‹ Annette & LubinChapitre 8 sur 39 · SCENE vin · texte numérisé non relu

SCENE vin

LE BAILLI, LUBIN, ANNETTE, dans la cabane.

LUBIN Hola! eh ! Monsieur le Bailli; C'est donc VOUS, c'est donc vous, qui chagrinez

[An n elle

Et qui lui défende/, de m'aimer!

LE I:\ii.ii

Est-ce ainsi

Une tu m'oses parler'.'

LUBIN

Annelle s'inquiette,

// regarde Annette, qui lui fait signe de ne point se fâcher.

Elle pliure... morgue!... si je u'étois poli.

LE BAILLI

Tu perds cette jeune innocente.

LUBIN Moi, je la perds! Oh ! que nenni.

Je sçaurai la trouver.

LE BAILLI, à part.

(Haut) Je crois qu'il me plaisante.

Malheureux !

LUBIN

Malheureux vous-même! vraiment oui.

LE BAILLI

Ain : Tout de fit en aiguille.

Ton amour te prépare Le plus funeste sort :

Tous deux il vous égare, Il faut qu'on vous sépare.

LUBIN

Seroit-on si barbare? J'amerois mieux la mort :

D' Annette je m'empare,

LE BAILLI

Tu dois rougir...

LUBIN

Tarare !

L'innocence la pare.

ANNETTE

Le BAILLI

tu ravis ce trésor, Méchant! et dans un temps encor Où l'honneur est si rare!

LUBIN

Si j'ai fait quelque tort, je peux le réparer; Mariez-nous sans différer.

LE BAILLI

Vous marier! eh! que pourriez-vous faire? Vous êtes pauvres tous les deux, Vous rendriez vos enl'ans malheureux.

LUBIN

Eh! morgue, la Nature est une bonne mère : Nous avons tous part à ses soins

Quand on sçait travailler, on craint peu la misère,

C'est dans le superflu qu'on trouve les besoins.

Mes enfans, après tout, feront comme leur père. Regardez-moi, n'ai je pas profité?

En ne possédant rien; j'ai l'àme satisfaite : J'ai du plaisir, de la santé, Point d'ambition ; j'aime Annette, J'en suis aimé : voilà le principal.

LE BAILLI

Mais vous vivez sans loix.

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