‹ Annélides polychètes (volume 2)Chapitre 4 sur 15 · LL · texte numérisé non relu

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aciculaires ventrales aux quatre premiers seg-

ments antérieurs, le Maldanien décrit ci-dessus

se range dans l’un des quatre genres suivants, que ave l’on distingue par la forme du pygidium, qui fait ja malheureusement défaut ici : Micomache Malmgren, Leiochone Grube, Petaloproctus de Quatrefages et Lumbriclymene Sars.

Les Leriochone ont des soies dorsales pennées ; les Vicomache des soies à petites écailles alternantes ou opposées ; les Zumbrichymene n'ont que des soies limbées. Il ne reste que le genre Pefaloproctus, chez lequel il existe des soies avec de petites écailles semblables à celles qui sont mentionnées plus haut ; de sorte que le Maldanien antarctique appar-

tient très probablement à ce dernier genre. Cette espèce diffère nette-

ment du Petaloproctus terricola de Quatrefages (1) par la forme du prostomium et par celle des crochets ventraux.

FAMILLE DES AMPHARÉETIENS Malmgren.

Les Ampharétiens sont, comme l’a justement fait observer Ehlers, des Polychètes des régions boréales et des profondeurs. Levinsen (2) en mentionne dix-sept espèces dans les mers du nord de l’Europe ; parmi les quinze espèces capturées par le «Challenger » (3), cinq proviennent de profondeurs comprises entre 135 et 850 mètres, et les dix autres ont été prises entre 2000 et 5000 mètres environ. Dans la région de la Terre de Feu, on ne connaît qu’un seul type, l’Ampharete patagonica Kinberg, celui qui, précisément, a été dragué à 110 mètres profondeur dans la baie Biscoe, par l’Expédition antarctique française. Ehlers a signalé le contraste frappant entre la pauvreté en Ampharétiens des mers australes et la richesse à ce point de vue des contrées boréales.

Genre AMPHARETE Malmgren.

Ampharete patagonica Kinberg.

J.-G.-H. Kinberg, Annulata nova. (Ofv. af Kongl. Vetensk.- Akad. Fôrhandl., 1866, p. 343).

E. Ehlers, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1897, p. 129. — Magellanische Anneliden (Nachr. der K. Gesellsch. der Wissensch., Gôttingen, math.-phys. Klasse, 1900, p. 220). — Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, Berlin, 1901, p. 206).

Je rapporte avec quelque doute à l'espèce décrite très sommairement par Kinberg un Ampharele dragué à 110 mètres de profondeur dans la baie Biscoe. L'exemplaire unique, entier, en assez bon état, est dépourvu de branchies, qui, comme on le sait, sont caduques chez les Ampharé-

(1) A. DE QuarTRErAGEs, Histoire naturelle des Annelés, t. Il, p. 247.

(2) G.-M.-R.LEvINSEN, Systematik geographiske Oversigt (Meddel. natur. Fôr., Kj‘benhavn, 1883, p. 304).

(3) W.-C. Mac Ixrosn, The Voyage of « H. M. S. Challenger », Report on the Polychæta, 1885, p- 304.

ANNÉLIDES POLYCHÈTES. 41 tiens. Par ses tentacules pennés, par la forme de ses plaques onciales subquadrangulaires, par l'absence de cirre au mamelon pédieux, il se range sûrement dans le genre Ampharete. La détermination spécifique est plus embarrassante, à cause de la diagnose, très courte, sans figure et tout à fait insuffisante de Kinberg.

Cette espèce paraît être localisée, du moins d’après l’état de nos connaissances actuelles, dans la pointe extrême de l’Amérique du Sud et la région antarctique. Elle a déjà été signalée, en effet, au cap Virginie (Kinberg), à Puerto Bridges, Terre de Feu du Sud (Michaelsen), à Puerto Eugenia, à Ultima Esperanza et à Tribune Bank (Nordenskjôld), à des profondeurs inférieures à 60 mètres.

FAMILLE DES Z'ÉRÉBELLIENS Grube (Malmgren rev.).

Les Térébelliens de l’Expédition antarctique française comprennent six espèces correspondant à autant de genres différents. Deux d’entre elles, la Pista cristata O.-F. Müller et le Thelepus spectabilis Verrill, ont été trouvées antérieurement dans le sud de l'Amérique; la première est presque cosmopolite, puisqu'elle existe dans les mers du nord de l'Europe et de l'Amérique ; la seconde est très répandue sur les côtes de l'Amérique du Sud et paraît être le Térébellien le plus commun sur le littoral de la Terre de Feu. Des quatre autres espèces qui sont nouvelles, trois appartiennent aux genres T'erebella, Leæna, Polycirrus représentés par d’autres formes dans la région magellanique. La quatrième se rapporte au genre Lysilla, peu riche en espèces et qui, jusqu'ici, semblait confiné dans l'hémisphère nord.

Genre J'EREBE LLA L., de Saint-Joseph char. emend. Terebella Ehlersi n. sp.

(PL. V, fig. 45-46.) Un exemplaire de cette espèce a été trouvé sous les galets, à marée basse, à l'ile Booth Wandel ; un dragage à 40 mètres de profondeur au large de celle-ci a fourni un second exemplaire ; un troi-

sième individu a été recueilli près de l’île Wincke, à 30 mètres de profondeur.

