Trait touchant de la protection de saint Joseph
11 y a déjà quelque temps, mon révérend Père, que je fis à mon bon saint Joseph la promesse de vous écrire un fait que je ne puis attribuer qu'à sa protection. Abonnée dès la première année à votre excellente et si pieuse publication , chacun des numéros me rappelait ma promesse, et, lecture faite, je voulais toujours me mettre à l'œuvre; un peu de paresse jointe à peu de loisirs me retinrent toujours. Enfin je termine la lecture de votre publication du mois de septembre, et je ne veux m'appliquer à rien autre chose sans vous avoir transmis ce que j'ai tardé depuis si longtemps de proclamer en l'honneur de notre si bon Père.
En décembre 1862, je fus introduite pour affaire dans le parloir de la Maison des Petites-Sœurs des Pauvres établies dans notre ville. En attendant la Sœur supérieure, je contemplais une statue de saint Joseph dont les doigts étaient brisés. Durant la conversation que vous devinez, je lis remarquer à la bonne Mère qui me disait attendre tout de saint Joseph, qu'elle s'exposait bien à ne pas recevoir beaucoup d'argent, puisque les mains de sa statue étaient toutes brisées. « C'est vrai, me dit-elle, mais saint Joseph le soit bien , et s'il veut qu'on lui raccommode les doigts, il saura choisir lui-même son doctenr et son chirurgien. » 11 me prit à cœur d'être la personne désignée, et je dis à la bonne Mère: « Faites donc porter la statue chez l'homme que je lui désignai,
• dAc&mbbe. 477
et nous verrons comment saint Joseph s'exécutera. » Quelques semaines après, on vint me dire que la statue était remise à neuf. Ce que l'on demanda outrepassait un peu mes prévisions, mais pour saint Joseph je payai volontiers l'entière réparation de sa statue.
Puis la bonne Mère me dit : « Nous voudrions bien mettre notre saint Joseph au milieu de la cour de nos vieillards, mais nous le trouvons si beau que nous craignons les injures du temps. 5 Aussitôt je lui proposai de faire construire un tout simple abri.
Peu au courant de ce que ces sortes de petites constructions pouvaient coûter pour être convenablement établies, je le proposai à la bonne Mère, croyant même que, lui fournissant simplement quelques objets que j'avais à ma disposition, les bons vieillards eussent rm les ajuster sans m'entraîner dans des frais que je ne pouvais supporter. Elle me répliqua tout simplement : « Mais si vous vouliez vous en charger, notre entrepreneur nous ferait cela plus solidement que ne sauraient le faire nos bons vieux. »
Encore une fois, mon bon Père, me voilà prise et je ne veux pas reculer. Je ne lis cette fois aucune diligence. Le mois de mars s'écoule et je ne songeais guère à L'abri promis à notre cher saint Joseph. La ferveur d'une Semaine-Sainte me stimula, et le Vendredi-Saint, à sept heures, je me rendis chez les Petites-Sœurs avec l'individu à qui je voulais confier mon plan. Il m'avoua que la dépense pouvait al teindre 100 francs. Je m'étais dit: • Je donnerais volontiers 20 francs, nuis 100 francs! 1 Ma pauvre petite bourse ne pouvait 1rs compter de
sitôt... Encore une fois ma bonne volonté se fait sentir au cœur, et, sans trop mesurer la gêne à laquelle j'allais m 'astreindre par cette petite dépensai je dis à l'ouvrier :
« C'est pour saint Joseph, qui est aussi le patron de votre atelier. Faites tout pour le mieux. »
Chemin faisant, pour me rendre à l'église, je dis à saint Joseph : a Vous voyez, bon père, que c'est vous qui me poussez à cette dépense, à vous de me fournir les moyens d'y faire face. » Je me sentis alors toute joyeuse comme après une bonne action et nullement inquiète. Vers midi, j'entrai chez une amie à qui je redis, sans la moindre intention de réclamer son concours dans ma petite entreprise, l'aventure de ma matinée. Elle me répond : « Il y a quelques jours que j'ai le projet de faire une petite offrande à saint Joseph. Si vous le permettez, j'entrerai de moitié dans toute la dépense. » Les larmes me vinrent aux yeux en éprouvant si promptement la protection et l'aide de notre bienaimé et puissant père saint Joseph, et je racontai à mon amie, qui me connaissait, du reste, de quelle anxiété elle me soulageait et le cœur et la bourse. Elle partagea ma joie et me dit qu'elle eut été jalouse si saint Joseph l'avait oubliée dans cette petite circonstance. Les petits travaux de maçonnerie, de charpente, de couverture et de peinture s'élevèrent à 126 francs. Une autre amie voulut aussi y contribuer, de sorte que j'eus à peine le tiers des débours à payer. Je n'eusse pas voulu en donner moins; j'étais heureuse de consacrer à saint Joseph les économies de mon année.
DÉCEMBRE. i7!»
18 — Saint Joseph salut des infirmes-
Namur (Belgique), 29 juin 1875.
Je tiens à vous signaler un de ces faits providentiels qui sont de nature à accroître la vénération des cœurs chrétiens pour saint Joseph.
Une jeune personne, N. T. H..., de la ville de N... (Belgique), souffrait depuis longtemps d'un affaissement organique qui ne lui permettait de se livrer à aucune espèce de travail. Sa faiblesse était telle qu'elle ne pouvait soulever le moindre objet.
On avait invoqué tous les secours de l'art; les pres- , criptions des docteurs les plus expérimentés échouaient devant ce malaise indéterminé qui allait sans cesse en s'aggravant.
Cette jeune personne en était d'autant plus attristée, qu'elle avait conçu l'intention d'embrasser la vie religieuse: mais cette pénible affection était un obstacle à la réalisation de ses espérances.
Quoique sa dévotion envers saint Joseph eût toujours été très-grande, elle résolut de faire an appel extraordinaire à la protection de ce grand saint. Kilo commença une neuvaine spéciale; elle sollicita les prières des personnes ferventes, et elle eut fréquemment recours à la sainte eucharistie.
Ces supplications ne tardèrent pas à. être exaucées : la guérison l'ut immédiate. Cette jeune Bile fut admise à l'état religieux ; elle dirige une classe nombreuse d'élèves, et sa santé forte et robuste lui permit do soutenir les
fatigues d'un enseignement journalier, ainsi que l'accomplissement des exercices de la communauté.
Puisse cette précieuse faveur accordée par saint Joseph auimer les fidèles d'un nouveau zèle et étendre une dévotion rehaussée, chaque jour, par les grâces les plus signalées !
J'espère que vous daignerez publier ce trait.
J'en exprime un désir d'autaut plus vif que la personne qui est redevable à saint Joseph de cette grande grâce est une de mes proches parentes.
N. J., - Chanoine titulaire de la Cathédrale de Namur.