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montagne?. . . Non seulement il ne suit pas une vallée, mais il traverse une crête séparant deux bassins ; M. Chappuis a passé rapidement sur cette partie de Titinéraire qu'il décrit en deux lignes (1). Les dislances qu'il indique (2) ne sont nullement prises le long du fleuve ; il est même impossible, par cet itinéraire, d'en trouver 500 le long d'un fleuve ! Notre afllrmation est facile à vérifier sur une carte quelconque.
Quant aux indications topographiques données par Tauteur grec: « Tant qu'il fut dans le pays plat, les petits chefs allobroges se continrent », nous ne croyons pas qu'elles puissent être retrouvées dans l'itinéraire proposé par M. Chappuis. Cet auteur nous dit bien que c pour Polybe, ce passage des chaînes subal- » pines n'est pas un pays de grande montagne ; que c'est, relati- » vement au passage des Alpes proprement dites, un pays de » plaine (3) », nous ne sommes pas convaincus. Nous persistons à croire que le pays plat est une plaine, et la plaine un pays plat ; et nous préférons nous en tenir rigoureusement au texte.
L'entrée des Alpes. — M. Chappuis place ensuite l'entrée des Alpes immédiatement après le passage de la Durance, supprimant ainsi toute la partie de la marche comprise entre le passage de la Druentia et l'arrivée aux Alpes ; cette entrée est pour lui dans la vallée de l'Ubaye, vers le fort Saint-Vincent et le Lauzat.
Nous ne discuterons pas l'habile identification qu'il a établie de la première attaque (4), il faudrait pour cela avoir passé plusieurs jours sur les lieux, ce que nous avons jugé inutile de faire. Nous rdppellerons simplement à ce propos une phrase du colonel Hennebert, fort méchante d'ailleurs à l'égard de tous les auteurs sans distinction : a On peut voir et l'on voit effectivement, dit-il, » tout ce qu'on veut dans les Alpes; partout les ressemblances » sont frappantes pour des yeux prévenus en faveur d'un système » longtemps caressé (5). »
(1) Annibal dans les Alpes, p. 26 : « de là (Livron et Allex) il remonte la » vallée de la Drônie, passe le col de Cabre, descend les vallées du Buech, » et va par Gap et Chorges jusqu'aux bords de la Durance. »
(2) Dans la note 2, page 26.
(3) Page 26.
(4) Page 31 et suivantes.
(5) Tome II, liv. V, chap. II, p. 72.
Mais il est un point néanmoins que nous pouvons discuter à propos de ce premier combat, parce qu'il relève directement du texte, et nullement du terrain. « Quand les troypes d'Annibal > commencèrent à s'engager dans les terrains difficiles, dit » Polybe, les chefs allobroges concentrèrent des forces suffl- » santés et occupèrent les positions favorables. » M. Chappuis est évidemment gêné par ce mot précis d'Allobroges qui est répété à deux reprises dans le passage en question, et il essaie de se tirer d'embarras en disant que « la confédération allobrogique B ne comprenait de la vallée de Barcelonnette que la partie infé- » rieure (1). » Nous ne croyons pas que les Allobroges se soient étendus jusque-là ; les données qui ont été recueillies jusqu'à ce jour sur l'histoire de ce peuple sont en contradiction avec cette opinion.
Le col, le campement et la vue de l'Italie. — Si nous continuons à suivre M. Chappuis dans son ascension, il nous mène après le deuxième combat au col de la Roure (2,750"), pour passer dans la vallée de la Vraïta. Pour nous faire accepter le passage par ce col, il est obligé d'admettre de « prodigieux changements » qui consistent en éboulements, élargissements de ravins, augmentation de la raideur des pentes (2), etc. . . Puis, ce n'est qu'après avoir franchi les Alpes qu'Annibal campe dans le vallon de Lautarèt (3), tandis que Polybe dit : « Le neuvième » jour, il atteignit le col, y campa, et s'y arrêta deux jours. » Et plus loin: « Le lendemain, il leva le camp, et commença la » descente. »
Il ne peut d'ailleurs, ni du vallon, ni de ses alentours, montrer les plaines du Pô à ses hommes, et il n'a nullement la vue de ritalie décrite par Polybe ; nous en sommes donc réduits à admettre encore que tous ces termes sont des termes figurés, et qu'Annibal a réconforté ses soldats par des fleurs de rhétorique.
La descente. — L'identification de la descente que M. Chappuis fait très habilement (autant que la seule lecture
(1) Page 37.
(2) Page 48.
(3) Pages 60 et 61.
peut nous permettre d'en juger), nous parait être néanmoias en défaut dès le début, quand il prétend que le campement doit se trouver « au pied du col (1) » que l'armée vient de franchir. Si c'est ce que la topographie du col de la Roure montre à ses yeux, ce n'est pas ce que le texte grec montre aux nôtres; Polybe n'a nullement donné pareille indication. M. Chappuis prend ensuite comme « données topographiques ayant quelque chose de plus varié et de plus spécial (2) » des membres de phrases qui peuvent s'appliquer à n'importe quel col des Alpes, et nous nous étonnons que cet alpiniste éprouvé ait conclu après leur énumération : « Voilà ce qu'on ne trouvera dans aucune autre partie des » Alpes (3). »
Nous prétendons précisément trouver ailleurs un itinéraire Fépondant aux conditions topographiques imposées par les textes, et sans avoir besoin de les « interpréter ».
(1) Page 50.
(2) Chappuis, Annibal dans les Alpes, p. 61.
(3) Id. id. p. 62.