Parents consolés par saint Joseph
Nous avons reçu d'une Sreur de Saint-Joseph, du diocèse de Lyon, les lignes suivantes :
i Au mois de septembre dernier, une maladie régnait dans la paroisse sous le nom de fièvre scarlatine. Une mère de famille avait une fille unique atteinte de cette maladie : elle vint éplorée nous demander le secours de nos prières, disant que les médecins n'avaient donné aucune lueur d'espérance au sujet de sa guérison. Nous allâmes voir la petite fille; effectivement nous la trouvâmes réduite à la dernière extrémité, l'enflure avait gagné la poitrine, sa respiration gênée était imperceptible. Nous comprîmes bien le danger où elle se trouvait. Nous dîmes à la mère que sans un miracle il n'y avait point d'espoir de guérison; la voyant incapable de recevoir aucune parole de résignation , nous l'engageâmes à redoubler de confiance envers saint Joseph. Nous commençâmes une neuvaine conjurant ce saint Patriarche de conserver à une famille livrée a la plus vive affliction, je dirai presque au désespoir, l'unique fille qui restait à cette pauvre mère, de sept enfants qu'elle avait perdus en bas âge. Saint Joseph ne fut point insensible à notre prière; peu a peu l'enflure disparut, et le dernier jour de la neuvaine, la petite Dlle se lova, mangea et donna l'espérance d'une guérison prochaine ; maintenant elle est parfaitement guérie.
• Depuis près de deux ans, nous demandions a?ec confiance au bon saint Joseph la grâce de pouvoir vendre, malgré des difficultés inoales, on bien qui nous
étail à charge, el nous causait d'innombrables et con-
ANNfcr. ». J. Il
tinuels soucis. Après avoir prorais à ce grand saint de faire insérer cette faveur dans les Annales du culte de saint Joseph, nous avions l'assurance intime que nous serions exaucés. Notre espérance n'a point été déçue, car au moment où, vu les circonstances, nous nous y serions le moins attendues, et en dépit du mauvais vouloir de personnes influentes et hostiles, la propriété a été vendue à un prix au delà de nos espérances. »
23. — Recours efficace à saint Joseph dans la plus terrible des maladies mortelles.
De toutes les maladies auxquelles l'humanité est sujette depuis le péché, il n'en est pas de plus affreuse que la rage. Quoi de plus triste, en effet, que de voir une créature raisonnable ressembler tout à coup à une bête fauve, des morsures de laquelle on a toute la peine à se défendre. Il y a quelques années, une religieuse trinitaire nous écrivait de l'hôpital de Langogne : « Depuis longtemps employée à donner mes soins à toutes les misères humaines, je n'ai jamais été témoin d'un spectacle plus déchirant que dans ces derniers mois où j'ai été chargée de plusieurs malheureux mordus par des loups atteints de la rage. On était obligé de leur mettre une camisole de force afin de les empêcher de se déchirer eux-mêmes et leurs parents venus de loin pour les voir. »
D'après les docteurs, la mort vient ordinairement avant le cinquième jour. On cite cependant des exemples où les accès ne se sont déclarés que plusieurs mois et même plusieurs années après l'accident. Ils peuvent
DÉCEMBRE. ÎS7
résulter d'une imagination frappée , môme à la suite d'uue morsure d'un animal qui n'est pas enragé.
Autrefois on allait en pèlerinage à saint Hubert dans les Ardennes, pour demander d'être préservé ou délivré de la rage ; c'était, si nous pouvons parler ainsi, la spécialité de ce saint, comme l'on invoque saint Roch contre la peste, sainte Apollonie pour le mal de dents, saint Antoine pour retrouver les objets perdus, etc., etc. Mais saint Josepli, ainsi que le fait remarquer saint Thomas, a reçu de son divin Fils adoptif le privilège de nous secourir dans tous nos besoins spirituels et corporels.
Voici un trait récent qui nous est communiqué par un vénérable curé :
La Capelle-Farcel, 0 décembre 1875.
Dans le mois de novembre 1874, un homme d'une commune voisine se trouvait dans un domaine isolé de ma paroisse. Etant sorti dans la soirée, autour de la maison, il fut mordu par un chien enragé qui lui fit plusieurs blessures à une jambe. Le chien s'échappa au milieu des ténèbres de la nuit, mais on eut des preuves indubitables de la rage et on s'empressa d'abattre les chiens du domaine qui avaient été mordus. Impossible d'avoir le médecin pour faire la cautérisation, ni personne (pli voulût se charger de cette opération indispensable. Par suite le malheureux blessé tomba dans un étal de trouble et d'agitation que rien ne pouvait calmer. Sa frayeur (Hait, telle qu'on pouvait s'attendre aux suites
les plus Funestes.
La dame de la maison très-dévote à saint Joseph eut
aussitôt la pensée de recourir à sa protection et 'Mie lui
promit, avec l'assentiment du blessé, que, si ce malheureux échappait à une maladie si affreuse, elle ferait insérer le fait, au bout d'un an, dans le Propagateur.
A peine cette promesse était-elle formulée que le malade recouvrait le calme et la tranquillité. Le lendemain le médecin cautérisait les plaies et deux jours après cet homme se rendait dans le Languedoc à un couvent de religieuse où l'on a un remède efficace contre la rage et qu'on lui fit prendre. Aujourd'hui cet homme est trèsbien portant et il remercie saint Joseph, dont la protection a été si sensible dans le changement subit de l'état moral de cet homme, aussitôt qu'il a été invoqué avec promesse de publier le fait. Ce qui lui a donné le temps d'avoir recours aux raovens ordinaires de préservation contre la rage.
Je profite de cette occasion, pour vous prier de vous unir à moi, afin de remercier saint Joseph de toutes les faveurs dont il me comble, depuis que je me suis mis sous sa protection.
Tous les ans, je n'oublie pas de dire la messe et de faire dans notre église en union avec tous vos associés la dévotion des Sept dimanches selon vos recommandations.
Agréez, etc. ' .
Galzin, Curé de la Capelle-Farcel.