Dévotion à la sainte Famille
La bienheureuse Agathe de la Croix était transportée hors d'elle-même quand on parlait devant elle de la sainte Famille. Les heures s'écoulaient trop rapides pour son amour, qui ne pouvait se rassasier d'entendre expliquer les grandeurs et surtout les bontés infinies de Jésus, de Marie, de Joseph. Elle fut elle-même l'objet d'une de ces grâces particulières dont le récit la comblait d'une sainte allégresse. Elle se disposait un jour au sacrement de la Pénitence, elle faisait son examen après s'être mise sous la protection de ses protecteurs chéris. Tout à coup elle vit devant elle notre bonne dame, la glorieuse Vierge Marie, tenant son Fils dans ses bras, ayant à côté d'elle saint Joseph, son très-chaste époux ; un rayon parut s'échapper du cœur de Jésus vrai soleil de justice, il pénétra jusqu'à l'âme de la bienheureuse Agathe et lui fit découvrir un léger manquement à la charité dont elle s'était rendue coupable et dont elle avait perdu le souvenir. Ce rayon de lumière lui inspira en même temps un sincère regret de ses fautes et un ferme propos de s'amender, tout en lui donnant l'heureuse assurance du pardon. Puis les trois saints visiteurs l'entretinrent avec une extrême bonté et la laissèrent arec un grand accroissement d'amour de Dieu et du prochain.
19 — Débiteurs fidèles.
Voici un trait arrivé en 1860 et qui prouve une fois de plus avec quelle sollicitude saint Joseph veille sur les congrégations religieuses.
La supérieure d'une grande communauté du diocèse de Viviers se trouvait dans la peine. Elle avait une dette assez importante à payer prochainement, et la caisse de la maison était vide : si bien vide qu'on n'avait pas pu pourvoir aux dépenr es ordinaires. A qui s'adressera cette bonne supérieure pour sortir de son embarras? Emprunter de l'argent : elle aurait pu le faire à la rigueur ; toujours il y avait à cela, dans la circonstance, un certain inconvénient. Elle prend un moyen plus simple et aussi plus prompt, elle a recours au chef de la Sainte- Famille. Tandis que, de son côté, elle sollicite avec ferveur son assistance, elle recommande à plusieurs de ses filles de le prier en union avec elle, sans rien leur dire du motif de sa demande. Le bon Père saint Joseph ne se laissa pas prier longtemps. Quelques jours se passèrent, et des débiteurs de la Communauté, sur lesquels on était bien loin de compter, se présentèrent d'euxmêmes à la porte du couvent, les mains pleines d'argent; c'était évidemment saint Joseph qui les avait amenés. La pieuse supérieure s'empressa de signaler ce bienfait à la reconnaissance de la Communauté ; tous les cœurs se réunirent dans de ferventes actions de grâces envers leur saint bienfaiteur.
IANVIER. 21