‹ Annette & LubinChapitre 7 sur 39 · AN N KIT · texte numérisé non relu

AN N KIT

Va, laisse-moi : je ne suis plus tranquille;

Nous nous aimons comme à la ville, L'amour feia notre tourment.

Je t'aime, et je voadrois L'en faire des reproches,

Je tremhle dés que lu m'âpprocheé; Je t'ai cru mon ami, tu n'es que mou amant.

ROMANCE Air noté N° 10. — Il est donc vrai, Lucile.

Jeune et novice encore, J'aime de bonne foi :

Cet amour que jlgnore Kst venu malgré moi :

Je ne sçavois pas même Sou nom jusqu'à ce jour.

Hélas! des que l'on aime, On a donc de l'amour?

Ta voix seule me louche, Par un charme flatteur; Chaque mol <le ta bouche Passe jusqu'à mou cœur.

Loin de toi, la Bergère N'auroit pas un beau jour, llelas! comment donc faire Pour n'avoir point d'amour?

Des fleurs que lu me cueilles Je me paie, au malin :

Le soir, tu les effeuilles Pour parfumer mon sein.

Ton soin esl de me plaire :

C'est le mien chaque jour.

Hélas! comment donc l'aire Pour n'avoir point d'amour'.'

LUBIN

Notre amitié, ma chère, est lionne :

Tenons-nous-y.

ANNETTE

Mais en elïet.

Luhin quel mal avons-nous fait?

LUBIN

Air unie .Y" //.

Le cœur de mon Annette,

El le mien ne l'ont qu'un Moutons, chien et houlette.

Chez nous tout est commun.

VVNKI TE

Eh ! mais, oui-dà :

Comment peut-on trouver du mal à ça?

ENSEMBLE Oh ! neuni du ; Comment peut-on trouver du mal à ça

LUBIN

Tes lèvres demi-closes Hespiienl un air Irais :

Croyant sentir les roses.

Je m'approche tout prés.

Eh ! mais, etc.

Une abeille farouche, In jour, piqua la main,

ANNETTE

Un baiser de ta bouche En fut le médecin.

Eh ! mais. etc.

LUBIN

Tu le sens ,i la gène, Le soir, dans ton corset ; Moi. te voyant en peine.

Je délais ton lacet.

Ëh ! mais, etc.

Quelquefois lu sommeilles Doucement dans mes bras.

ANNKTTE

Quelquefois tu m'éveilles : Mais je ne m'en plains pas.

Eh ! mais. etc.

LUBIN

Souvent sous celte treille Mon Annette s'endort, Et ma voix la réveille.

ANNKTTE

Je m'en plaimlrois à tort.

Eh ! mais, etc.

LUBIN Quand la chaleur ardente, L'Eté, se fait sentir, Doucement je t'évente.

ANKTTE

C'est pour me rafraîchir.

Eh ! mais, etc.

LUBIN

J'allume des bourrées,

Quand viennent les grands froids.

De mes mains réchauffées

Je réchauffe les doigts.

YA\ ! mais, etc.

En courant sur Fberbette, Tu cassas ton lacet.

Tu donnas ta rosette Pour serrer mon corset.

Eli ! mais, etc.

ENSEMBLE

Oh ! nenni du, etc.

ANNETTE Mais voilà tout pourtant : il dit que c'est un crime. Est-il donc vrai, Luhin '.'

LUBIN

Cesse de t'allarmer:

C'est un mal de haïr : c'est un hien que d'aimer.

ANNETTE Pour rendre l'amour légitime, Il faut qu'on se marie.

LUBIN

Eh! hien!

Marions-nous.

ANNETTE

Comment faut-il s'y prendre?

LUBIN

Comment? Ma foi, je n'en sçais rien :

Le Bailli pourra nous l'apprendre.

ANNETTE

N'y compte pas : c'est lui qui prétend m'épouser.

C'est donc pour lui qu'il ose proposer...

ANNETTE Le voilà : je suis toute en transe,

LUBIN

A son aspect, je me sens en fureur.

Et je vais lui parler...

ANNETTE

Oui, niais avec douceur; Je l'exige de toi.

Soit.

LUBIN

ANNETTE

Je fuis sa présence.

(Elle rentre dans la cabane)

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