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Dans la collection des Polychètes de M. le D' Liouville, j'ai trouvé sept exemplaires de cet Æarmothoe; trois d’entre eux ont été dragués dans les Algues, à Port Circoncision, à 6 mètres de profondeur, sur un fond rocheux, le 10 octobre 1909 ; trois autres ont été recueillis à Port Lockroy, en décembre 1908; le plus grand de ceux-ci à 42 millimètres de longueur, 16 millimètres dans sa plus grande largeur, y compris les soies, un peu en avant du milieu du corps; le corps seul a 8 millimètres de largeur maxima ; le nombre des sétigères est de 36. Il y avait enfin un exemplaire en plusieurs morceaux, dont un est parasité par trois Copépodes, et qui avait été dragué le 1% février 1909, dans la baie Matha, à 380 mètres de profondeur, sur un fond de vase grise et de gravier où la température était de + 1° C. (latitude : 669 50° sud ; longitude 690 30° ouest de Paris). L'état de conservation de ces Polynoïdiens est assez bon; la plupart des élytres sont tombés. Tout le corps est recouvert par les élytres sur la face dorsale.

Tant sur les appendices céphaliques que sur le reste du corps, la pigmentation esttrès marquée. La face dorsale est pigmentée en brun violet ; dans la première moitié du corps, la coloration est particulièrement intense sur une large bande médiane dorsale; seules, se détachent en blanc sur ce fond coloré les surfaces d'attache des élvtres, au nombre de quinze paires. La face ventrale est colorée en violet, mais ici, e’est à la base des parapodes que la coloration est le plus intense, tandis que la région médiane est beaucoup plus pâle.

Le prostomium (PI. V, fig. 54) est en partie recouvert, de chaque côté, par les bases des élytres de la première paire et en arrière par une saillie dépendant du premier segment. Beaucoup plus large que long, le prostomium porte en avant deux cornes frontales divergentes, de part et d'autre de la large insertion de l'antenne médiane. Les deux yeux de la paire antérieure ont une forme allongée, à grand axe parallèle au plan de symétrie, et sont placés tout à fait latéralement. Les postérieurs sont arrondis et plus rapprochés l’un de l’autre.

Très développée, l'antenne médiane offre les mêmes caractères que les

2e Expédilion Charcot. — GRAviEr. — Annélides Polychètes.

cirres tentaculaires. Les deux latérales, beaucoup plus courtes, insérées au-dessous de l'antenne médiane et de chaque côté de celle-ci, sont brusquement effilées à leur extrémité ; à l'exception de cette extrémité, tout l’appendice est coloré en brun rouge foncé et couvert de cils raides et courts. Les deux palpes sont puissants, longs et s’amineissent graduellement à partir de leur base ; ils sont uniformément colorés aussi en brun rouge, sauf à la pointe terminale ; leur surface est unie.

Sur le premier segment du corps sont fixés les cirres tentaculaires ; ils ont une très longue base commune, qui présente une large bande pigmentée violette et qui se moule extérieurement de chaque côté sur le palpe correspondant. Les deux cirres ont sensiblement les mêmes dimensions : avant de s’étirer en une longue pointe fine, ils se renflent légèrement: on voit, à la base de la pointe eflilée, un petit anneau de teinte foncée ; la partie renflée subterminale reste incolore ; tout le reste, jusqu'à l'insertion, est teinté en brun rouge foncé, comme les palpes et les antennes. Des cils rigides se montrent sur toute la surface de lappendice et sont particulièrement longs dans la partie renflée non pigmentée. La petite bande médiane qui recouvre la partie postérieure du prostomium est de couleur violet foncé. |

