‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 70 sur 315 · Douceurs de tout genre accordées le 19 Mars · texte numérisé non relu

Douceurs de tout genre accordées le 19 Mars

Extrait d'une lettre du 24 mai 1865, écrite de Cuença (République de l'Equateur), par une sœur des SS. Cœurs de Jésus et de Marie, ou de Picpus, à sa sœur, religieuse carmélite à Lisieux :

«... Quand j'étais au Chili, une guerre civile éclata au commencement de 4 859 ; les principaux habitants de Copiapo s'étaient révoltés contre le gouvernement, et, dès ce moment, la ville ne pouvait recevoir aucune provision des pays voisins. Les vapeurs et les navires ne touchaient plus au port, les communications par terre étaient aussi fermées. De manière qu'au mois de mars, les provisions de la ville diminuaient à vue d'œil. On commençait à s'alarmer; déjà la mère Virginie, notre supérieure, nous avait dit que nous n'avions plus de sucre, qu'on ne trouvait pas à en acheter et qu'il était de la prudence de laisser notre petit reste pour les malades. Moi, je lui répondis de continuer à faire comme à l'ordinaire, et que saint Joseph, à sa fête, ne manquerait pas de nous pourvoir de sucre. Je me mets donc à prier avec ferveur, et tous les jours de la neuvaine je disais : Saint Joseph, je vous demande du sucre ; il )ne le faut pour le jour de votre fête, et s'il n'arrive pat U 19, je pourrai dire que sainte Thérèse s'est trompée en parlant

de vous. Moi, de mon côté, j'avais grande confiance que le sucre arriverait. Plus la fête approchait, plus je me réjouissais. Voilà enfin le 19 mars arrivé. Dès le grand matin, je regarde du côté de la porte d'entrée, pour voir si saint Joseph m'envoyait le sucre que j'attendais avec impatience; je faisais même bien rire les sœurs avec mon sucre, car je disais toujours : Vous allez bientôt le voir arriver. Sur les onze heures du matin, nous allions dîner, je vois deux hommes grands qui roulent un tonneau dans la cour, je vais leur demander si c'est du sucre qu'ils apportent, ils me répondent : Non, c'est du riz. Moi, je ne réponds rien, pensant que ce serait pour un peu plus tard. Mais le sucre était déjà arrivé pendant que j'étais à ma classe, et les sœurs ne le disaient pas, pour voir ce que je dirais de saint Joseph. Mais, après le dîner, elles ont trahi leur secret à force de rire ; je me suis doutée de la chose, et je vais cherchant dans tous les coins de la maison. Je finis par trouver une grosse caisse contenant vingt grands pains de beau sucre blanc, première qualité. A l'instant même, je fais allumer deux cierges en l'honneur de mon bienfaiteur : je ne me possédais pas de joie. Je ne savais comment témoigner ma reconnaissance à saint Joseph, pour le présent qu'il venait de m'envoyer, se servant, pour ce ministère, d'un homme très-riche de Copiapo. Le soir, nous avons eu salut solennel en l'honneur du saint et en actions de grâces.

» Sœur N***. »

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