Le premier est un beau spécimen entier de 10 centimètres de longueur, de 8 millimètres de largeur, dans la partie antérieure, la plus développée. Le nombre des segments est d'environ quatre-vingt-dix; les derniers, presque indistincts, sont difficiles à compter. La largeur décroît graduellement d'avant en arrière. La couleur de l'animal conservé est d’un jaune brun clair uniforme.

Le corps est aplati sur la face ventrale et fortement bombé sur la face dorsale. La partie antérieure est entourée d’une épaisse collerette s’élargissant à partir de sa base jusqu’à son bord libre, qui est ondulé; celle-ci, recouverte entièrement par de longs tentacules canaliculés et fort nombreux, est ouverte largement sur la face ventrale. En avant de la bouche est une sorte de bourrelet formant comme une lèvre inférieure ou ventrale. Il n’y a pas trace de taches oculaires. Sur la face ventrale, on compte quatorze boucliers, dont la largeur diminue assez régulièrement à partir du cinquième.

Le second segment porte la première paire de branchies arborescentes ; le segment suivant est pourvu d’une seconde paire d'organes de même forme insérés un peu plus dorsalement; de chaque côté, entre la première et la seconde branchie, on voit une papille très saillante. Ces deux premiers segments sont achètes. Le quatrième segment possède de chaque côté une branchie, celle de la troisième paire et le premier faisceau de soies. La troisième branchie est située un peu plus dorsalement que la seconde. Chacun de ces organes possède un gros trone basilaire court, qui se ramifie abondamment ; les deux paires postérieures sont plus développées que la première.

Le premier faisceau de soies est un plus réduit que les suivants; au second séligère, apparaît le premier tore ventral, un peu plus court que ceux qui viennent immédiatement en arrière. Je compte cinquante-quatre sétigères ; mais ily en a probablement davantage, car, en avant du cinquante-quatrième faisceau, on voit plusieurs segments dont les soies se sont sans doute brisées et ne laissent plus de trace apparente. Entre le faisceau dorsal et le tore du neuvième torigère, on voit une petite papille.

Le faisceau dorsal, porté par une saillie assez forte du tégument,

présente un faisceau de soies disposées en éventail, toutes du même

type. Ce sont des soies grêles, ni limbées, ni ailées, plus ou moins

coudées à l'extrémité; celle-ci, très mince, toujours tordue dans sa partie terminale, montre sur son bord convexe une pectination très marquée, due peut-être à un plissement marginal. Ce qui varie seulement, c’est la valeur de l’angle formé par la partie basilaire de la soie et le limbe pectiné, dont la pointe est d’une ténuité extrème (fig. 30 et 31, p. 49).

Auxtores des premiers segments, il n°y a qu'une seule rangée de soies rélrogressives ; aux segments suivants, il existe une double rangée de soies opposées ; dans la partie postérieure, il n’y en a, à nouveau, qu'une seule rangée. Les plaques onciales, vues de profil (PI. V, fig. 45) montrent au-dessus de la grande dent principale quatre autres dents de taille décroissant vers le vertex, nettement détachées les unes des autres. Un peu au-dessus du niveau de la pointe de la grande dent principale, est une éminence correspondant au Schützpolster de von Marenzeller. La partie inférieure s'élargit assez fortement ; au-dessus de la région élargie est une saillie correspondant à l'insertion de l’une des soies-tendons ; l’autre soie-tendon se fixe à l'extrémité opposée à celle qui est dentée. Vues de face (PI. V, fig. 46), ces

ÿ | / ÿ | ; | ë | | \ | | \\ \ \ \\ \ 30 al

Fig. 30 et 31.

plaques onciales présentent, au-dessus de la dent principale, une rangée

de trois dents dont la médiane est un peu plus forte et un peu plus sail-

lante que les deux autres; puis une rangée de quatre dents, dont les

deux médianes sont un peu en saillie sur les latérales ; puis enfin, au

sommet, toute une série de dents plus petites, disposées moins régulièrement que les précédentes et difficiles à compter.

Expédition Charcot. — Gravier. — Annélides Polychétes.

Ehlers (1) a décrit, sous le nom de ZLeprea streptochæta, une espèce qui diffère de la précédente par la forme des soies, tant dorsales que ventrales, et par le nombre des sétigères, réduit ici à dix-sept.

La Leprea plerochæta Schmarda (2), décrite par Mac Intosh sous le nom de Schmardanella pterochæta (3), a des uncini ressemblant à celles de l'espèce antarctique ; mais les soies dorsales limbées de chaque côté au-dessous de la partie terminale coudée sont bien différentes de celles qui ont été signalées plus haut. Quant au nombre des faisceaux dorsaux, j'ai indiqué ailleurs (4) qu'il était sujet à des variations assez importantes.

Genre LEÆNA Malmgren, de Saint-Joseph char. emend.

Leæna Wandelensis n. sp.

(PL V, fig. 47-48.)

Un exemplaire de cette espèce a été ramené à la surface par la drague, de 48 mètres de profondeur, au Port Charcot; un second exemplaire, plus petit, provient de l'ile Booth Wandel. Chacun d'eux était logé dans un tube cylindrique, à paroi unie, formée de grains de sable excessivement fins, mêlés d’un peu de vase ; le tout est agglutiné par le mucus sécrété par l'animal.

La longueur du premier de ces deux spécimens, le plus grand, enroulé sur lui-même, est de 50 millimètres environ; la largeur, dans la partie antérieure du corps, où elle est maxima, est de 3°",2; elle diminue graduellement d'avant en arrière. Le nombre des segments est d’une soixantaine ; les derniers, achètes, très serrés, sont difficiles à compter. La couleur de l'animal conservé est d’un brun clair uniforme.