Le second segment du corps, premier sétigère, porte la première paire d'élytres, qui couvrent en avant tout le prostomium, la base des appendices prostomiaux et des cirres tentaculaires. Ces segments élytrigères sont distribués suivant la loi ordinaire, sur les segments dont les numéros d’ordre sont les suivants : 2, 4, 5, 7,9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 26, 29, 32. Les autres segments sont cirrigères. Les cirres dorsaux s’insèrent au-dessus et un peu en arrière de la rame dorsale ; 1ls ont les mêmes caractères de forme et de coloration que les cirres tentaculaires. La rame dorsale porte un bouquet de soies divergentes, plus ou moins saillantes et plus ou moins arquées. La figure 55 (PI. V) en représente un type moyen. Ce sont des soies épaisses munies sur le bord convexe de ecrans bien marqués, sensiblement équidistants, avec des stries parallèles entre elles, inclinées sur l’axe de la soie. Le sommet est terminé en pointe mousse.

A la rame ventrale, qui est soutenue comme la dorsale par un gros

ANNÉLIDES POLYCHÈTES. OI

acicule, les soies sont moins épaisses et plus longues (PI. V, fig. 56), recourbées en pointe à leur extrémité libre. La partie terminale, arquée et un peu élargie, offre à sa surface des denticulations qui correspondent, sur le bord convexe, à des crans particulièrement marqués en avant, dans le voisinage de la pointe terminale. La soie représentée planche V (fig.56), est d’un type moyen; il y en a de plus larges et plus courtes, de plus grêles et plus longues. Au-dessous du crochet terminal de quelques soies ventrales, on distingue (PI. V, fig. 57) une petite dent qui semble accolée à la soie. En général, cette petite dent est indiscernable ; on observe seulement sur le bord convexe une légère saillie sur la ligne de profil, qui correspond peut-être à une dent subterminale un peu moins développée et complètement fusionnée avec la soie. Le cirre ventral est court, sauf au premier sétigère, où il est fort allongé, comme d'ordinaire. Les papilles néphridiennes sont bien visibles.

Tout le corps est recouvert par les élytres : ceux de la région moyenne du corps (PI. V, fig. 58) sont allongés, presque réniformes, frangés à la partie postérieure ; ils présentent des taches brun rouge, de forme irrégulière, dans toute leur étendue. Une tache violet foncé tranche nettement par sa teinte et par son intensité sur tout le reste, au voisinage de l'insertion de l’élytre. Sur toute la surface supérieure de celui-ei, ilexiste de petites pointes coniques, visibles seulement à un assez fort grossissement, qui se détachent nettement comme des points brillants sur les surfaces pigmentées, mais qui sont tout aussi drues dans les plages incolores. En outre, le bordexterne est pourvu de grosses papilles en cône, à pointe mousse (PI. V, fig. 59).

L'un des trois exemplaires de Port Lockroy avait sa trompe dévaginée. L'épithéliam qui recouvre celle-ci a une teinte bleue assez intense. Les deux paires de mâchoires sont du type habituel; les deux lèvresterminales, l’une dorsale, l’autre ventrale, sont séparées par des échancrures latérales et portent chacune sur leur bord neuf papilles coniques.

A. Willey, qui a étudié les exemplaires d’'Æarmothoe spinosa Kinberg rapportés par le «Southern Cross » (1), a distingué trois variétés dans

(4) A. Wacey, Polychæta (Report on the Collections of natural History, made in the antarctic regions during the Voyage of the « Southern Cross », 1902, p. 265, PI. XLIIL, fig. 4 et 6).

cette espèce qui paraît être très polymorphe : la variété fullo, la variété typiea et la variété lagiscoides. Le Polynoïdien décrit ci-dessus semble se rapporter à la seconde, que Willey caractérise ainsi : £lytra prope marginem posticum vel ubique verrucis obtusis minuta, margine externo fimbriato. La figure 2 (PI. XLIIT), représentant le sommet d'une soie ventrale, est surtout très instructive à cause de la forme de la dent subterminale, qui donne un profil très spécial à l'extrémité de la soie, et qui a été signalée plus haut (PI. V, fig. 57).

