Guérison de la sœur Jeanne des Anges
Sœur Jeanne des Anges, religieuse Ursuline, fut instantanément guérie d'une pleurésie mortelle qui avait résisté à tous les efforts de la science. Sa guérison miraculeuse, constatée par l'autorité, fut ainsi racontée par elle-même : a Déjà, dit-elle, j'éprouvais les spasmes de la mort, j'avais perdu tout sentiment des choses extérieures, quoique je fusse encore entièrement maîtresse de ma raison. Tout à coup, je vis se dresser devant moi une grande et blanche nuée au milieu de laquelle se trouvait d'un côté mon ange gardien sous la forme d'un jeune homme d'environ dix-huit ans. Son visage était encadré d'une admirable chevelure qui se déroulait sur lui en flots dorés ; il tenait à la main un cierge allumé. De l'autre côté, je vis mou glorieux père saint Joseph; son visage était brillant comme le soleil, sa majesté audessus de tout ce qu'on peut dire. Du reste, il me parut âgé de quarante ou quarante-cinq ans; sa chevelure blonde était magnifique et abondante ; il regarda d'abord avec une douceur et une tendresse infinie quelqu'un de ceux qui étaient près de mon lit, il se tourna ensuite vers moi ; de sa main droite il toucha mon côté malade et y versa une huile ou liqueur dont je suis restée toute trempée, après l'apparition ; au même moment je fus guérie, et je le dis aussitôt à ceux qui m'entouraient. » — Cette bonne religieuse se leva aussitôt, quoique depuis quatorze jours, il eût été impossible de la changer même de son lit où elle était minée par la fièvre et tourmentée par des élancements continus et insupportables : de plus, neuf saignées avaient achevé d'épuiser toutes ses forces.
JANVIER. JT
Tous les témoins du prodige furent saisis de stupeur, ^ la vue d'une guérison aussi soudaine ; mais personne ne fut plus surpris qu'un médecin calviniste qui traitait la malade. Etant survenu presque aussitôt après l'événement, il trouva le lit vide, tous les témoins agenouillés pour rendre grâces à Dieu et à saint Joseph. La miraculée vint souriante et tout habillée à la rencontre du médecin, lui disant qu'elle est complètement guérie. Celui-ci hésite, il refuse d'abord d'en croire ses propres yeux ; mais, cédant à l'évidence, il se retire tout confus, en disant que rien n'est impossible à Dieu. — Pour nous, nous ajouterons : Et à saint Joseph, parce que Dieu l'exauce toujours. (Extrait des Bollandistes.)