II. BAILLI
Annelte...
LE SEIGNEUR
Mon Piqueur
LE BAILLI
Monseigneur, Monseigneur, LE SEIGNEUR
Finissez votre verbiage.
De ce côté j'entends le Cor.
LE BAILLI
Monseigneur, demeurez encor.
Ensemble
le SEIGNEUR
J'entends le Cor.
Restez encor.
LE BAILLI
Oui, Monseigneur, l'affaire est criminelle.
Annette est fille, Lubin est garçon; Us s'aiment tous les deux.
LE SEIGNEUR
La chose est naturelle.
LE BAILLI
Quoi ! s'aimer sans permission !
' • ' LE SEIGNEUR
En iaut-il pour s'aimer'.'
LE BAILLI
Mais Annetle est si belle!
LE SEIGNEUR
Oui-dà! je ne la commis pas.
LE BAILLI
Ah! Monseigneur, quelle a d'appas!
Air : Quand la Bergère rient des champs.
Noie N" I
Annetle, à l'âge de quinze ans, Est une image du printemps:
C'est l'aurore d'un beau malin,
Qui ne veut naître,
El ne paroltre
Que pour Lubiu
Sou Leint bruni par le soleil,
Est plus piquant, est plus vermeil,
Blancheur de lys est sur sou sein;
Mouchoir le couvre,
El ne s'entr'ouvre
Que pour Lubin.
Sa bouche appelle le baiser; Son regard dit qu'on peut oser :
Mais tout autre oseroit en \ain ;
C'est une l'ose
Qui n'est éclose
()\w pour Lubin.
Ses \cii\ qui sçavent tout charmer,
Semblent nous dire de l'aimer Mais un amant voudroit en vain
Se taire entendre :
Elle n'est tendre
Que pour Lubin
LE SEIGNEUR
Quel est donc ce Lubin pour être si chéri?
LE BÀILLl
C'est un drôle vraiment bien taillé, bien nourri.
Air Noté N° 2
Lubin est d'une figure Qui met lout le monde en train.
Sa gaîté naïve et pure Annonce un cteur sans chagrin.
C'est l'instinct de la nature, C'est le regard du désir:
Du bonheur c'est la peinture, C'est le rire du plaisir.
Il ne s'inquiette
De rien El le cœur d'Annette Est tout son bien.
Lubin est d'une ligure Qui met tout le monde en train ; Sa gaité naïve et pure Annonce un cœur sans chagrin.
On ne les voit jamais dans le village C'est tous les jours fête pour eux, Ils vivent pour eux seuls.
LK SEIGNEUR
Ils en sont [dus heureux Le grand monde est Pécueil du sage.
Air Noté N° 3 Ce n'est que dans la retraite
Qu'on jouit des Mais plaisirs; Sans 'regrets et sans désirs, L'âme est libre et satisfaite : Heureux, heureux dout le cœur Trouve en soi lout sou bonheur!
La vertu douce et tranquille
Fuit le laste et la grandeur L'innocence et la candeur N'habitent que cet asile.
Heureux, heureux dont le cœur Trouve en soi lout sou bonheur!
LE ÎJAILLI
Excusez-vous Lubin'.'
LE SEIGNEUR
Non, ce seroit dommage Qu'Auuette lût le prix d'un amour villageois.
LE BAILLI
Voilà Lubin qui sort du bois, Parlez-lui.
LE SEIGNEUR
.le ne puis m'arrèter davantage:
Conduisez-moi par ce sentier, Vous reviendrez après les épier.
\ YVETTE ET LUBIN