Quelques-uns des individus provenant du cap Adare étaient attaqués par des Crustacés ectoparasites. La figure 4 (PI. XLI) montre une partie du corps du Polynoïdien, avec deux de ces parasites fixés sur la face

dorsale des segments très voisins l’un de l’autre.

Harmothoe spinosa Kinberg var, lagiscoides Willey. (PI. VI, fig. 64-69.)

A. Willey, Annelida Polychæta, Report on the Collections of natural History made in lhe anlarclic regions during the voyage of the «Southern Cross », 1902, p. 265, PEXETIT 2246:

A Petermann, les recherches à marée basse ont procuré à M. le D'J. Liouville sept exemplaires de ce Polynoïdien, dont deux mâles en mauvais état, en plusieurs fragments, recouverts en partie par le sperme évacué, et une grande femelle, qui avait aussi expulsé une quantité d'œufs. Un huitième exemplaire, jeune, provient de Port Circoncision, où il a été dragué sur un fond rocheux couvert d'Algues, à 6 mètres de profondeur, le 10 octobre 1909.

Cet MHarmothoe est remarquable par sa taille et sa chaude coloration. Le plus grand à 6,5 de longueur, 23 millimètres dans sa plus grande largeur, à l'extrémité du premier tiers de l'animal ; il compte trenteneufsétigères.

D'après les notes de M. le D°J. Liouville, ces Polynoïdiens, à l’état vivant, étaient d'un beau jaune orangé ; les élytres, nacrés, avec des ponctuations couleur de rouille; le ventre et les soies, d'un jaune paille.

Toute la face dorsale est couverte par un pigment brun chocolat un

peu plus intense en arrière qu'en avant; quelques petites plages demeurent

incolores dans la région médiane. Sur la face dorsale de chaque segment, deux hautes crêtes transversales délimitent une bande qui se rétréeit sur les côtés; ces crêtes se rapprochent l’une de l’autre au niveau de l'insertion du cirre ou de l’élytre. A la face ventrale, la base des parapodes présente une pigmentation analogue, mais plus claire. Les papilles néphridiennes sont colorées en noir.

Le prostomium (PI. VI, fig. 64) est divisé par une dépression en deux moitiés symétriques, assez fortement bombées, et portant chacune une petite corne frontale. La partie postérieure est recouverte par une bande saillante du premier segment. Les yeux antérieurs, de forme allongée, sont situés sur le bord du prostomium, à droite et à gauche; les postérieurs, plus grands, plus arrondis, sont plus rapprochés du plan de symétrie. Une large bande transversale pigmentée, de teinte plus claire que le reste du corps, s'étend sur chaque moitié du prostomium, en avant des yeux postérieurs, et se continue de chaque côté, surtout dans la région moyenne.

Dans la large échancrure antérieure qui sépare les deux moitiés du prostomium, s'insère le puissant article basilaire de l'antenne médiane, qui est malheureusement détachée de l’exemplaire en question ici. De part et d'autre de celui-ci et au-dessous de lui, s’attachent les antennes latérales, qui sont relativement courtes et se renflent légèrement avant de s'étirer à leur extrémité; elles sont colorées en brun rouge clair, comme les palpes, sauf dans la partie terminale. Les palpes, épais, mais assez courts, S'étirent graduellement de la base au sommet.

Presque entièrement invisible sur le dos, le premier segment porte la base des cirres tentaculaires, qui, longue et épaisse, présente en dedans une petite languette aplatie, traversée suivant son axe par un fort acicule. A gauche (l'animal étant placé sur la face ventrale), ce mamelon sétigère réduit est muni, en outre, d’une soie un peu arquée, assez grosse.

