‹ Annibal dans les AlpesChapitre 14 sur 89 · CD · texte numérisé non relu

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aux distances : le continent en effet est à huit journées de marche de la mer.

Or, toute la rive gauche du Rhône depuis Lyon est tonnée par une large plaine, dans laquelle les chemins peuvent être tracés tout droit sans se détourner pour éviter des obstacles. La Table de Peulinger indique une route qui allait de la mer (Fossis Marianis, aujourd'hui Foz) à Lyon, en passant par Arles, Avignon, Orange, Valence et Vienne.

La distance de la mer au confluent de l'Isère est de 204 kilomètres 24, ce qui donne 25 kilomètres 5 par jour de marche.

De la mer au confluent de la Saône, elle est de 29G kilomètres (1), ce qui donne 37 kilomètres, étape moyenne inadmissible.

Ainsi l'Isère convient mieux au point de vue de la distance.

Le contour de l'Ile. — Le deuxième moyen de vérification se rapporte à l'Ile même. Le pays compris entre le Rhône, l'Isère, et les montagnes qui bordent à l'ouest la vallée de Cliambéry, ressemble assez pour la grandeur et pour la forme au Delta d'Egypte.

La couronne de montagnes qui s'étend de Grenoble à l'extrémité du lac du Bourget correspond au côté maritime. Avec ses sommets élevés, ses cols difficiles, ses pentes abruptes, elle représente les montagnes de Polybe.

L identification peut être regardée provisoirement comme suffisante.

Le point de passage. — Elle conduit à placer le point de

(1) Voici le détail des distances comptées en milles romains et converties en kilomètres :

Des Fossis Marianis à Orange, 74 milles ou 101) k. 520.

D'Orange à Valence, 64 milles ou ÎH k. 720.

De Valence à Lyon, <Î2 milles ou 91 k. 7(>().

En comptant les distances le long des routes actuelles, ou même le Ion» du fleuve en en suivant grossièrement les sinuosités, on trouve des chi lires peu dilïérents, plus commodes même au point de vue de la discussion. Nous avons préféré suivre la Table de Peutmger, parce que les routes indiquées, foules postérieures qu'elles sont, se rapprochent beaucoup, à notre avis, dés l>istes anciennement suivies. Knlin, dans nos chiffres, nous avons admis les corrections données pour la distance Arausione-Avenionne (20 milles au lieu de 15), quoiqu'elle nous semble insuffisamment justiliéc ; de Bationa à Valentia, dous avons fait également la rectification de Desjardins, soit 19 milles, quoique le chiffre 18 milles ait été regardé parfois comme préférable.

passage vis-à-vis d'Orange, à 110 kilomètres de la nier; cette distance s'accorde avec les quatre journées de marche dont a parlé Polybe. C'est bien cette région qu'ont adoptée les mémoires les plus récents; seulement, on a quelquefois précisé, et on a dit, au lieu d'Orange, Roquemaure ou l'Ardoise ou Montfaucon, ce qui nous importe peu.

L'opinion de Napoléon. — C'est aussi l'opinion que Napoléon Ier avait exprimée en la justifiant par des raisons militaires (1).

« Annibal, dit-il, passa le Rhône au-dessus de L'embouchure » de la Durance, et au-dessous de l'embouchure de l'Ardèche. Jl » passa au-dessus de l'embouchure de la Durance, parce qu'il ne » voulait point se diriger sur le Var ; il passa au-dessous de l'em- » bouchure de l'Ardèche, parce que là commence cette chaîne de » montagnes qui domine presque à pic la rive droite du Rhône » jusqu'à Lyon, tandis que la vallée sur la rive gauche est large » de plusieurs lieues ; elle s'étend jusqu'au pied des Alpes. Do » l'embouchure du Rhône jusqu'au confluent de l'Ardèche, il y » a vingt-huit lieues ; il est probable qu'Annibal a passé quatre » lieues plus bas, à la hauteur d'Orange. »

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