‹ Annibal dans les AlpesChapitre 82 sur 89 · MARCHE D'ANNIBAL · texte numérisé non relu

MARCHE D'ANNIBAL

Annibal a passé le Rhône près de Roquemaure. Il a remonté la rive gauche de ce fleuve, puis la rive gauche de l'Isère, et enfin la vallée de l'Arc. De là il est arrivé au Petit Mont Cenis et a gagné la vallée de la Doire Ripai re par le col du Clapier. L'Ile, le Drao (Druentia de Tile-Live), la vallée du Graisivaudan, le col du Grand Cucheron (commencement de la montée des Alpes), la vallée de l'Arc, la position d'Amodon (leukopetron), le col du Clapier avec son plateau propre au campement, sa vue de l'Italie et sa descente escarpée, jalonnent le parcours dent Polybe nous a laissé le récit.

Cet itinéraire n'est pas entièrement nouveau : une assez grande partie a été découverte ou précisée par M. le colonel Perrin. Mais nous l'expliquons d'une manière nouvelle, en disant que les anciens ont donné le nom de Rhône à l'Isère actuelle, parce que le Rhône avait une branche méridionale reliée à la branche

septentrionale par un bras de communication que des modifications locales de l'écorce terrestre ont t'ait insensiblement disparaître.

Le récii à peu près contemporain de Polybe, incompréhensible de toute autre manière, devient alors littéralement exact. Le récit de Tite-Live est d'un bout à l'autre le même que celui de l'historien grec. 11 a de plus nommé les peuples rencontrés par Annibal, mais il a fait précéder cette énumération d'une transition de trois mots qui constitue une erreur (sedatis certaminibus Àllobrogum). Cette transition supprimée, non seulement son récit concorde parfaitement avec celui de Polybe, mais encore il le confirme, en nous nommant l'extrême frontière des Voconces et les Tricoriens, en nous décrivant fidèlement le Drac (l)rucntia), et la vallée du Graisivaudan qui mène aux Alpes.

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