Un grand serviteur de saint Joseph
Le vénérable P. Louis Lallcmant, connu par plusieurs ouvrages d'un grand mérite, désirant faire des progrès dans la vie intérieure, se mit sous la direction de saint Joseph, dont il s'appliquait à méditer continuellement les vertus et les exemples; il faisait tous les jours quatre exercices de piété en son honneur. Le Seigneur, pour récompenser son zèle à honorer saint Joseph, lui avait accordé une grâce extraordinaire pour inspirer aux autres la plus tendre dévotion au chaste Epoux de Marie, et telle était sa confiance en lui, qu'il n'y avait point de faveur qu'il n'en sût obtenir. Aussi, quand il engageait les fidèles à honorer saint Joseph, il leur conseillait en même temps de lui demander quelque grâce particulière en les assurant qu'infailliblement ils obtiendraient tout de sa bonté. Mu voici un exemple remarquable, Pendant
qu'il était recteur du collège de Bourges, il distingua deux jeunes régents des classes inférieures qui se faisaient remarquer par leur piété. Quelques jours avant la solennité de saint Joseph, les ayant appelés auprès de lui, il leur promit d'obtenir de ce grand Saint pour chacun d'eux la grâce qu'ils désiraient le plus, pourvu qu'ils exhortassent leurs élèves à la plus tendre dévotion envers lui, et à lui rendre quelques hommages particuliers le jour de sa fête. Les deux régents acceptèrent de grand cœur une proposition si avantageuse ; et leurs pieuses exhortations furent si efficaces que, le jour de saint Joseph, les deux classes entières firent la communion en son honneur. Le même jour, les deux Religieux se rendirent chez le P. Recteur, et chacun d'eux lui déclara en secret la grâce qu'il désirait obtenir par l'intercession de saint Joseph. Le premier, c'était le célèbre P. Nouet, demanda la grâce de savoir écrire et parler dignement de Notre-Seigneur. Tous ceux qui ont lu ses beaux ouvrages sur les excellences de Jésus-Christ, si remplis d'onction et d'amour, peuvent dire s'il a reçu la plénitude de la grâce qu'il avait demandée par l'entremise du Père nourricier du Verbe Incarné. Le second fut aussi exaucé, mais il ne crut pas devoir faire connaître la ferveur qu'il avait obtenue. Ces exemples suffisent pour montrer que le P. Lallemant était un des plus chers favoris de saint Joseph, et qu'il disposait à son gré de tous ses trésors. Pour témoigner sa tendre dévotion à son saint Protecteur, il demanda, dans sa dernière maladie, que l'on mit sou image avec lui dans le tombeau, comme s'il eût voulu étendre son amour vers lui après sa mort, ou que cette sainte image dût lui servir comme de passe-port pour la bienheureuse éternité.