‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 281 sur 315 · La paix rétablie dans une famille par saint Joseph · texte numérisé non relu

La paix rétablie dans une famille par saint Joseph

Permettez-moi de vous communiquer la relation suivante :

Dernièrement, une bien triste affaire réclamait mon intervention. Vers sept heures du matin, l'on accourt me chercher pour une femme très-malade, mais dont on me tait la maladie. Il y avait dans ce message je ne sais quoi de mystérieux qui m'intrigua, J'eus, en arrivant, le mot de l'énigme d'un voisin qui me dit :

« Monsieur, c'est la faiblesse Seule qui lue la malade ; et cette faiblesse vient d'un tond de chagrin lui faisant repousser toute nourriture. Dans son désespoir, elle appelle la mort, à grands cris ; H , ers jours deniers, elle

a môme essayé de s'enlever la vie en se précipitant du

haut de sa grange. Quelqu'un put heureusement larete-

nir à temps ; mais, depuis lors, impossible de la décider â manger. »

Alors le brave homme m'apprit que cela résultait d'une bronille entre le mari de cette femme et leur gendre. Le gendre, paraît-il, n'était pas assez soumis au beau-père qui, de son côté, exigeait peut-être trop de prévenances. Toujours est -il qu'après une vive altercation le beau-père enjoignit au gendre de quitter la maison, etc., d'où le poignant chagrin de la mère ne pouvant se décider à se séparer de sa fille unique.

Instruit de la chose, je me rends alors auprès de la malade que je trouve, en effet, d'une faiblesse et d'une agitation extrêmes. Cependant je réussis à la calmer et lui fis même promettre de prendre désormais la nourriture qu'on lui présenterait. Mais je ne vis point son mari parti, me dit-on, de très-grand matin, sans savoir ce qu'il était devenu. Cette soudaine disparition ne contribuait qu'à redoubler les angoisses de la pauvre malade chez qui la crainte d'un suicide venait se joindre aux autres alarmes. Je me retirai sur ces entrefaites priant de tout cœur saint Joseph (car c'était un mercredi) d'assister cette famille désolée. Enfin le lendemain soir l'on m'avertit que le fugitif était rentré et « que peut-être de bonnes paroles de ma part lui feraient du bien. » Quoique le village fût éloigné, je n'hésitai pas à m'y rendre, mais je ne pus rien obtenir de cet obstiné. Il se montra ' cependant touché de ma démarche, dont il me remercia beaucoup, et ce fut tout. Je m'en revins donc très-triste, n'ayant d'autre espoir que dans la prière et spécialement dans le secours de saint Joseph; je promis de publier cette grâce si j'étais exaucé. Eh bien I gloire à -rand saint, avocat et patron des causes désespérées 1 Unt subite transformation s'opère, dès le soir même,

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dans los sentiments de nos deux irréconciliables. Inutile de dire qu'à cette vue la malade se sentit moitié guérie, et maintenant la santé, la paix et l'union régnent dans cette maison naguère si péniblement troublée. Ma promesse est remplie.

M. J. C, vicaire.

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