La collerette est largement ouverte sur la face ventrale (PI. V, fig. 47); les tentacules, disposés sur une seule rangée, sont peu nombreux, de

(1) E. Encens, Polychæten der hamburger magalhaensischen Sammelreise, 1901, p. 130, Taf. VII, fig. 203-205.

(2) L.-K. Scumarna, Neue wirbellose Thiere, Ile Haälfte, 1861, p. #3.

(3) W.-C. Mac Ixrosn, The Voyage of « H. M. S. Challenger », Report on the Polychæla, 1855, p. #49, PL. LIL, fig. 1; PI. XX VIN, fig. 25-26.

(4) Cu. Gravier, Contribution à l'étude des Annélides Polychètes de la mer Rouge, 3° partie (Nouv. Archives du Mus. d'Hist. Nat., 4° série, t. VII, 1906, p. 216, fig. 226-227, PI. IV, fig. 386-387, dans le texte).

ANNÉLIDES POLYCHÈTES. ol longueur médiocre et canaliculés. Le premier segment forme une lèvre saillante ventrale avec une échancrure bien marquée sur son bord libre ; en arrière de la bouche, un bourrelet bien développé forme une sorte de lèvre dorsale. Il n'y a ni taches oculaires ni branchies.

Le second et le troisième segment sont achètes; de chaque côté, chacun d'eux est pourvu d’un limbe libre sur son bord antérieur, plus développé et s’avançant davantage vers la ligne médiane ventrale sur le second segment que sur le troisième.

Le premier des quinze mamelons sétigères dorsaux est porté par le quatrième segment et de dimensions moindres que ceux des segments suivants.

Ceux-ci sont munis de chaque côté d’une languette portant un faisceau de soies disposées assez régulièrement sur deux rangées inégalement saillantes. Toutes sont plus ou moins fortement recourbées à leur extrémité libre, étirée en

pointe fine ; les plus longues sont limbées également de chaque côté (fig. 32, p. 51); les moins saillantes sont, en

général, plus fortement recourbées, avec

Fig. 32 à 34.

un limbe beaucoup plus large sur

l’un des bords que sur l’autre (fig. 33, p. o1). Les tores uncinigères commencent au cinquième segment ou au second sétigère et se continuent jusqu’à l'extrémité postérieure. Chacun d’eux est constitué par des plaques onciales montrant, de profil, cinq dents superposées (fig. 34, p. 51); mais, à partir de la dent inférieure, les autres sont multiples; celles qui sont au sommet comptent un grand nombre de dents très fines disposées transversalement. Les quatre premiers tores ne possèdent qu'une seule rangée de plaques onciales rétrogressives ; aux tores cinquième et sixième, les plaques sont engrenantes; à partir

du septième, il y a deux rangées nettement distinctes : les antérieures, progressives ; les postérieures, régressives, Au delà du deuxième tore uncinigère abdominal, il n’y a plus qu’une seule rangée de plaques. Les tores uncinigères ne forment aucun bourrelet à la surface du corps, sauf à la partie postérieure, où ils constituent des languettes saillantes ; les derniers segments entourent l’orifice anal situé à l'extrémité du corps et un peu dorsalement.

C’est de l’espèce type du genre Leæna abranchiata Malmgren (1) que l'espèce antarctique se rapproche le plus par ses membranes alaires du second et du troisième segment, par ses languettes uncinigères de la partie postérieure du corps et par le nombre des segments. Elle en diffère un peu par la forme des plaques onciales et surtout par le nombre des segments sétigères (réduit à dix dans l'espèce décrite par Malmgren), qui la placerait dans le genre Zanassa Malmgren.

Elle se distingue nettement par la forme des crochets de la Leæna antarctica Mac Intosh (2) draguée à plus de 3500 mètres de profondeur par le « Challenger », en pleine mer, tout au sud de l'Océan Indien, par 62° 26 de latitude sud; en outre, cette espèce, à dix segments sétisères, probablement, présente à la partie postérieure une coupe terminale toute spéciale. Par les plaques onciales, l'espèce antarctique (Leæna Wandelensis nov. sp.) se sépare de la Leæna abyssorum Mac Intosh (3) (dont le baron de Saint-Joseph a fait le genre Bathya) et de la Leæna neozelandiæ Mac Intosh (4). Elle se rapproche davantage à ce point de vue de la ZLeæna Langerhansi Mac Intosh (5), très incomplètement connue, Mac Intosh n'ayant eu entre les mains qu'un fragment de 9 millimètres de longueur.

(4) A.-J. Macmerex, Nordiska Hafs-Annulater (Ofv. af Kongl. Vetensk. — Akad. Fürhandl., 1865, p. 385; Tab. XXIV, fig. 64).

(2) W.-C. Mac Ixrosu, The Voyage of « H. M.S. Challenger », Report on the Annelida Polychæta, 1885, p. 462, PL. XLVID, fig. 9-10; PI. XXVII, fig. 10-11.

(3) L., p. 461, PL. XXVIILA, fig. 8-9.

(4) Id., p. 460, PL. LI, fig. 3; PL. XXVIIL, fig. 2-3. (5) 1d., p. 464, PL XXVIIL, fig. 12.

Genre PISTA Malmgren, von Marenzeller char. emend. Pista cristata O.-F. Müller.

O.-F. Müller, Zoo!. Dan. Prodr., 1776, p. 216 ; Zoo!. Dan. fase. IT, p. 40, Tab. LXX.

