causait l'impossibilité de j'accoutumer dans la localité.

NOVntBBK. 433

Elle se retire dans sa chambre, et, les larmes aux yeux, le cœur oppressé, elle tombe à genoux, s'abandonne confiante au saint Patriarche, et lui promet de décorer son image, s'il daigne lui obtenir la guérison du mal affreux dont elle est atteinte. L'application du premier remède a tout fait disparaître, et, dans la quinzaine, elle revint joyeuse; elle était guérie. C'était en mars 1863.

Elle va me remettre l'offrande qu'elle avait promise.

Le curé de La G.

Page 1