Les deux cirres tentaculaires sont d'une longueur moyenne et sont un peu renflés au-dessous de leur extrémité effilée. La pigmentation est intense en arrière du renflement à labase du cirre ; elle s'atténue beaucoup dans l'intervalle. Le deuxième segment, premier sétigère proprement dit, est pourvu de la première paire d’élvtres; la base des élytrophores est

fortement pigmentée, de même que la languette qui recouvre la base du prostomium. Les élytres, au nombre de quinze paires, ont la répartition normale et sont, par conséquent, fixés sur les segments dont les numéros d'ordre sont: 2, 4, 5. 7,9,11,13,15, 17,19, 21,23, 26, 29, 32. Les autres segments sont munis d'un cirre dorsal qui se fixe sur une base assez large, au-dessus de la rame dorsale. Les cirres dorsaux ont les mêmes carac{ères que les cirres tentaculaires.

A larame dorsale, on voit un bouquet de soies un peu arquées (PI. VI, fig. 65) à leur extrémité, ornées d’une série de denticulations dessinant des stries parallèles assez serrées sur les faces latérales des soies, et de petits crans sur le bord convexe. La rame ventrale, qui est pourvue d’une languette pointue saillante soutenue par un acicule médian, porte un éventail de soies plus longues et plus fines que les dorsales. Ces soies (PI VI, fig. 66), un peu élargies dans leur partie terminale, présentent, sur leurs faces latérales, des denticulations qui sont beaucoup plus fortes que les dorsales, et qui forment sur le bord convexe des saillies bien plus considérables. L'extrémité (PI VE, fig. 67), vue à un fort grossissement, montre au-dessous de la pointe un peu recourbée une dent très aiguë, orientée vers l'extrémité distale de la soie. À quelque distance de là, se trouvent les épines des premières denticulations. Le cirre ventral s'insère sur une base renflée en forme de bouton hémisphérique. Les parapodes offrent un grand développement de chaque côté du corps, et les soies sont très saillantes, surtout les ventrales.

Les élytres (presque tous tombés) couvrent tout le corps, sauf peut-être les tout derniers segments. Ils sont allongés, un peu échancrés sur le bord interne (PI. VE, fig. 68). Pigmentés en brun rouge clair, ils sont surtout fortement teintés autour de leur insertion sur l’élytrophore. Sur toute la surface Hbre, c'est-à-dire sur la partie qui n’est pas recouverte par l’'élvtre de la paire précédente, il existe des piquants droits ou légèrement arqués, fixés sur une base circulaire, d'apparence cornée comme eux-mêmes. Les plus développés de ces piquants sont ceux de la périphérie (PI. VI, fig. 69).

Un épithélium de teinte bleu foncé recouvre la trompe dévaginée. Les deux paires de mâchoires s'engrènent à la façon habituelle. A l’orifice, il y

a deux séries de 9 papilles chacune, l’une dorsale, l’autre ventrale.

Avec quelque réserve, je rapporte cet Æarmothoe, qui, à un premier examen, paraît différer nettement du précédent, à la variété lagiscoides de Willey. Cet auteur dit que, parmi les spécimens d’Æarmothoe spinosa du « Southern Cross » qu'il a examinés, il s’en trouvait un qui mérite une mention spéciale. Les élytres de ce spécimen sont dépourvus de franges et de verrues submarginales, mais ils possèdent des spinules ressemblant à ceux de Lagisca magellanica Mac Intosh. Il avait quarante segments, dont les six derniers restent à nu. Ce spécimen mesure 49 millimètres de longueur et 15 de largeur totale.

Les élytres de l’Aarmothoe du « Pourquoi Pas ? » décrit ci-dessus ne sont pas frangés et sont armés de spinules qui sont identiques à ceux que Willey représente dans son mémoire (fig.6, PI. XLHT). De plus, l'extrémité de la soie ventrale (fig. 4, PL. XLIIT) estaussi la même que celle du Polynoïdien dont il est question ici. Le nombre des segments sétigères est ici de trente-neuf, et les derniers d’entre eux ne sont pas couverts par les élytres.