A.-J. Malmgren, Vordiska Hafs-Annulater. (Ofv. af Kongl. Vetensk. — Akad. Fürhandl., 1865, p. 382, Tab. XXII, fig. 59).

E. Ehlers, Magellanische Anneliden (Nacbr. der K.Gesellsch. der K. Wiss., Gôttingen, math.-phys. Klasse, 1900, p. 221).

— Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, 1901, p. 213).

Ce Térébellien est certainement l’une des formes représentées par le plus grand nombre d'individus dans la collection d’Annélides Polychètes rapportée par l'Expédition antarctique française. Une trentaine d’individus de différentes tailles ont été recueillis, les uns, à mer basse, dans la baie des Flandres ; les autres, dans les matériaux de dragage pratiqués à des profondeurs variant de 25 à 40 mètres dans la baie Biscoe ou dans le Port Charcot. Les plus grands d’entre eux ont un peu plus de 90 millimètres de longueur, 7 de largeur avec 80 segments environ. Ce sont là des dimensions supérieures à celles qu’a indiquées Malmgren: 55 à 60 millimètres de longueur, 3°°,5 à 5 millimètres de largeur. Tous ces exemplaires ont 17 sétigères thoraciques, deux paires de branchies avec les limbes latéraux bien développés au troisième segment, qui est le second branchifère; les soies capillaires et les plaques onciales présentent nettement les caractères figurés par Malmgren. La paroi du tube est presque unie et formée de petits grains de sable agglutinés.

Cette espèce est répandue dans les mers du nord de l’Europe et de

l'Amérique, sur les côtes anglaises et dans la Méditerranée.

Genre 7 HELEPUS Leuckart (Malmgren, Grube, de Saint-Joseph rev.). Thelepus spectabilis Verrill.

A.-E. Verrill, Natural history of Kerquelen Island Annelids and Echinoderms (Bull. U. S. Nat. Museum, n° 3, Il, 1876).

Ehlers (1) a donné la synonymie et la bibliographie relatives à cette

(4) E. Eurers, Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, Berlin, 1904, p. 210).

espèce, qui a été trouvée en de très nombreux points des côtes orientales et occidentales de l'Amérique du Sud et qui paraît être le Térébellien le plus répandu sur le littoral de la Terre de Feu ; on l’a recueilli cependant jusqu'à près de 220 mètres (120 fathoms) de profondeur. C’est de dragages faits à des profondeurs comprises entre 20 et 40 mètres que proviennent les sept exemplaires apportés par le D'Turquet; quatre d’entre eux ont été trouvés dans le Port Charcot; les trois autres, près de Pile Booth Wandel.

Un bel exemplaire, sans tube, du Port Charcot, ne mesure pas moins de 15 centimètres de longueur; la plus grande largeur, dans la partie antérieure du corps, est de 10 millimètres; le nombre de segments, d’une centaine. Les vingt derniers environ ne portent pas de faisceaux de soies capillaires, dont quelques-uns ont pu être brisés. Les plaques onciales ont très exactement la forme indiquée par Mac Intosh pour sa Neottis antarctica.

Le tube est construit avec des grains de sable grossier ; une quantité de corps étrangers sont fixés sur sa paroi, notamment des valves de Lamellibranches, des Ascidies simples, des colonies d’Ascidies composées, etc.

Genre POLYCIRRUS Grube, de Saint-Joseph, Char. emend.

Polycirrus insignis n. sp.

Un seul exemplaire de ce Polycirrus provient d’un dragage à 40 mètres de profondeur dans le Port Charcot. La longueur est de 25 millimètres ; la plus grande largeur, dans la partie antérieure du corps, de 3 millimètres. La couleur de l’animal conservé est d’un brun clair uniforme. Le corps, rempli d'œufs dont le développement parait avancé, se rétrécit fortement et assez brusquement à partir du segment porteur de la quatrième paire de tores uncinigères. La séparation des segments est beaucoup plus marquée dans la partie effilée que dans les premiers segments abdominaux et les derniers segments thoraciques. Un certain nombre d’entre eux sont même subdivisés par une dépression aussi

profonde que les sillons intersegmentaires. L’anus est terminal.

ro

ANNÉLIDES POLYCGHÈTES. 55 Une haute collerette à bord libre ondulé entoure la partie antérieure du corps et est ouverte sur la face ventrale. Vis-à-vis cette ouverture, le premier segment forme une saillie à surface plissée, de même largeur qu’elle, dessinant ainsi une sorte de lèvre inférieure ou ventrale. En arrière, sur la face dorsale, l’orifice buccal est limité par un bourrelet demi-circulaire. On n’observe n1 taches oculaires ni branchies.

Au quatrième segment, apparaît la première des onze paires de faisceaux sétigères. Il n'existe aucun tore unci-

nigère thoracique. Les soies sont portées par de petites languettes comprimées, plus étroites à leur insertion que sur leur bord libre, qui se rapprochent un peu de la face ventrale d'avant en arrière. Ces soies capillaires (fig. 35, p. »o) grêles, plus ou moins fortement coudées dans leur partie terminale, un peu élargies au niveau du coude,

ne sont pas limbées, mais leur bord convexe terminal présente de fines striations obliques.

