‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 76 sur 315 · Actions de grâces à saint Joseph · texte numérisé non relu

Actions de grâces à saint Joseph

Dans le courant de l'hiver 1873, nous nous sommes trouvées inquiétées dans notre position d'institutrices religieuses. Assaillies soudainement, nous n'avions pu nous garer contre des projets dont nous ne soupçonnions pas la malice, et cela de la part de personues haut placées et auxquelles nous avions donné notre confiance. On pourrait dire que les complots tramés contre nous avaient été ourdis avec une malice infernale, et que

nous devions tomber infailliblement dans les pièges qu'on nous tendait; car, pour arriver plus sûrement à leurs fins, ils nous avaient placées dans l'alternative de leur résister ou d'aller contre le gré de l'autorité supérieure et contre l'assentiment de nos supérieurs à nous. Maïs, ô bonté de la Providence ! dans le moment même où l'enfer croyait avoir triomphé, le ciel suscitait des anges qui veillaient sur nous. De notre côté, mon révérend Père, lorsque nous nous sommes aperçues du danger, nous avons mis toute notre confiance en notre puissant Protecteur, lui promettant que, s'il déjouait les projets de nos ennemis, nous ferions insérer le fait dans votre journal.

A partir de ce moment, nous avons prié et nous avons fait prier nos enfants , sans rechercher aucun appui humain. Dans cette airconstance, nous aurions pu être soutenues par des personnes haui placées, mais leur protection nous a été accordée sans avoir fait aucune démarche et par la seule médiation de notre bon Saint, et cela dans le moment où nous nous y attendions le moins. Dans ce cas, l'action de la Providence sur nous a été si visible, que des personnes de la localité qui étaient au courant des affaires, l'ont proclamé hautement. Ceux qui nous soutenaient se sont trouvés compromis ; à la vue des injustices criantes exercées contre nous, ils s'étaient portés à des mesures qui dépassaient les bornes d'une juste modération, ce qui pouvait avoir des suites extrêmement fâcheuses. Voyant le danger où ils se trouvaient, nous nous sommes adressées avec conûance à Notre-Dame de Séez et à saint Joseph, en promettant de faire dire trois messes en leur honneur, et une seconde promesse de le publier hautement. Là encore, comme dans les autres circonstances, nous avons été exaucées.

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car les choses les plus compromettantes sont passées inaperçues.

Tous ces enchaînements de grâces , mon révérend Père, ne sont que des accessoires de celle que nous lui demandons depuis longtemps, et qui doit être le couronnement de toutes les autres. Cette grâce, assurément, contribuera à la plus grande gloire de Dieu et au salut des jeunes enfants confiés à nos soins. Malgré les délais que saint Joseph met à nous exaucer, notre confiance ne diminue pas; elle semble s'accroître chaque jour, car nous ne doutons pas de la bonté de Celui qui a déjà tant fait pour nous ; il ne peut pas être insensible à la conservation de l'innocence de tant déjeunes âmes,

Ces marques de la protection de saint Joseph ne sont pas les seules que nous ayons à publier. Au mois de janvier dernier, nous avons eu dans la paroisse une mission qui a produit un grand bien dans les âmes ; un petit nombre seulement ont résisté à la grâce, et parmi ces pauvres pécheurs, il s'en trouvait un plus obstiné encore que les autres, auprès duquel Monsieur le curé avait fait bien des tentatives inutiles pour le ramener. Quelques jours après la mission, il tomba malade d'une fluxion de poitrine; il était à la dernière extrémité, qu'il blasphémait encore contre la confession et recevait fort mal la visite de Monsieur le curé. M' étant rendue auprès de lui, je l'engagea vivement à penser à son éternité; il me répondit : « C'est inutile de me coufesser ; je ne puis avoir de contrition, car je n'ai qu'un regret : c'est de n'avoir pas fait plus de mal. » Cette réponse me jeta dans la consternation. J'eus recours à •tint Joseph, mon refuge ordinaire. Rentrée chez nous, je fis aussitôt agenouiller nos enfants et prier notre saint Protecteur, promettant de faire insérer cette conversion

SiARf

dans votre journal, s'il voulait bien nous l'obtenir. 0 prodige de la grâce! notre prière n'était pas achevée, que le fils de ce malheureux prodigue arrive en toute hâte me dire que son père demandait à se confesser. Il le fit avec des dispositions non équivoques.

Marie Celestine, Ursuline.

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