LES ACTEURS PRÉCÈDENT, ANNETTE
annette, approche lentement, la tête baissée,
Ain:
Laisse-moi.
LUBIN
Mais pourquoi?
ANNETTE
Non, non.
Ma petite, que crains-tu donc?
Monseigneur est sensible et bon.
Il t'aimera, Nous mariera.
ANNETTE Oui-dà !
LE SEIGNEUR
Romance de Marmontel.
Sa ligure est très-heureuse, Son air est de bonne foi.
LUBIN Suite de la Romance
Viens ; son àme est généreuse :
Ne sois donc pas si honteuse, Annette, redresse-toi.
LE SEIGNEUR
Ne craignez-rien, ma belle enfant.
Parlez-moi vrai.
ANNETTE
Parle-t-on autrement?
Air noté N° 12. Dans ma cabane obscure.
Monseigneur, Lubin m'aime, Sauf votre bon plaisir; Moi, je l'aime de même; Il fait tout mon désir.
Ensemble, dès l'enfance, Nous étions de loisir; Nous fîmes connoissance, Sauf votre bon plaisir.
J'avois perdu ma mère, Je me sens attendrir; Lubin perdit son père, Je l'entendois gémir :
Nous voilà sans famille ; Hélas que devenir ?
Moi surtout, pauvre fille; Sauf votre bon plaisir.
Le besoin, l'habitude Parvint à nous unir:
Et notre unique étude Fut de nous secourir.
Quel sort étoit le nôtre !
Nous sçumes l'adoucir :
Nous nous aidon l'un l'autre, Sauf votre bon plaisir.
LE BAILLI
La terre sous vos pas, ne s'est pas eut' rouverte;
ANNETTE
Au contraire, les fleurs sembloient se caresser.
LE BAILLI
Le soleil à l'instant auroit dû s'éolipser : Malheureux! vous courez tous deux à votre perte
Duo noté N» 13
Lorsqu'Annette est avec Lubin, Il fait le plus beau temps du monde. . Je vois toujours le ciel serein, Et je n'entends jamais le tonnerre qui gronde. Lorsqu'Annette est avec Lubin.
Il fait le plus beau temps du monde.
LE seigneur, s'enflammant pour Annette. Quelle ingénuité! je la trouve charmante; En honneur, elle est ravissante.
LUBIN
Air : Dodo l'enfant dormira tantôt.
Monseigneur vous ne voyez rien :
Quand elle est en habit de fête, Oh! c'est une grâce, un maintien Qui vous feroit tourner la tête.
De même qu'en simple négligé, Si vous sçaviez... quel plaisir j'ai !
le seigneur, (avec une espèce de transport) Qu'elle est, qu'elle est bien!
LUBIN
Monseigneur, vous ne voyez rien.
(Lubin présente Annette au Seigneur, et lui fait faire la révérence.)
LE BAILLI
Ah ! le pendant !
le seigneur
Modérez votre bile.
LUBIN
Tous ses ajustemens sont trop épais, trop forts;
Je veux la faire habiller à la ville;
Les habits qu'on lui fait ('étouffent dans son corps.
WNETTE ET LIÎBLN
LK SEIGNEUR Je m'en chargerai, moi : Liiliin. Je te protège Que l'oh mène Annelte au Château.
LUBIN
Qu'on emmène An nette!
LE BAILLI, ('( Lubin.
Tout beau!
(eu -Seigneur.)
Oui, Monseigneur, use/, de votre privilège.
Monseigneur!...
LUBIN
ANNETTE
Ah! Luliin !
LK SEIGNIUR
Je lais tout pour le mieux.
Tu peux lui l'aire les adieux.
C'en est assez. : Unissons, qu'on l'emmène.
Lubin, Lubin !
Annette, ah! quelle peine!
(Les gens du Seigneur enlèvent Annetle.)