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apparence crénelée ; ces dépressions intersegmentaires s’atténuent graduellement d'avant en arrière.
Les tores uncinigères, de même que
les faisceaux de soies, ne forment dans
Fig. 46 et 47. les premiers segments abdominaux qu'une saillie imperceptible, mais qui s’accentue d'avant en arrière.
Le premier tore abdominal est plus éloigné du dernier tore thoracique que celui-ci ne l’est du premier de la même région du corps. A chaque faisceau ventral, il n'existe qu’un petit nombre de soies, cinq ou six dans les segments de la région moyenne. Ces soies, élargies au sommet, ont leur bord libre denté; l’une des dents latérales est un peu plus effilée que les autres (fig. 47, p. 66).
Aux tores uncinigères, les plaques onciales sont de même type qu’au thorax, mais de taille un peu plus réduite.
Le corps se termine par deux petits lobes, entre lesquels s'ouvre l'anus (PI. V, fig. 51).
Par son asymétrie, par son petit nombre de segments thoraciques, par son opercule, et, à un moindre degré, par la forme des plaques onciales, le Serpulien décrit ci-dessus se rapproche fort des Spirorbes ; ce serait un Spirorbe hélicoïde à soies dorsales thoraciques toutes limbées ; le
ANNÉLIDES POLYCHÈTES. 67 Spirorbis Perrieri Caullery et Mesnil ne possède également que des soies limbées au thorax.
A certains points de vue, le Serpulien antarctique rappelle aussi le genre Josephella Caullery et Mesnil (1), qui habite de petits tubes cylindriques ne formant pas d’agrégats comme les Salmacines et n’a que cinq sétigères thoraciques, avec un opercule rappelant celui des Serpula; le genre RAodopsis décrit récemment par Miss K.-J. Bush (2) ne diffère guère de Josephella que par la forme de l’opercule.
D'autre part, les plaques onciales, les soies thoraciques toutes limbées, les soies abdominales élargies au sommet avec une pointe étirée ne sont pas absolument sans analogie avec les soies correspondantes de certaines espèces du genre Pomaloceros Phil. Mais, à la différence des Pomatoceros, les dents des plaques onciales sont ici fort nombreuses et très fines; l’opercule est dépourvu d'épines; les soies de l’abdomen ont leur pointe latérale beaucoup plus courte, ce qui rappelle les soies du genre Serpula Phil. s. st. et mieux encore peut-être celles de certains Spirorbes, comme le Spirorbis mediterraneus C. et M. (3).
En somme, le Serpulien antarctique se distingue des Spirorbes dont il s'éloigne le moins par plusieurs caractères :
1° Par la forme de son tube. Chez les Spirorbes, le tube s’enroule en spire nautiloïde le plus fréquemment; parfois, comme chez le Spirorbis Pagenstecheri de Quatrefages, il prend la forme d’une spirale ascendante, qui reste d’ailleurs attachée à un support solide et qui ne rappelle en rien le tube, en hélice à spire très allongée, du Serpulien décrit ici.
2° Par sa taille exceptionnelle, très supérieure à celle des plus grands Spirorbes.
D'autre part, on ne compte qu'un fort petit nombre de Serpuliens ayant leur tube libre [Protula (Protis) arctica Hansen (4), Hydroides norvegica Gunn., Ditrupa arietina O.-F. Müller, etc.]. Le tube des
(4) M. Cauzcerx et Mesur, Note sur deux Serpuliens nouveaux : Oriopsis Metschnikowi n. £., n.sp., el Josephella Marenzelleri, n. g., n. sp. (Zoo!. Anzeiger, XIX Bd., 1896, p. 482-486).
(2) K.-J. Busu, Tubicolous Annelids of the tribes Sabellides and Serpulides from the Pacific Ocean (Harrison Alaska Expedition, New-York, 1904, p. 289).
(3) M: Gauzery et F. Mesxie, loc. cit., p. 212, PI. IX, fig. 19c.
(4) A. Hansen, Norske Nordhavs Expedition. Zoologi : Annelida, Christiana, 1882, p. 48.
Ditrupa, ouvert aux deux bouts, courbé en arc, long de 20 à 35 millimètres, est peut-être celui qui s'éloigne le moins de celui du Serpulien antarctique. À un certain point de vue, celui-ci forme la transition entre les Ditrupa et les Spirorbis. Mais, chez les premiers, le thorax a sept sétigères et n'offre aucune trace d’asymétrie; ce sont, on peut le dire, des Serpuliens normaux.
3° Par le nombre considérable de ses segments abdominaux, qui dépasse très rarement 30 chez les Spirorbes les mieux partagés à ce point de vue (Spérorbis borealis Daudin, Spirorbis cancellatus Fabr., etc).
Nous proposons de donner à ce genre nouveau le nom d’Æelicosiphon (1), qui sera ainsi caractérisé :
Serpulidés habitant des tubes isolés légèrement tordus en hélice. Branchies peu nombreuses. Rayon operculigère dépourvu de barbules, élargi au sommet, qui est recouvert par un disque corné, circulaire : membrane thoracique peu développée. Corps asymétrique; trois sétigères thoraciques. Plaques onciales avec crétes nombreuses et très fines et une grosse dent obtuse et pleine du côté tourné vers la partie antérieure de l'animal. Soies uniquement limbées au thorax. Soies abdominales élargies au sommet, à bord libre rectiliqne et denté.
L'espèce type de ce genre nouveau sera l’Æelicosiphon biscoeensis nov.sp.
(1) De EME, 05, spirale; sigwv, "wvos, tube.
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