Au premier sétigère, correspond un plastron ventral

légèrement déprimé dans la région médiane; aux cinq segments suivants, il existe de chaque côté un plastron nettement distinct du précédent et du suivant; les deux plastrons d’un même segment sont d’ailleurs largement séparés l’un de l’autre. Ces saillies se réduisent beaucoup 35 au septième sétigère ; au huitième, elles sont à peine CE discernables ; il n’en reste plus trace aux trois derniers sétigères. Aux quatrième, cinquième et sixième sétigères, on voit, à la base du faisceau, ventralement et de chaque côté, un orifice au centre d’un petit bourrelet circulaire.

Les segments abdominaux, au nombre de 28, portent de chaque côté une pinnule dont la saillie va en s’accentuant d'avant en arrière du premier au douzième segment abdominal, puis se réduit dans la seconde région de l’abdomen pour disparaître presque complètement dans les derniers segments. Ces pinnules présentent sur leur bord libre des plaques onciales de forme assez spéciale, bien qu'ayant le facies général

de celles qui caractérisent la tribu des Polycirridea de Malmgren. Les trois dents sont très divergentes ; l’inférieure et la plus grande est très robuste et a ses deux bords convexes (fig. 36, p. 56). La partie basilaire est assez longue et arquée. Sur le bord interne concave, il y à une saillie bien nette; sur le bord convexe, une autre éminence plus forte sur laquelle s'attache une

soie-tendon; l’autre soie-tendon se fixe à l'extrémité

profonde. Des stries fortement accusées, normales au bord externe, s’observent tout le long de ce dernier. Ce Polycirrus appartient au groupe des espèces du

genre qui ne possèdent pas de plaques onciales au

thorax, ce sont: Polycirrus medusa Grube, Polycirrus boholensis Grube (1), P. albicans Malmgren (2), P. Smith Malmgren (3), P. (Aphlebina) hæmatodes Claparède (4). Il se distingue nettement de toutes ces espèces par la forme de ses plaques onciales.

Genre ZLYS/LLA Malmgren.

Lysilla Mac Intoshi nov. sp.

Les dragages dans le Port Charcot ont ramené de profondeurs comprises entre 25 et 40 mètres trois exemplaires de cette espèce nouvelle. Celui qui est conservé dans le meilleur état a 14 millimètres de longueur ; la partie antérieure du corps, fortement renflée, a 3 millimètres de largeur. La couleur de l'animal, qui est resté dans l'alcool depuis sa capture, est d’un brun jaune, dont la teinte s’assombrit un peu dans la partie postérieure du corps.

Comme chez la plupart des Polycirriens, les tentacules sont de deux sortes : les uns, filiformes, conservant à peu près le même calibre dans

toute leur étendue ou se dilatant un peu au voisinage de leur extrémité

(4) En. Gnuse, Annulata semperiana (Mém. de l'Acad. impér. des Sc. de Saint-Pétersbourg, XXV, n° 8, 1878, p. 242, Taf. XIII, fig. 7).

(2) A.-J. Marmerex, Nordiska Ilafs-Annulater (Ofv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fürhandl., 1865, p- 390, Tab. XXII, fig. 61).

3) Id., p. 391, Tab. XXII, fig. 63.

(4) Evo. Craparëne, Glanures zootomiques parmi les Annélides de Port-Vendres (Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. nat. de Genève, t. XVII, 1864, p. 485).

libre; les autres, beaucoup plus larges et canaliculés. Ces appendices très développés forment une touffe relativement volumineuse à la partie antérieure de l’animal.

La collerette, très haute sur la face dorsale, est ouverte sur la face ventrale. Une languette libre de toute adhérence, sauf sur son bord antérieur, par lequel elle s’insère au niveau de cette À ouverture de la collerette, forme une sorte de lèvre inférieure | ou ventrale ; de forme presque quadrangulaire, elle est un peu | arrondie aux angles. Il n’y a ni branchies ni taches oculaires.

La partie antérieure du corps est dilatée par rapport à la région postérieure. Les sillons intersegmentaires sont à peine discernables. La surface est couverte de verrues grossièrement disposées en séries transversales.

De chaque côté, les six faisceaux de soies sont insérés sur autant de minuscules pharètres. Les soies, au nombre d’une vingtaine à chaque faisceau, sont excessivement fines, droites ou légèrement arquées dans la partie terminale, étirée en une longue pointe très grêle. Au-dessous de cette pointe, il existe un petit élargissement en spatule (fig. 37, page 57). Les trois premiers faisceaux sont beaucoup plus rapprochés l’un de l'autre que les trois derniers.

À la base des troisième, quatrième et cinquième faisceaux | sétigères, on observe un orifice au centre d'un bourrelet | | |

es] annulaire. Ces orifices manquent aux deux autres exemplaires 5

de la même espèce; l’un d’eux ne compte que cinq paires de | faisceaux sétigères au lieu de six. 31

a a to Fig. 37. Le corps se rétrécit brusquement et fortement en arrièrede

la sixième paire de faisceaux sétigères, là où commence l'abdomen, qui s’effile un peu et graduellement jusqu'à l'extrémité postérieure.

L'abdomen ne porte de soies d'aucune sorte. On n’y reconnait que cinq sillons bien nets, ce qui correspond à six segments abdominaux subdivisés par de nombreuses dépressions superficielles parallèles et régulièrement espacées : celte apparence est due à de petites verrues alignées

en rangées transversales à peu près équidistantes. L'anus est terminal. Expédition Charcot. — Gnavier. — Annélides Polychètes. 8

Cette espèce antarctique ressemble beaucoup au type du genre, Lysilla Loveni Malmgren (1), pour la partie antérieure du corps, la collerette, la languette ventrale, les tentacules et les six segments thoraciques. Mais l'abdomen est ici beaucoup moins développé que dans la forme arctique, puisque chez celle-ci cette partie du corps est au moins trois fois aussi longue que le thorax ; les deux régions du corps ont sensiblement la même longueur dans le Térébellien de Port Charcot. Malmgren ne donne aucun détail sur les soies.

