‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 45 sur 315 · Saint Joseph soutient les intérêts des communautés · texte numérisé non relu

Saint Joseph soutient les intérêts des communautés

Amérique du Sud, 18 mars 187G.

Monsieur le Directeur,

Comme promesse oblige, je viens m'acquitter d'une dette et proclamer hautement la protection du glorieux saint Joseph en faveur de notre pauvre maison. Oui, M. le Directeur, notre bienheureux Père nous a protégées d'une manière toute particulière. Voici ce qu'il en est : Depuis longtemps, notre maison menaçait ruine, et nous craignions avec raison de nous voir à tout moment englouties sous ses décombres : nos lionnes maltresses gémissaient sur cet état de choses et suppliaient, mais en vain, les administrateurs d'y pourvoir ; mais ceux-ci répondaient que cela était impossible, vu la modicité de leurs ressources; qu'il n'y avait qu'à

prendre patience, car ils ne prévoyaient pas pouvoir, avant dix ans faire quelque chose pour améliorer notre sort. Après cette décision, voyant que nous n'avions plus rien à espérer des hommes, nous tournâmes nos regards vers Dieu et prîmes pour noire intercesseur le bienheureux saint Joseph ; nous le priâmes de nous aider, de nous assister et de nous donner un asile, vu que nos protecteurs étaient dans l'impossibilité d'y pourvoir. Notre saint Protecteur ne fut point sourd à nos supplications et à nos larmes, car, quinze jours après, le président de la province vint annoncer qu'il donnerait le premier argent pour commencer la bâtisse. Tout se fit après comme par enchantement : les aumônes arrivèrent de tous côtés; enfin, gloire en soit rendue à notre bon Père ! nous sommes aujourd'hui abritées sous le toit hospitalier que nous devons à sa bonté : donc, honneur et gloire à notre saint Protecteur, le Père et l'Ami des malheureux 1 Nous avions encore demandé une grâce à notre bon Père : il nous l'a à peu près accordée; cependant je ne puis encore le certifier, car, après avoir reçu une réponse favorable à notre demande, l'opposition, qui était nombreuse, a réclamé une autre fois ses droits, de manière que la question est de nouveau agitée. A qui restera la victoire? A notre bon Père, sans doute. Lorsque l'affaire sera entièrement décidée en notre faveur, je vous le ferai savoir, car ce sera un nouveau trait de sa bonté, et pour nous un nouveau motif de reconnaissance.

AURÉLIE ANNUNCIADE,

Enfant de Marie.

9 . — Danger de perdre la vue évité, grâce à l'intercession de saint Joseph.

On écrit de l'Aisne :

Je ne puis résister au désir de vous faire connaître une faveur bien signalée que j'ai reçue de saint Joseph.

Au mois de juin dernier, j'ai élé piquée dans le sourcil de l'œil gauche par je ne sais quel insecte. C'était pendant la nuit. Il n'y avait pas d'ampoule, mais un seul petit point noir imperceptible. J'éprouvai un grand mal de tête le lendemain, et quelques jours après, les deux yeux et le front étaient entièrement gonflés ; je ne pouvais plus lever les yeux. Il s'était opéré un si grand désordre dans les rayons visuels, que le même objet se multipliait plusieurs fois, ce qui me faisait hâter de fermer les yeux. J'ai souffert cruellement pendant dixsept jours; ma vue paraissait s'éteindre et j'étais plongé dans une profonde tristesse, quand un numéro de la Gerbe de saint Joseph me tomba sous la main. Je ne pouvais lire, mais au récit qu'on me fit des grâces nombreuses obtenues par l'intercession de ce grand saint dans le sanctuaire qui lui est dédié à Aizanville, je promis dans l'intimité de mon cœur une messe en l'honneur de ce grand Saint, s'il m'obtenait du soulagement. Deux heures après, la douleur cessait de se faire sentir, je voyais mieux ; le lendemain il n'y avait plus d'enduro et mon œil nageait dans le bain d'humidité naturelle à cet organe. Car je dois ajouter que, pendant ces dix-sept jours, les plus violentes douleurs n'amenaient pas même une larme; l'œil semblait, desséché.

46 FKVMER.

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