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Plaines du Pô
Mer de Sardaigne
El le lac de Genève, et le Sàint-Gothard ? La dissemblance est si choquante que Buchon en 1838 a cru devoir rectifier la traduction, mais il Ta lait sans prévenir, sans dire qu'il ne reproduisait pas la pensée de Tauteur. Il a écrit : « Car le Rhône a ses sources sur » le versant occidental des Alpes et au-dessus du golfe Adriati- » que, et coule du nord au sud (1). »
Et on ne peut songer à invoquer un lapsus de P.olybe, puis qu'Annibal remontant le cours du Rhône s'est dirigé « vers l'orient, » comme s'il eût voulu cheminer vers le centre de l'Europe ».
Autre citation. — Ainsi, le récit sonne faux d'un bout à l'autre ; mais Polybe est bien d'accord avec lui-même ; pour lui, le Rhône coule immédiatement au pied du massif des Alpes. Il le répèle encore dans un autre passage : twv S^AXxewv èxaTépa; Tijç
TTAsupaç, Tfjç STi Tov *PcBavcv TSTajJi.bv xal Tfjç ït:: Ta 7:pc£ipr^jji.£va TsSia veucuffr^ç, toùç pouvto^stç xal -^eili^eiq to-jugu^ xaTStxoOat tcjç jxèv èirl tov *Pobavbv xai Tiç apxtcug £aTpajJi.iJi.iVOU^ FaXaTai TpavaaXTwîvct TrpccjaYspsui- (j.£voi, Tojç 5*£xl Ta 7:£5ta Tauptoxct xa'i "'Ay(*)V£; xal izXiiti) v^vr, ^apPipwv
(1) Ouvrages historiques de Polybe, Hérodien et Zozime. Paris, 1838. Auguste Desrez, imprimeur-libraire. Livre III, ch. ix, p. 99.
sTspa (1). « Les deux côtés des Alpes, dont Tun regarde le Rhône » et le Septentrion, et Tautre les campagnes dont nous venons de » parler, ces deux côtés, dis-je, sont habités, le premier par les » Gaulois transalpins, et le second par les Taurisques, les Agones, » et plusieurs autres sortes de barbares (2). »
Et d'autre part, d'après le témoignage de Polybe, Annibal en quittant le coun du Hhône $'est bien directement engagé dans les Alpes : « Annibal ayant parcouru en dix jours huit cents stades le » long du fleuve (à partir du confluent), commença à gravir les » Alpes. »
Ainsi donc, Polybe nous décrit un Rhône qui nous semble très différent du Rhône contemporain ; mais Fauteur grec est précis, formel, et ne se contredit nulle part. Son fleuve coule dans la direction générale du sud-ouest, et il borde constamment le massif des Alpes, conditions que ne remplit pas le Rhône actuel, en particulier dans tout le grand angle qu'il forme vers Lyon ; enfin, si l'on suit le fleuve pendant 800 stades à partir du confluent, on doit arriver au point où Annibal a quitté la vallée pour entrer dans les Alpes.