AVANT-PROPOS. XI
migrations invraisemblables, en sens inverse de celles qui pourraient être admises si tout ne prouvait qu'il n'y en eut aucune entre Annibal et l'époque de la conquête, etc.
Les causes d'erreur qui ont égaré Deluc et Larauza n'existent plus aujourd'hui. Depuis les travaux de Dorpfeld, on sait que le stade grec est de i77",5o environ, et non de i85 mètres, comme le supposaient ces deux historiens. Cette valeur est en parfait accord avec le renseignement de Strabon (VII, 7) d'après lequel Polybe comptait 8 stades i/3 dans le mille romain d'environ i48o mètres*. Nous disposons, en outre, de cartes précises, de carnets d'étapes, de guides, etc., grâce auxquels nous ne pouvons commettre d'erreurs dans l évaluation des distances sur les routes modernes.
Munis de ces éléments de travail parfaits, nous reprenons la comparaison des longueurs
* Le stade de 8 au mille n'a été adopté qu'à partir d'Artémidore, un demi-siècle après la conquête de la Grèce par les Romains, pour faciliter les relations entre les deux peuples. On n'attribue plus, aujourd'hui, aucune importance à la phrase de Polybe où il déclare que le chemin d'Espagne en Italie a été jalonné de 8 en 8 stades par les Romains. On y voit généralement une interpolation, postérieure à la réforme d'Artémidore ; d'autres savants estiment simplement que Polybe a voulu abréger le discours dans ce passage, où une précision extrême était superflue.