‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 291 sur 315 · Confiance et persévérance récompensées · texte numérisé non relu

Confiance et persévérance récompensées

N..., 24 mai 1879.

Depuis trente ans, je sollicitais la conversion de mon père, disant à saint Joseph qu'une conversion à l'heure de la mort ne me satisferait pas, que je désirais quelque chose de plus glorieux à Dieu.

Chaque année,' au mois de mars, je faisais célébrer une neuvaine de messes. Les délais de saint Joseph m'étonnaient sans me décourager, tellement j'ai confiance en sa paternelle bonté.

J'obtins de mon père qu'il ferait un pèlerinage à Lourdes : la vue de la grotte l'attendrit, mais néanmoins il refusa absolument de se confesser, quoique ma mère qui l'accompagnait insistât pour cela.

Au carême dernier, je fis de nouvelles démarches : même résistance.

Plusieurs accidents me faisaient craindre pour mon père une mort subite ; il était temps de presser saint Joseph.

La faveur du jubilé ne fit qu'accroître mon désir, je redoublai mes prières, cinq communautés voulurent bien s'unir à moi. Dix petites filles de cinq à neuf ans offraient, depuis le commencement de mai, toutes leurs demi-heures de sagesse à cette intention.

Saint Joseph me faisant attendre depuis trente ans, je crus pouvoir me permettre de lui fixer une époque : Bon saint Joseph, lui dis-je, c'est du 13 au 22 mai que je

u donne pour m'obtenir la conversion de mon père.

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Le 22 était, pour notre paroisse, le jour de la clôture du jubilé.

Le 18, M. le curé se présenta chez mon père et lui dit : Lorsque vous étiez dans le commerce, Monsieur, vous receviez d'autant mieux les commis-voyageurs qu'ils représentaient des maisons plus honorables ; voici, lui dit-il, en lui présentant le missionnaire qui l'accompagnait, que je vous amène le commis- voyageur du bon Dieu. Là-dessus, M. le curé se retira et laissa le missionnaire seul avec mon père qui, peu après, pleurait les péchés qu'il n'avait pas confessés depuis Go ans!

Le lendemain il reçut la sainte communion, et le jour de l'Ascension, Notrc-Seigneur le visita de nouveau pour le faire participer à la grande indulgence du jubilé.

Mon père nous redit souvent son bonheur et remercie lui-même le bon Maître qui ne s'est pas lassé des longues résistances qu'il opposait à ses pressantes sollicitations.

Depuis dix ans, le portrait de mon père, renfermé dans un médaillon, est suspendu par une petite chaîne d'or au cou de saint Joseph.

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