‹ Annibal en GauleChapitre 24 sur 32 · XIII. - ANCIENS CHEMINS DES ALPES · texte numérisé non relu

XIII. - ANCIENS CHEMINS DES ALPES

prendre le chemin des Alpes par Aouste (Augusta) ; mais qu'elle avait passé outre dans la direction de l'intérieur des terres, comme le dit Polybe. Par conséquent, le consul Publius Scipion, à son retour en Italie pour y attendre Annibal à la sortie des Alpes, ne pouvait songer à prendre position au débouché commun des deux chemins qui arrivaient du Bas-Rhône par le pays des Taurini. Il dut donc aller l'attendre au-delà de Turin du côté de Test. Et effectivement il alla prendre position vers l'embouchure du Tésin dans le Pô, afin de surveiller les deux autres débouchés de chemins des Alpes ; mais cette position en était si loin, comme nous l'avons déjà fait remarquer précédemment, qu'à vrai dire il ne pouvait surveiller ni l'un ni l'autre de ces deux débouchés.

2"^ Par le pays des Salassi débouchaient en Italie trois chemins qui venaient de la rive gauche du Rhône à travers les Alpes. Deux y arrivaient par les Alpes Graies(per Alpes Graias^ par le petit Saint-Bernard), le troisième par les Alpes Pennines {per Alpes Penninas, par le grand Saint- Bernard). L'un des deux premiers partait de Vienne et gagnait d'abord Aoste {Augiistunij près de l'embouchure du Guiers); de ce point, Annibal Ta suivi jusqu'à Lemincum, De là, le chemin gagnait Montmeillan ; d'où, sans passer l'Isère, il remontait par lé pays des Cen^rone^, comme nous Tavons dit plus haut. Le second de ces deux chemins des Alpes Graies partait de Genève, et, coupant au plus court par Annecy {Bautas), venait se réunir au premier à Moutiers {Darantasia Centronum); d'où ces deux

chemins réunis en un seul allaient franchir le col des Alpes Graies, et descendre ensuite dans la vallée de la Grande-Doire. Mais, en descendant par celte vallée et avant de parvenir en Italie, ils s'unissaient encore au troisième chemin, celui des Alpes Pennines, lequel arrivait de Martigny-en-Yalais (Octodurm), non sans de rudes difficultés à surmonter; et enfin le chemin unique, résultant de ces trois chemins réunis, débouchait en Italie par le pays des Salassi, c'est-à-dire par Aoste {Augusta prxloria Salassoi'um) et Ivrée {Eporedia).

S"" Quant aux chemins qui arrivaient en Italie par le pays des Rhœti (Simplon, Saint-Gothard, Spliigen), les Itinéraires d'Antonin n'en parlent pas. Du reste, Annibal n'eût pu prendre que le premier de ces trois chemins, celui du Simplon, qui venait des bords du Rhône et qui débouchait en Italie par Domo-d'Ossola {Oscela Lepontiorum) ; mais il ne parait pas qu'il ait été possible, avant les travaux d'art, de descendre par ce chemin avec une armée, au versant italien près de Gondo.

Strabon, qui écrivait sa géographie du temps d'Auguste, dit que celui de ces chemins des Alpes qui traverse le pays des Cmtrones est le plus long; mais le meilleur, et qu'on y peut passer avec des chars (1).

Voilà, en résumé^ à quoi se réduisent les notions que nous ont transmises les anciens, concernant les passages

(1) C'est ce chemin-là que prit Jules César pour aller envahir la Gaule transalpine, 160 ans après l'expédition d'AnnibaL

Page 1