LA QUESTION
Départ d'Espagne. — L'an 218 avant J.-C, au début de la deuxième guerre punique, Annibal quitte l'Espagne, à la lête d'une armée de 50,000 hommes de pied et 9,000 chevaux; il prend sa marche vers l'Italie. Auparavant, il avait fait reconnaître les pays qu'il devait traverser; il avait ouvert des négociations avec les chefs gaulois, tant avec ceux de la Cisalpine qu'avec ceux qui demeuraient dans les Alpes mêmes. Ses courriers lui avaient l'ail espérer un accueil favorable des populations ; ils lui avaient appris aussi la hauteur extraordinaire des Alpes et les fatigues qu'il devrait essuyer dans le passage.
C'est seulement après avoir reçu ces renseignements, qu'Annibal s'était mis en route.
La route. — Après avoir franchi les Pyrénées orientales, il s'avança sans difficulté à travers le sud de la Gaule, parvint
jusqu'au Rhône et le traversa de vive force à quatre journées audessus de son embouchure. De là, il prit résolument son chemin vers l'Italie en remontant le fleuve. Une armée romaine qui venait du sud, espérant lui couper le chemin au passage du Rhône, arriva (rois jours trop tard ; elle n'osa s'engager à la suite des Carthaginois et rebroussa chemin. Le consul qui la commandait, Publius Scipion, comptait avoir le temps de rentrer en Italie et d'attendre Annibal au débouché des montagnes.
L'arrivée en Italie. — Mais Annibal marchait rapidement. Arrive par un pays de plaine à l'entrée des Alpes, il s'était engagé dans les montagnes, les avait gravies au prix de dures fatigues et de sanglants combats, s'était reposé deux jours à leur sommet, et était enfin descendu dans les plaines du Pô.
C'est cet itinéraire dans les Alpes même que nous nous proposons d'étudier.