‹ Annibal dans les AlpesChapitre 86 sur 89 · UN DERNIER MOT · texte numérisé non relu

UN DERNIER MOT

Sans doute, les explications que nous venons de donner pourraient avoir une base plus simple ne modifiant pas la topograghie

actuelle da terrain. Il suffirait d'admettre que Poiybe ;i regardé l'Isère comme le cours principal (Rhône), qu'il a regardé la branche venant de Vienne comme l'affluent (Scaras), celle erreur aurait été partagée par quelques écrivains postérieurs. Une

pareille contusion (1) ne sérail pas sans exemple dans l'antiquité. Dr nos jours même, a -l-on déterminé sans discussion la source de la Seine, celle du Rhône?

On pourrait admettre aussi que le régime des eaux s'est modifié, que l'Isère avait pour des motifs inconnus un débit plus considérable ; ne sait-on pas ainsi que l'Allier guéable maintenant à beaucoup d'endroits ne l'était que très peu au temps de César?

Nous pensons que ce serait seulement une demi-vérité. Il est possible que Polybe donnât le nom de Rhône aux eaux actuelles de l'Isère en amont de Mont mélian ; l'interprétation du texte deviendrait ainsi plus rigoureuse, puisque l'Isère, depuis ses sources, serait le fleuve qu'il a appelé le Rhône. Mais il y avait en plus un épancliemenl des eaux venant du lac de Genève par la vallée du Graisivaudan. C'est peut-être le Rhône qu'a vu César.

La comparaison du régime des eaux, l'examen du terrain, la naissance tardive de Chambéry, la disparition graduelle des malais de l'Albanne constatée par les historiens locaux, l'interprétation moins obscure de quelques opérations militaires, les

(1) Cette confusion peut-elle se justifier par les chiffres*? D'après Lenthéric (Le Rhône, 11" partie, ch. XI), les débits extrêmes du Rhône sont les suivants :

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