Monastère sous le vocable de saint Joseph
La Sœur Marie-Elisabeth Carantène, religieuse de la Visitation de Marseille, supporta avec une patience admirable et que rien ne put lasser, le long délai que son père apporta à la réalisation de sa vocation. Il ne voulut jamais entendre parler de son engagement en religion ; mais l'intérêt plus que la tendresse motivait son opposition. Il se plaisait extrêmement à la cour, où il menait grand train, et, dissipant son bien dans cette vie fastueuse, il avait besoin que sa fille lui laissât les rentes de la fortune de sa mère. Elle se trouvait donc hors d'état de songer à la fondation projetée; aussi fi is;iit-elle quelquefois, en parlant de la grâce de sa pro- !<-ion ajournée indéfiniment : « Il est bien triste de peaser que je ne pourrai posséder le plus grand de tous les biens que par la perte de la personne que j'aime le plus au monde. » Les prières et les vertus de cette sainte
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âme obtinrent enfin à M. Carantène la grâce de finir chrétiennement ses jours dans un couvent de Carmes déchaussés, où il fut soigneusement assisté. Cet événement, qui toucha beaucoup le cœur de cette chère Sœur arriva au mois de mars d 05 1 ; aussitôt elle disposa toutes choses pour accomplir ses pieux desseins. On arrivait au jour marqué pour la fondation, lorsque des difficultés insurmontables firent désespérer du succès. La chère fondatrice recourut alors à saint Joseph, et lui promit, dans le cas où elle obtiendrait le consentement de l'évoque et des consuls, de le choisir pour patron et titulaire du nouveau monastère. Elle fut exaucée; le jour même de la fête de saint Joseph 1652, l'affaire fut conclue avec toutes sortes d'offres et de civilité de la part de ceux mêmes qui s'y étaient le plus opposés.