Par la forme très spéciale de ses soies thoraciques, cette nouvelle espèce de ZLysilla, L. Mac Intoshi, que je suis heureux de dédier au savant professeur de l’Université de Saint-Andrews, se distingue nettement de la ZLysilla nivea Langerhans (2); elle se sépare aussi de la Lysilla alba Webster (3).

FAMILLE DES S£ZARPULIENS Burmeister (Grube char. emend.).

Parmi les Serpuliens recueillis dans la mer Antarctique par le D° Turquet, figurent un Sabellide nouveau du genre Potamilla, qui, jusqu'ici, n’était pas représenté sur les côtes de l'Amérique du Sud, et trois Serpulides. Deux de ceux-ci sont déjà connus : la Serpula vermicularis L. est une forme cosmopolite, car elle vit non seulement à l’extrémité sud de l’Amérique, mais encore aux Kerguelen, aux îles Marion, dans les mers du nord de l'Europe, la Manche, l'Atlantique et la Méditerranée; le Spirorhis Perrieri Caullery et Mesnil à été trouvé par l’Expédition française du cap Horn sur les côtes de Patagonie, et par celle de Nordenskjéüld en divers points de la même région. Quant à la quatrième, elle appartient à un genre nouveau, à affinités multiples, à tube libre, en hélice à spire allongée, et dont l'asymétrie et la réduction du nombre des segments thoraciques rappellent fort les Spirorbes.

(4) A.-J. Macmorex, Nordiska Hafs-Annulater (Ofv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fürhandl., 1865, p- 363, Tab. XXV, fig. 71).

(2) P. Lancenuaxs, Die Wurmfauna von Madeira, IV (Zeitsch. für wissensch. Zool., t. XL, 1884, p. 264, Taf. XVI, fig. 25).

(3) H.-E. Wessrer, Annelida Chætopoda of the Virginian Coast (Trans. Albany Institute, vol. XI, 1879, p. 63).

Genre POTAMILLA Malmgren.

Potamilla antarctica n. sp.

La plupart des exemplaires de cette espèce proviennent de l'île Booth Wandel; un seul a été recueilli dans la baie Biscoe ; les récipients dans lesquels on les a rapportés ne contenaient aucune indication relative à la profondeur où ces animaux vivaient. Leur tube translucide, de consistance cornée, montre çà et là quelques grains de sable fin.

L’exemplaire étudié, de l'ile Booth Wandel, mesure 66 millimètres de longueur totale, dont 12 pour le panache branchial; la largeur, à peu près uniforme d’un bout du corps à l’autre, est de 2 millimètres, de sorte que la forme générale est plutôt grêle. La couleur de ces animaux conservés est d’un jaune verdâtre uniforme; les boucliers ventraux, de teinte plus claire, sont vraisemblablement blancs chez l’animal vivant ; les branchies montrent dans leur partie supérieure des bandes alternativement blanches et ocre.

La collerette va en s’inclinant d’avant en arrière, de la face ventrale à la face dorsale. Sur la première, elle forme deux pointes saillantes séparées par une profonde échancrure. Sur la face dorsale, les deux lobes viennent se terminer à la surface, largement distants l’un de l’autre ; en avant d'eux, s'étend le bourrelet basilaire des branchies. Les palpes, terminés en une longue pointe effilée, sont fortement colorés en ocre dans leur région basilaire.

Les branchies sont divisées en deux lames comptant chacune dix-sept rachis et peu élevées. Il n’y a pas trace d'yeux. Le pigment est localisé sur les filaments branchiaux, qui s'élèvent jusqu’au sommet des rachis, dont les extrémités très fines restent seules libres. Outre les bandes alternativement colorées et blanches de la partie supérieure des branchies, on observe quelques taches isolées sur les filaments de la partie inférieure de ces organes.

Dans l’exemplaire en question, il y a dix segments sétigères au thorax; mais, comme chez beaucoup de Sabelliens, ce nombre est sujet à des variations assez considérables. Ainsi un autre individu de la même

60 ANNÉLYDES POLYCHÈTES.

provenance que le précédent à treize séligères thoraciques; un autre, dont l'extrémité antérieure semble être en voie de régnération, en a cinq; celui de la baie Biscoe en a onze. L'exemplaire, qui a dix segments thoraciques, compte cent dix segments abdominaux.

Les faisceaux dorsaux possèdent deux sortes de soies : 1° des soies

Fig. 38 à 43.

un peu coudées dans leur partie terminale, limbées des deux côtés ; le bord convexe correspondant au limbe le plus large présente des stries obliques fortement marquées (fig. 38, p. 60); ces soies, au nombre d’une dizaine, sont groupées à la partie dorsale du faisceau ; 2° des soies en spatule terminées en une pointe fine et assez brusquement effilée avec un limbe strié de chaque côté. Ces soies (fig. 39, p. 60) sont disposées

ANNÉLIDES POLYCHÈTES. 61 assez régulièrement en rayons superposés, au nombre d’une vingtaine à chaque faisceau.

