LE RHONE DES ANCIENS
Le Rhône des anciens serait alors le Rhône bifurqué, compre-
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nant encore une branche méridionale passant par Chambéry. Celle-ci aurait été la première connue des Italiens, et c'est à elle que Polybe et César auraient donné le nom de Rhône.
Les Gaulois, mieux renseignés, donnaient le nom d'Ile à la zone interfluviale ainsi embrassée.
En admettant le croquis ci-contre, les difficultés se trouvent expliquées. La marche d'Annibal devient toute simple.
Le texte de Polybe. — Le Rhône est bien celui qu'a décrit Polybe, coulant vers le couchant d'hiver, encaissé dans une vallée sur la plus grande partie de son cours. Annibal a dû le longer depuis le passage jusqu'à la montée des Alpes, près du contl tient de l'Arc ; ce chemin s'est développé sur une longueur approximative de 1,400 stades ou 249 kilomètres. Le général carthaginois allait vers l'orient comme pour gagner le cœur de l'Europe. L'expression « vers l'orient » est inspirée par les cartes routières de l'époque, dont la Table de Peutinger est un perfectionnement ultérieur.
Ainsi ce refrain monotone: « le long du fleuve », « le long du fleuve», qui paraissait contredire tout le reste, le voilà devenu l'appui de notre restitution. L'historien grec a, par un seul trait de plume, dépeint le fleuve et le chemin ; dans son esquisse sommaire, il n'a pas tenu compte des sinuosités.