Mort précieuse des serviteurs de Joseph
La mort des enfants de Marie, fidèles à honorer saint Joseph, est souverainement calme et suave; la douceur de mourir surpasse tout ce qu'ils ont jamais ressenti de plus doux dans le cours de leur vie spirituelle. Sainte Thérèse rapporte elle-même les circonstances touchantes
qui accompagnaient les derniers instants de ses premières filles, si dévotes à saint Joseph : « J'ai remarqué en elles, au moment de rendre le dernier soupir, une paix et une tranquillité ineffables; on eût dit qu'elles entraient dans un ravissement ou dans le doux repos de l'oraison. Rien n'indiquait au dehors qu'aucune tentation troublât la paix intime dont elles jouissaient. Ces divines lumières ont banni de mon cœur la crainte que j'avais de la mort. Mourir me semble maintenant la chose la plus facile pour une âme fidèle. » — Le docte et pieux Suarez, qui a écrit de si belles pages sur saint Joseph, répétait, à sa dernière heure, avec un sourire ineffable, cette parole étonnante : « Je n'aurais jamais cru qu'il fût si doux de mourir. » — « J'ai beaucoup redouté la mort, dirait sur son lit de douleur monseigneur Douare, évoque missionnaire dans l'Océanic; aujourd'hui, je ne la crains plus ; il y a dix mois que je la considère dans ma méditation, et vingt-cinq ans que je récite journellement une prière à saint Joseph pour m'obtenir la grâce de bien mourir. •