‹ Annibal en GauleChapitre 5 sur 44 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

relevées sur la carte avec celles que nous indique Polybe.

Quelle exactitude faut-il attribuer à ces dernières? Polybe indique parfois, au cours du récit ou dans une digression géographique^ des distances en chiffres ronds, estimées d'une manière très vague. C'est une conséquence de l'esprit pratique dans lequel est conçu son ouvrage : il veut présenter h ses lecteurs des idées générales, et ne pas les égarer dans les détails ; il ne cite pas plus de chiffres précis qu'il ne nomme de petites localités. Parlant k des Grecs, il esquisse à grands traits la géographie de l'Occident, donne les dimensions de l'Espagne, de la Gaule, en milliers de stades, évalue enfin le rapport de l'une a l'autre avec une approximation grossière pour n'employer que les nombres les plus simples.

Tel n'est pas le cas pour la série des distances mesurées entre Gibraltar et l'Italie : elles sont données en centaines de stades, c'est-à-dire à cent stades près (17 à 18 kilomètres). Nous pouvons vérifier les trois premières, car nous en connaissons les extrémités : de Gibraltar à Garthagène, à Tortose, à Ampurias, le tracé des chemins est fixé par le terrain ; ceux que Polybe a connus ne diffèrent pas sensiblement

AVANT-PROPOS. XHI

de ceux que nous pouvons leur comparer. Or, nulle part nous ne trouvons un écart supérieur à lo kilomëtres entre le chiffre de Polybe et celui que nous relevons sur les meilleures cartes modernes ; le long de ces côtes escarpées , k travers les sierras, nous constatons que les mesures de Thistorien grec sont aussi exactes que le comporte Funité adoptée.

Rien ne permet de supposer qu'il n'en doit pas être de même au delà d'Ampurias. Nous ignorons comment les mesures ont été prises, mais elles sont données ensemble, dans un paragraphe isolé du récit, et forment une série complète , homogène ; elles résultent assurément d'un travail unique poursuivi d'un bout à l'autre avec les mêmes moyens et la même conscience.

Personne, du reste, n'a jamais songé à le mettre en doute, et les historiens qui sont partis de données vagues, toutes différentes de celle-ci, se sont astreints à mettre leurs solutions d'accord avec ces chiffres si essentiels, au moyen de divers artifices que nous détaillerons.

Nous prendrons donc les distances données par Polybe, telles quelles, pour point de départ de nos recherches, et nous les comparerons aux

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