Pour incorporer le Polynoïdien à quarante segments dans le genre Harmothoe, Willey est obligé de modifier ainsi la diagnose de ce genre :

Setæ superiores validæ, crassiores quam set ventrales ; setæ ventrales apice distincte vel obsolete bidentato; elytra totum dorsum tegentia, «segments ultimis interdum exceplis ».

Willey ajoute :

The insertion of the last reservation in the above diagnosis seems to be rendered necessary by the examination of specimen from the Antarctic, but it undeniably obscures the limits of the genera « Harmothoe » and « Lagisca».

Mais il faut ajouter que ce n’est pas seulement entre les genres Lagisca et Harmothoe que la séparation devient indistinete ; il en est de même entre les genres Æermadion et Harmothoe, qui sont ainsi définis par leur créateur, Kinberg (1) :

Harmornos : Pases antennarum, sub tentaculo affixæ, incisuram lobi

(1) 3.-G.-H. Kinserc, Nya slägten och arter af Annelider (0Efv. af Kongl. Vetensk.-Akad. Fôrhandl., 1855, p. 386).

cephalici occupante : elytrorum paria 15, dorsum obtegentia: corpus haud lonqum.

Heruanion : Antennæ ul in Harmothoe : elytrorum paria 15 partem mediam dorst el segmenta posteriora non tegentia : selæ inferiores infra api-

cem serraléæ ; Corpus elongatum.

Comme on le voit, la seule différence essentielle entre les deux genres est que, chezles Harmothoe, le corps est complètement recouvert par les élytres, tandis que chez les Æermadion quelques segments restent à nu. La modification apportée par Willey à la diagnose d’Æarmothoe fait disparaitre cette différence. St on l’adopte, il faudra fusionner les trois genres

Lagisca, Harmothoe et Hermadion.

Harmothoe Gourdoni Gravier.

(PI. IV, fig. 52-53; PI. VII, fig. 75-79.)

Ch. Gravier, Sur les espèces nouvelles de Polychètes provenant de la seconde expédition antarctique française (1908-1910) Bull. Mus. Hist. Nat.,t.XVII,1911,p.312.

Entre l'île Jenny et la Terre Adélaïde, à l'entrée de la baie Marguerite (latitude : 67° 45" sud ; longitude : 70°45" 48" ouest de Paris), le dragage du 15 janvier 1909, à 254 mètres de profondeur, sur un fond de roche et de gravier (température de l’eau au fond: +-1°,18C.), a ramené à la surface un seul exemplaire, en médiocre état de conservation, de ce Polynoïdien.

La longueur du corps est de 23 millimètres; la plus grande largeur, soies comprises, de 9 millimètres ; le nombre des segments sétigères, de trentecinq. Les parties latérales de la face dorsale sont colorées fortement en brun sur les segments cirrigères ; les segments élytrigères se détachent ainsi nettement sur les autres. Dans la large bande médiane dorsale, de teinte générale un peu plus claire que le reste, on voit, à chaque segment de la seconde moitié du corps, deux taches symétriques dans la partie antérieure du segment, et une tache médiane à sa partie postérieure. Les côtés de la face ventrale sont colorés en brun violet, particulièrement à la base du cirre ventral. La rame dorsale, la base du cirre dorsal, les régions recouvrant les extrémités des acicules qui soutiennent les rames, ont une teinte également sombre. La pigmentation est surtout très forte

dans la seconde moitié du corps; elle est très atténuée dans la première

moitié, du moins dans le seul exemplaire, assez mal conservé, que j'ai eu à étudier.