Aux tores ventraux qui commencent au second séligère, il y a également deux espèces de soies : 1° des soies en pioche, à manche courbe (fig. 41, p. 60); 2° des crochets aviculaires à partie basilaire assez longue, à région moyenne relativement large, à bec court surmonté d’une crête, qui, de profil, se montre fortement striée (fig. 40, p. 60).

Les plastrons ventraux thoraciques, de forme quadrangulaire, sont échancrés assez fortement de chaque côté et sont presque tous également développés.

Le sillon copragogue traverse obliquement les premier et second segments abdominaux. Les faisceaux sétigères ventraux de l’abdomen sont constitués par des soies d’une seule sorte, qui ressemblent à celles des faisceaux dorsaux du thorax; mais elles sont plus fortement coudées et bilimbées, avec un limbe plus développé sur le bord convexe que sur le bord opposé (fig. 42, p. 60) ; elles sont plus saillantes à la partie postérieure du corps que dans les premiers segments de l'abdomen. Il en est d’ailleurs fréquemment ainsi chez les Sabelliens.

Aux tores dorsaux, il existe une seule rangée de crochets aviculaires semblables à ceux du thorax, mais à partie basilaire plus courte (fig. 43, p. 60).

Les plastrons ventraux abdominaux sont coupés en deux parties égales par le sillon copragogue. A l’extrémité postérieure du corps, on observe, sur la face dorsale, deux groupes de taches oculiformes symétriquement placées.

Ce Sabellien se range dans le groupe des Potamilla dépourvues d’yeux branchiaux, comme la Potamilla neglecta Malmgren (1), la Potamailla Torelli Malmgren (2), la Pofamilla incerta Langerhans (3), très voisine de la précédente, la Potamilla tenuitorques Grube (4). Elle s'éloigne des

(1) A.-S. Marmeren, Nordiska Hafs-Annulater (Ofv. af Kongl. Vetensk.-Akad Fürhandl., 1865, p. 400, Taf. XXVIL, fig. 84).

(2) In., id., p. 402, Annulata Polychæta (id., 1867, p. 222, PI. XIV, fig. 76).

(3) P. Lancernaxs, Die Wurmfauna von Madeira (Zeitsch. für wissensch. Zool., t. XL, 1884, p. 267, PL. XVI, fig. 29).

(4) En. Gruëe, Annulata Semperiana (Mém. de l'Acad. imp. des Sc. de Saint-Pétersboury, vol. XXV, 1878, n° 8, p. 246, Taf. XIV, fig. 2).

trois premières par sa gracilité et par la forme spéciale de ses crochets aviculaires tant abdominaux que thoraciques. L'espèce décrite par Grube s'en distingue par la hauteur beaucoup moins grande de la lamelle basilaire branchiale et par les caractères de la collerette, qui constitue un anneau continu à la base des branchies. Celles-ci ont une longueur ‘gale au cinquième de la longueur totale du corps chez la Potamilla antarctiea nov. sp.; au huitième chez la Pofamilla Torelli ; au tiers chez la Potamilla neglecta ; au quart chez la Potamilla incerta.

Aucune espèce du genre Polamilla n’a été signalée Jusqu'ici dans la région magellanique.

Genre SERPULA L. s. st. Phil.

Sous-genre SERPULA s. st.

Serpula vermicularis L. (1).

Linné, Syst. Nat., XII, 1767, p. 1266, jîide Môrch.

Un dragage à 40 mètres de profondeur, près de l’île Booth Wandel, a ramené à la surface un exemplaire de cette espèce décrite en premier lieu par Linné. Le tube, isolé, replié sur lui-même, avec des épaississements transversaux parallèles, a 45 millimètres environ de longueur ; son extrémité supérieure, un peu évasée, est bordée par un bourrelet. Il se rétrécit un peu et graduellement à partir de extrémité antérieure.

Les plaques onciales ont, en général, sept ou huit dents au thorax; la plus antérieure, plus grosse que les autres, est pointue comme elles.

Les soies épaisses du premier segment thoracique ont deux moignons à la base de la longue pointe terminale. Les soies des autres segments thoraciques sont limbées.

Les soies abdominales sont en cornet comprimé, finement dentelé sur le bord libre.

L'opercule a la forme d’une coupe assez profonde avee un fond plat très réduit; le bord libre découpé a une quarantaine de dents à pointe mousse.

(4) Voy., pour la bibliographie : Baron ne Sawr-losern, Les Annélides Polychètes des côtes de Dinard, 3° partie (Ann. des Sc. natur., Zool., 7° série, t. XVIL, 1894, p. 328, PI. XI, fig. 358-365).

Cette espèce cosmopolite a été trouvée en divers points de la région magellanique (1) par la « Gazelle », le « Challenger » et par l’'Expédition Nordenskjôld.

Genre SPZRORBIS Daudin s. st.

Spirorbis Perrieri Caullery et Mesnil.

M. Caullery et F. Mesnil, Études sur la morphologie comparée et la phylogénie des espèces chez les Spirorbes (Bull. scient. de la France et de la Belgique, t. XXX, 4° série, 9 vol., 1897, p. 208, fig. 15a-c, PI. VIII: fig. 16a-b; fig: 17, PI. IX).

Une dizaine d'exemplaires de cette espèce ont été dragués dans le Port Charcot à des profondeurs variant de 20 à 40 mètres : trois autres ont été récoltés dans les mêmes conditions près de l'ile Booth Wandel ; tous étaient détachés des supports sur lesquels ils étaient fixés.

