‹ Annibal dans les Alpes (volume 2)Chapitre 54 sur 85 · LE RHONE DE POLYBE · texte numérisé non relu

LE RHONE DE POLYBE

Commençons par Polybe. C'est dans le livre III à propos d'Ânnibal que se trouvent les deux citations que nous allons rapporter.

Une citation. — Voici la première. Annibal vient de traverser le Rhône de vive force et de faire passer les éléphants sur

la rive gauche : avaXal^wv 'Awi^aç tcùç èXé^avta; /.a'i tcj^ iTrirîtç -npsfJYe

TO'J'zoïq à'^TOupaYwv zapi tbv xcTajJLCV àizo OaXaTTr^^ wç £7:1 ty;v ew, ttcio,;- [JLSV5Î Tr;v Tcopîiav co; elç tJ;v [xsasyaicv TfJ^ Eipto-Kt;;. ô 5è *PcBavcç iyei ta^ [JL£V xTi^iç uxèp tsv 'AîpiaTixbv [xu^sv 7:pbç Tr^v k(7T:ip(x^ vsuo jffa^, àv tciç àroxXivc'jŒt [JL^psji Twv "Aatscov w^ TTpbç T^ç «pxTCu;, ^£t 8è xpbç âyc£t; X£tiJi.£ptva^, £x3aXX£i S'e'.çto Sapîwov xéXavc;. ^épEiai B'èxt xoXù $t' aûXôvoç, c3 xpb^ jJLEv -ciç apxTsu; *'Ap$u£^ KeXto» xaTCixouffi, T/;v î'àxb* [xectTiIjl- Pp(aç a JTCU xX£i>piv spi^cudi xajav al xpbç apxTov xExXtjx^vai t<ov ^'AXxewv xapîipEtat. Ta 82 x£B(a Ta x£p\ tov Ûa5ov, 6xèp oiv Tf;jji.îv £tpt;Taiêià xXeiivwv, àxb TOÎ xaTa Tbv *Poîavbv ajXwvo^ ha'^eu^'^ÙG'j^iy al twv xpO£tpr^|JLév(*)v opwv àxp(op£iai, XajJL^avsujai Tr;v àp^^jV àxb MajdaXta; Iwç èxi Tbv tsu xavTb; *A5pia [jLU)f5v' aç t60' ux£papaç 'Avvt^a^ ixb twv xaTa Tbv *Pc5avbv tsxwv

èvégaX£v elq 'haXiav (1). « Annibal ayant rassemblé les éléphants et » la cavalerie, les plaça à Tarrière-garde et prit les devants ; il » marcha le long du fleuve de la mer vers l'orient, comme s'il eût » voulu cheminer vers le centre de l'Europe. Le Rhône a ses » sources au-dessus du golfe Adriatique, sur le versant occi- » dental, dans cette partie des Alpes qui regarde au nord ; il coule » vers le couchant d'hiver et se jette dans la mer de Sardaigne. » La plus grande partie de son cours se développe à travers une » vallée dont les Celtes Ardyens habitent le nord ; toute la partie » méridionale est bordée par le versant septentrional des Alpes ; » les plaines du Pô, dont nous parlerons à plusieurs reprises, » sont séparées de la vallée du Rhône par les cimes des monla- » gnes précitées, qui, commençant à Marseille, s'étendent jusqu'à » Texlrémilé du golfe Adriatique, et qu'Annibal traversa pour » pénétrer du Rhône en Italie. »

Singularité. — Voilà une description donnée par un témoin renommé pour sa sincérité (2), et qui avait fait le voyage dans le but d'étudier le terrain sur place. Certainement, tous les mots portent, mais à faux semble-t-il, et on peut se demander à travers quel prisme Polybe a regardé. Le sens est aussi précis que formel ; le Rhône coule vers le couchant d'hiver, c'est-à-dire vers

(1) Polybe m. 47. 1, 2. 3. 4. 5. Ed Hultsch, 1888, p. 250 el 251.

(2) Appréciation de M. Pierron sur Polybe : « Nul historien n'a jamais été » ni plus passionné pour la vérité, ni plus exact dans le récit des faits, ni » plus judicieux dans leur appréciation. ïl a la conscience, le savoir, le coup » d'œil ; il ne déclame jamais. »

le sud-ouest, et s'en va dans la mer de Sardaigne ; il n'est pas

question de boucle ni de lacets.

C'est ce que traduit le croquis ci-dessous, dans lequel la vallée

est également figurée :

., Sources du Rhône

AN

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