Saint Joseph est un bon Pilote
Sierra-Leonc (Afrique occidentale).
Voyageant sur un petit vapeur nommé l'Africain , pour Sierra-Leone , afin de prendre au port de cette colonie un paquebot qui me conduirait au Gabon, nous arrivons, le dimanche 23 décembre, tout près de ce port, lorsque, sur les indications fausses d'un prétendu pilote noir que le capitaine avait à son bord, au lieu d'entrer dans la rivière de Sierra-Leone, nous entrons dans une autre plus au nord, qui avait bien quelque ressemblance avec la première, mais qui, en réalité, était une autre pleine de récifs et de bancs.
Au bout d'une heure de marche environ, notre vapeur touche sur un banc. On s'en dégage pour aller s'enfoncer plus sérieusement dans un autre. Ce no fut qu'après bien des efforts que nous fûmes de nouveau à
flot. Le capitaine ue connaissant plus sa situation, dut faire jeter l'ancre. La nuit arrivait, et, au lieu d'être en repos au port de Sierra-Leone, nous étions au milieu d'un vaste estuaire que nous ne connaissions pas, entourés d'écue ils inconnus ; et ce qui préoccupait encore le plus péniblement le capitaine, c'est qu'il ne savait comment il sortirait de cette mauvaise position, n'y pouvant avoir quelque pilote sur lequel il pût compter.
C'est alors que je m'adressai de tout cœur à saint Joseph, me mettant sous sa grâce, et lui promettant de mentionner dans son Messager la faveur que je lui demandais, à savoir notre délivrance du danger.
On leva l'ancre, on se mit en marche, et pendant une demi-heure, on n'eut juste que la profondeur requise pour passer, mais enfin nous eûmes le bonheur de sortir et de regagner la pleine mer. Que je remerciai, dans ce moment, celui que l'on n'invoque jamais en vain ! En arrivant à Sierra-Leone, je m'empresse d'accomplir ma promesse.
Veuillez prier toujours de plus en plus le bon Père saint Joseph pour nos pauvres missions africaines.
Un missionnaire.