XXVI. — FAMILLE DES AHWPHICTÉNIENS Malmgren
Entre les îles Kerguelen et du Prince-Édouard, le « Challenger » dragua, à la profondeur de 1 600 brasses (près de 2900 mètres), un Amphicténien, Petta assimilis Mac Intosh, qui n’a pas été revu depuis. De plus, le Pectinaria belgica Pallas, qui vit dans l'Atlantique, a été trouvé en divers points de la région magellanique. Aucun Amphicténien n’a été signalé jusqu'à aujourd'hui dans les eaux antarctiques proprement
dites.
XXVIL — FAMILLE DES T'ÊRÉBELLIENS Grube, Malmgren rev.
Chez les Polychètes, les Térébelliens comptent certainement parmi les plus riches en formes variées et aussi parmi les plus répandus partout à la surface du globe. Ehlers, dans son mémoire sur les Polychètes du littoral de la pointe sud de l'Amérique méridionale, mentionne 13 espèces dans la région magellanique, dont quelques-unes, comme Pista cristata (O.-F. Müller), par exemple, ont une aire de distribution fort étendue. Un certain nombre d’entre elles ont été découvertes au cours de la croisière du « Challenger », qui a rapporté certaines formes des mers subantarctiques vivant à de grandes profondeurs, telles que le Pista abyssicola Mac Intosh, dragué entre l’Australie et les contrées antarctiques, par 53°55" de latitude sud (longitude
10831" E, à plus de 3600 mètres de la surface). Le « Southern Cross »,
ANNÉLIDES. POLY CHÈTES. 37 qui a fait une croisière au Victoria Land, au sud de l'Australie, a trouvé au cap Adare (au sud du 71° degré de latitude) des Térébelliens des côtes magellaniques ou des Kerguelen : T'helepus antarcticus Kinberg, Nicolea Agassizi (Kinberg), qui, d’après Ehlers, n’est autre que Vicolea chilensis (Schmarda), l'£Ereutho antarcticus Willey, qui est très probablement à identifier au Polycirrus kerquelensis Mac Intosh. La « Valdivia » a rapporté de l’île Bouvet: Zhelepus spectahilis (Verrill), Scione spinifera Ehlers, T'erebellides Strümi Sars; et des Kerguelen : Artacama challengeriæ Mac Intosh; elle a retrouvé, en pleine Antarctique, par 63° 16° de latitude sud et 5840" de longitude ouest, le Scione spinifera, à 4636 mètres de profondeur, la température de l’eau, au fond, étant de 07510:
Les deux expéditions françaises commandées par M. le D°J.-B. Charcot ont apporté un contingent important en ce qui concerne les Térébelliens de l'Antarctique. Le « Français » avait recueilli 6 espèces, dont # nouvelles ; le « Pourquoi Pas? » nous en a donné 9, dont 3 déjà rapportées par le « Français », 3 autres décrites antérieurement et 3 nouvelles: ce qui fait, en somme, 12 espèces de Térébelliens connues dans
l'Antarctique sud-américaine.
XXVIHL. — FAMILLE DES SZ RPULIENS Burmeister (Grube char. emend.).
Ainsi que l’a fait justement observer Ehlers, les Sabelliens semblent plutôt prospérer dans les mers chaudes que dans les mers froides, et, par conséquent, sur le littoral ou à des profondeurs faibles ou moyennes plutôt que dans les abysses. Le « Français » n'a rapporté qu'un Sabellien, Potamilla antarctica Gravier ; le « Pourquoi Pas? » l’a retrouvé avec une espèce indéterminée de Dasychone. Ehlers mentionne 6 Sabelliens magellaniques, dont 3 espèces de Sabella et, en outre, l'Euchone pallida Ehlers, que la « Valdivia » a dragué près des Kerguelen, à 88 mètres de profondeur.
Quant aux Serpuliens proprement dits, cet auteur en signale, sur
les mêmes côtes de Magellan, 10 espèces, dont 6 de Spirorbes.
38 ANNÉLIDES POLYCHÉÈTES.
Le « Français » a rapporté 3 espèces de Serpuliens, dont le cosmopolite Serpula vermicularis L., le Spirorbis Perrierr Caullery et Mesnil, etun type nouveau, l’Æelicosiphon biscocensis Gravier. La seconde
4 Serpuliens : Serpula vermicu-
expédition antarctique a recueilli laris L., 2 Spirorbes: Spirorbis aggregatus Caullery et Mesnil et Spirorbis Nordenskjüldi Ehlers, et une forme appartenant à un genre nouveau : Cystopomatus Mac Intoshi Gravier, ce qui porte à 8 le nombre des Serpuliens {au sens large du mot) rapportés de l'Antarctique sudaméricaine par les deux expéditions françaises du « Français » et du
« Pourquoi Pas ? ».