Les soies dorsales du premier sétigère n’ont pas d’aileron crénelé, mais elles ne sont pas toutes d'un type absolument uniforme ; les plus grandes ont une légère encoche dans la partie inférieure du limbe : les autres sont bien conformes au type représenté par la figure 156, Planche VIIT, du Mémoire de Caullery et Mesnil; l'opercule à bien les caractères indiqués par la figure 154, Planche VIII, des mêmes auteurs.

Cette espèce a été recueillie sur les côtes de Palagonie par l'Expédition française du cap Horn, puis par l’'Expédition Nordenskjüld en divers points de la région magellanique (2) : Punta Arenas, Puerto Churucca, Porvenir, Beagle Channel.

Genre HELICOSIPHON nov. gen.

Helicosiphon biscæensis n. sp.

(PL. V, fig. 49-52.)

Un dragage dans la baie Biscoe, à 110 mètres de profondeur (11 février 1904), ramena à la surface une douzaine de tubes de Serpuliens, les uns

(4) E. Eurers, Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, Berlin, 1901, p. 219).

(2) E. Eurers, Magellanische Anneliden, Nachr. der K. Gesellsch. der Wiss., Gôltingen, math.phys. KL., 4900, p. 223).

E. Eurers, Die Polychæten des magellanischen und chilenischen Strandes (Ein faunistischer Versuch, Berlin, 1901, p. 223).

avec leur hôte, les autres vides. Ces tubes calcaires, blancs, sont légèrement tordus en une hélice étroite et allongée (PI. V, fig. 50); le nombre des tours est au plus de deux ; leur surface présente des stries transversales parallèles, assez régulièrement espacées ; leur diamètre décroît graduellement de l'extrémité antérieure à l’autre. Ils sont isolés, paraissent ouverts aux deux bouts et sont fort probablement libres ; s’ils étaient fixés, ce qui est peu vraisemblable, ils ne pourraient l'être, en tout cas, que par l'extrémité effilée; on ne trouve, dans toute leur étendue, aucune trace d’adhérence. Ils sont tapissés intérieurement d’une couche chitineuse jaune brun.

L'un de ces tubes contenant l'animal qui l’a construit mesure 20 millimètres d’une extrémité à l’autre ; la longueur vraie du tube est d'au moins 25 millimètres ; l'hôte a une longueur totale de 13 millimètres ; sa plus grande largeur est de 0"*,95. Ce n’est pas là le maximum de taille ; quelques tubes vides ont des dimensions supérieures à celles qui sont indiquées ici.

La collerette, non distincte de la membrane thoracique, est légèrement échancrée en avant sur son bord antérieur et ventral et s'ouvre largement en arrière sur la face dorsale. II n’y a pas trace d’veux. Le panache branchial se compose, chez l'individu étudié, de onze branchies assez peu développées, dont les rachis ne sont pas soutenus par des cellules dites cartilagineuses, comme on en observe chez les Sabelliens et chez quelques Serpuliens; les barbules branchiales sont courtes.

Chez l'animal vu dorsalement, la première branchie gauche est remplacée par l’opereule (PI. V, fig. 52). Le pédoncule de ce dernier s’'élargit dans sa partie terminale et porte à son sommet un disque corné, légèrement déprimé au centre; au-dessous de ce dernier, on observe une région transparente avec une sorte de treillissage de nature probablement calcaire. Cette apparence est due à ce que le pédoncule est profondément excavé sur la face qui regarde l’intérieur du panache branchial. Il y a là une disposition qui se retrouve chez certains Spirorbes : cette partie déprimée sous-operculaire correspond, peutêtre, à un sac incubateur.

On ne voit aucun écusson thoracique. Le corps présente une asymétrie évidente correspondant à la torsion. Sur l’animal vu ventralement (PI. V, fig. 49), on compte trois tores uncinigères à droite, deux à gauche ; les faisceaux de soies dorsales de même rang ne sont pas situés au même niveau.

Le premier faisceau dorsal est inséré tout à fait à la partie antérieure, obliquement, la pointe des soies tournée en avant et orientée presque normalement au second faisceau. Le second et le troisième faisceau sont plus développés que le précédent et paraissent correspondre au premier et au second tore. Les soies du premier segment (fig. 44, p. 65) ont exactement les mêmes caractères que celles des segmentssuivants (fig. 45, p. 65). Ce sont des soies coudées et limbées, avec des stries obliques sur le limbe, qui est peut-être un peu plus développé dans les soies du premier sétigère thoracique. ,

Aux tores uncinigères, les plaques onciales (fig. 46, p. 66) ont un

très grand nombre de dents très

Fig. 44 et 45.

fines, très serrées les unes contre les autres, et la plus antérieure et la plus voisine de la collerette est plus grosse que les autres ; elle paraît être pleine et non creusée en gouge, comme chez beaucoup de Serpuliens.

Dans l’échancrure de la membrane thoracique, on distingue, sur la face dorsale, par transparence, au niveau du premier sétigère, deux

Expédilion Charcot. — Gnavier. — Annélides Polychètes. 9

organes glandulaires de couleur brun rougeâtre. On voit de même les ovules en voie de développement et s'étendant jusqu’au troisième séligère abdominal. Quelques individus sont parasités par des Crustacés qui sont probablement des Lernéens.

L'abdomen est composé d’une soixantaine de segments absolument transparents ; il participe à la torsion du tube. Il est profondément excavé sur la face ventrale. Dans la partie antérieure, les segments sont nettement séparés les uns des autres par des sillons assez profonds pour donner au bord libre, de chaque côté, une

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