LE SEIGNEUH, LE BAILLI, LUBIN
LE SEIGNEUH
Qu'est-ce donc? Vous voilà tous deux bien en colère.
LUBIN
Ah! pardon. Monseigneur, vous jugerez l'affaire.
LE BAII.I.I
Monseigneur
LE SEIGNEUR
Permette/ qu'il conte ses raisons:
Lubin, voyons ce qui l'agite.
LUBIN
Monseigneur, j'aime Annette; il veux que je la quitte! J'aimerois mieux mourir dans les prisons: Pour nous le Momie en seroit une.
Si l'on nous séparait tous deux : Nous ne demandons pour fortune, Que la permission d'être toujours heureux.
LE SEIGNEUH
Monsieur Lubin. il tant l'être avec bienséance! Mou devoir est de réprimer Les désordres et la licence.
LUBIN
Est-ce un désordre de s'aimer?
Eh! qui donc aimera nia petite cousine.
Si ce n'est moi? Sa mère me l'a dit.
Et ce radoteur nous prescrit De nous regarder qu'en nous taisant la mine.
Il trouve bien mieux son profit
Entre parens qu'il brouille et qu'il ruine.
Monseigneur, est-il beaucoup mieux,
Est-il plus dans la bienséance
De se manger le blanc des veux, Que de loger ensemble, et s'occuper tous deux;
A vivre en bonne intelligence?
Je m'en rapporte à vous, mon bon Seigneur; A vous, auprès de qui toujours l'équité veille, Vous n'êtes jamais lier, vous avez un bon cœur. Vous ne laites le mal que lorsqu'on vous conseille.
Voire bonté nous prévient tous.
Vous secourez le misérable.
Quand le Bailli nous donne au Diable.
Nous nous recommandons à vous.
LE SEIGNEUR, souriant Je voudrais de bon cœur vous être favorable : Mais la loi vous condamné.
LE BAILLI
Oui, Monseigneur dit bien.
On ne peut entre vous former aucun bien. Les eiil'ans qui te doivent l'être, Te renieront pour père...
LUBIN
Oh! je n'en ai point peur.
Les vôtres vous ont bien reconnu pour le leur. Viens, viens, ma chère Annette : bâte-toi de paroitre : Tu sçauras mieux que moi fléchir un si bon maître.