La foi obtient des prodiges
Maison des Sœurs de la Charité, province de Québec (Canada), 7 octobre 1872.
Désirant témoigner à saint Joseph notre reconnaissance pour les faveurs signalées qu'il nous accorde chaque jour, je vous prie de publier le fait suivant :
Appelées à former un établissement de notre ordre dans la petite ville de R..., pour le soulagement des pauvres et des malades, nous habitons depuis un an à peine une petite maison qui nous sert provisoirement de couvent. N'ayant pour toute ressource que notre industrie et les secours que la divine Providence nous met entre les mains, nous avons compris tout d'abord que nous avions besoin d'un puissant protecteur ; nous avons donc eu recours à saint Joseph, et nous l'avons établi économe de notre maison. Depuis cette époque, notre saint Patriarche s'est très-bien acquitté de la charge qui lui a été confiée. Le père nourricier de la Sainte- Famille s'est aussi fait le père nourricier de notre petite famille religieuse. Nos affaires prospèrent, et en maintes circonstances il s'est montré visiblement notre protecteur; grand nombre de malades ont été guéris après avoir pris le cordon de saint Joseph. Mais voici un fait qui montre d'une manière sensible comment ce bon Saint se plaît à venir au secours de ceux qui l'invoquent avec confiance. Un jour que nous avions eu la bénédiction du Saint-Sacrement dans notre chapelle, j'avais
emprunté l'ostensoir de la paroisse; après la cérémonie, je le déposai sur une planche placée sous l'autel, qui nous servait comme d'armoire ; malheureusement la planche se détacha, et l'ostensoir se brisa en tombant. Ses rayons dorés étaient tellement plies qu'il était impossible de les redresser sans les casser. Désolée à la vue d'un pareil accident, j'eus recours à mon grand Consolateur : je pris une statuette de saint Joseph, et je l'attachai sur les rayons brisés; puis je remis l'ostensoir dans une armoire, avec une pleine confiance d'être exaucée. Le lendemain matin, mon premier soin fut d'aller examiner l'ostensoir. 0 surprise ! les rayons étaient parfaitement redressés, il ne restait aucune trace de l'accident arrivé la veille. Amour, honneur, reconnaissance à saint Joseph !
M..., sœur de la Charité.
12. — Guérison frappante- Une religieuse du diocèse de Coutanccs nous a adresse les traits suivants :
Un homme était tombé sous sa voiture; l'une des roue* lui avait passé sur la jambe et l'autre sur la poitrine. Le médecin et le pharmacien qui lurent appelés dirent qu'il avait la jambe cassée ainsi que quatre cotes. Outre cela, il avait trois hémorragies. Sa femme arriva avec une voiture pour le ramener ; mais les médecins et pins de vingt personnes présentes jugèrent que c'était impossible, qu'il allait mourir avant d'arriver. Une forte oppression l'empêchait, de respirer, etc. 11 perdit connaissance : ses traits s'altérèrent; il avait le hoquet, et son visage se contractait comme celui d'une personne
qui agonise. Il rendit du sang par le nez ; alors les médecins perdirent tout espoir, jugeant qu'il avait un vaisseau brisé.
Plusieurs personnes pieuses recommandèrent avec ferveur le salut de cette âme au bon saint Joseph et lui demandèrent seulement pour elle le temps de se confesser. Elles firent prier aussi, à cette même intention, de jeunes enfants, qui, très-touchés du malheur du pauvre blessé, gardèrent fidèlement le silence pendant leur travail, qu'elles offrirent également pour son salut.
Le bon saint Joseph ne fit pas attendre longtemps la grâce sollicitée. Le malade se trouva mieux, la connaissance lui revint.
Encouragé par ce premier succès, on demanda à saint Joseph de lui obtenir une complète guérison, lui promettant de la publier. Le soir, le blessé fut encore oppressé et assez malade ; les prières et les supplications continuèrent, et le lendemain matin le médecin, qui la veille donnait d'abord à son malade à peine un quart d'heure de vie, déclarait, en présence de plusieurs personnes, qu'il était très-bien, qu'il s'était opéré à son sujet un vrai miracle, et qu'il permettait même de lui faire prendre quelque chose. Le mieux continua ; le malade est guéri. Grâces en soient rendues au bon saint Joseph 1