AN N KIT
Va, laisse-moi : je ne suis plus tranquille;
Nous nous aimons comme à la ville, L'amour feia notre tourment.
Je t'aime, et je voadrois L'en faire des reproches,
Je tremhle dés que lu m'âpprocheé; Je t'ai cru mon ami, tu n'es que mou amant.
ROMANCE Air noté N° 10. — Il est donc vrai, Lucile.
Jeune et novice encore, J'aime de bonne foi :
Cet amour que jlgnore Kst venu malgré moi :
Je ne sçavois pas même Sou nom jusqu'à ce jour.
Hélas! des que l'on aime, On a donc de l'amour?
Ta voix seule me louche, Par un charme flatteur; Chaque mol <le ta bouche Passe jusqu'à mou cœur.
Loin de toi, la Bergère N'auroit pas un beau jour, llelas! comment donc faire Pour n'avoir point d'amour?
Des fleurs que lu me cueilles Je me paie, au malin :
Le soir, tu les effeuilles Pour parfumer mon sein.
Ton soin esl de me plaire :
C'est le mien chaque jour.
Hélas! comment donc l'aire Pour n'avoir point d'amour'.'
LUBIN
Notre amitié, ma chère, est lionne :
Tenons-nous-y.
ANNETTE
Mais en elïet.
Luhin quel mal avons-nous fait?
LUBIN
Air unie .Y" //.
Le cœur de mon Annette,
El le mien ne l'ont qu'un Moutons, chien et houlette.
Chez nous tout est commun.
VVNKI TE
Eh ! mais, oui-dà :
Comment peut-on trouver du mal à ça?
ENSEMBLE Oh ! neuni du ; Comment peut-on trouver du mal à ça
LUBIN
Tes lèvres demi-closes Hespiienl un air Irais :
Croyant sentir les roses.
Je m'approche tout prés.
Eh ! mais, etc.
Une abeille farouche, In jour, piqua la main,
ANNETTE
Un baiser de ta bouche En fut le médecin.
Eh ! mais. etc.
LUBIN
Tu le sens ,i la gène, Le soir, dans ton corset ; Moi. te voyant en peine.
Je délais ton lacet.
Ëh ! mais, etc.
Quelquefois lu sommeilles Doucement dans mes bras.
ANNKTTE
Quelquefois tu m'éveilles : Mais je ne m'en plains pas.
Eh ! mais. etc.
LUBIN
Souvent sous celte treille Mon Annette s'endort, Et ma voix la réveille.
ANNKTTE
Je m'en plaimlrois à tort.
Eh ! mais, etc.
LUBIN Quand la chaleur ardente, L'Eté, se fait sentir, Doucement je t'évente.
ANKTTE
C'est pour me rafraîchir.
Eh ! mais, etc.
LUBIN
J'allume des bourrées,
Quand viennent les grands froids.
De mes mains réchauffées
Je réchauffe les doigts.
YA\ ! mais, etc.
En courant sur Fberbette, Tu cassas ton lacet.
Tu donnas ta rosette Pour serrer mon corset.
Eli ! mais, etc.
ENSEMBLE
Oh ! nenni du, etc.
ANNETTE Mais voilà tout pourtant : il dit que c'est un crime. Est-il donc vrai, Luhin '.'
LUBIN
Cesse de t'allarmer:
C'est un mal de haïr : c'est un hien que d'aimer.
ANNETTE Pour rendre l'amour légitime, Il faut qu'on se marie.
LUBIN
Eh! hien!
Marions-nous.
ANNETTE
Comment faut-il s'y prendre?
LUBIN
Comment? Ma foi, je n'en sçais rien :
Le Bailli pourra nous l'apprendre.
ANNETTE
N'y compte pas : c'est lui qui prétend m'épouser.
C'est donc pour lui qu'il ose proposer...
ANNETTE Le voilà : je suis toute en transe,
LUBIN
A son aspect, je me sens en fureur.
Et je vais lui parler...
ANNETTE
Oui, niais avec douceur; Je l'exige de toi.
Soit.
LUBIN
ANNETTE
Je fuis sa présence.
(Elle rentre dans la cabane)