Le prostomium (PI. VIT, fig. 75) et ses appendices sont recouverts en partie par un Copépode parasite femelle, muni de ses deux sacs ovigères. Plus large que long, il présente une profonde échancrure médiane antérleure, où s’insère la base de l'antenne impaire. Les yeux antérieurs sont situés sur le bord, au niveau de la partie la plus large ; ce sont les plus grands; leur forme est allongée ; les postérieurs, plus rapprochés l’un de l'autre, sont placés tout à fait en arrière du prostomium. A l’orifice de la trompe, il existe une languette médiane antérieure, assez épaisse et fortement colorée. L'antenne médiane est tombée ; les deux antennes latérales sont courtes, terminées en pointe eflilée, insérées sur un large article basilaire, très fortement pigmentées ainsi que la face ventrale de Particle basilaire de l’antenne médiane ; elles s’attachent au-dessous de celle-ci, mais leurs larges bases sont bien séparées l’une de l’autre. Les palpes, relativement longs, Ss’amincissent progressivement de leur base à leur extrémité distale.

Les cirres tentaculaires, insérés sur un long article basilaire, sont assez courts ; ils sont un peu dilatés au-dessous de leur extrémité eflilée, et ils sont couverts, dans toute leur étendue, de cils rigides et courts. IIS sont pigmentés en brun rouge au-dessus et au-dessous du renflement subterminal, dans la région moyenne el tout à fait à la base. Le second segment, immédiatement en arrière du segment qui a les cirres tentaculaires, porte la première paire d'élytres etla première paire de mamelons sétigères.

Quant au cirre dorsal, il a les mêmes caractères que les cirres tentaculaires ; sa base est fortement pigmentée. La rame dorsale à une forme hémisphérique et est soutenue par un acicule dont la pointe est très saillante ; elle est munie d’un faisceau de soies divergentes, légèrement arquées dans la région distale. Ces soies (PI. VIT, fig. 76), en général larges, se terminent en pointe mousse et ont une série de denticulations disposées en rangées parallèles serrées, sensiblement équidistantes, dont chacune forme un petit cran sur le bord convexe. La rame ventrale, soutenue aussi par un acicule puissant, porte un faisceau compact de soies, plus longues que les précédentes, un peu élargies (PL. VIT, fig. 77),

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comme d'ordinaire, au niveau où commencent les séries d’épines, qui font de fortes saillies sur le bord convexe; ces soies ont une dent subterminale, à pointe dirigée vers le sommet, qui est un peu recourbé et arrondi. L’extrémité (PI. VIT, fig. 78) est recouverte par une série de couches emboîtées, offrant au microscope le même aspect, et en particulier la même réfringence, que la chitine dont elles paraissent formées. Cette couche chitinoïde a son maximum d'épaisseur au sommet; elle empâte et masque en partie la dent subterminale et s'étend même sur les premières rangées d'épines latérales, dont elle modifie la forme. Le même empâlement s’observe, mais moins marqué, sur les soies dorsales (PI. VII, fig. 76), au sommet. Je ne sais à quoi attribuer cette particularité, que je n'ai jamais constatée chez les autres Polynoïdiens.

Des élytres, deux seulement sont restés en place. Ces appendices (PI. VIH, fig. 79) offrent une particularité qui les distingue nettement de ceux des autres Polynoïdiens de l'Antarctique. Sur le côté interne, à un niveau médian, il existe une sorte de mamelon marginal, qui est couvert de longs cils épais, flexueux, et de papilles de grande taille et de forme particulière. La figure 53 (PI. IV) représente l’une de ces papilles à un grossissement assez fort. Elles sont revêtues d'une couche externe translucide, chitinoïde, laissant voir à l’intérieur, par transparence, de gros granules colorés en brun rouge. De semblables papilles géantes se voient sur le même bord interne, çà et là, à la surface de l’élytre. A côté de ces grandes papilles à granules colorés, on trouve (PI. IV, fig. 52) d’autres papilles de tailles diverses, mais plus réduites, plus ou moins arquées, et à région axiale colorée.

Je dédie cette espèce nouvelle à M. Gourdon, qui fut chargé des études de géologie et de glaciologie dans les deux missions antarctiques du « Français » et du « Pourquoi Pas ? ».

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