ATANT-PROPOS. XIX
ont joué un rôle important dans la marche d^Annibal sont celles qui le joueraient encore aujourd'hui.
Il est évident, d'après ce qui précède, que, pour déterminer le chemin d'Annrbal par la méthode que nous avons employée, il sufBrait à la rigueur de connaître la valeur du stade grec, et d'avoir de bonnes cartes. Mais si Ton veut compléter la discussion, apprécier les arguments qui peuvent être proposés en faveur des diverses solutions, il faut connaître plus ou moins sommairement les sources et les procédés de travail de Polybe et de Tite-Live, le degré de confiance que mérite chacune de leurs indications ; il faut aussi quelques notions sur l'état physique, la viabilité, la population des pays qu'Annibal a traversés. Les» historiens citent, en général, les détails qui intéressent directement leur système et qui, présentés seuls et de la manière voulue, prédisposent en leur faveur. Nous avons tenu à agir autrement et à donner d'abord un aperçu général de toute la région rhodanienne ; nous avons résumé ensuite les idées les plus ordinairement admises sur les textes et la méthode historique de nos auteurs, et nous n'avons abordé la discussion du problème « Annibalien » qu'après avoir mis le
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lecteur au fait de tout ce qui pouvait Féclairer.
Nous n'étions certes pas en état de traiter ces questions avec la science désirable, mais nous n'avons pu trouver d'ouvrage français existant où elles le fussent; nous n'aurions pu nous référer à aucun livre connu. Il a donc fallu combler cette lacune de notre mieux, et, après tout, une érudition plus profonde n'aurait peutêtre pas ici d'avantage bien sensible.
Les traductions de Polybe et de Tite-Live sont assez infidèles ; nous donnons celles des chapitres qui nous intéressent, imprimées en un fascicule à part afin qu'on puisse les confronter avec le texte. Gomme il n'est pas une expression de nos deux auteurs sur laquelle on n'ait épilogue, nous les avons rendues très littéralement, sans aucun souci d'élégance.
Tous les historiens d'Annibal prétendent faire mieux que leurs prédécesseurs et avoir le privilège de la vérité ; nous n'échapperons pas à la loi générale, et comment aurions-nous entrepris ce travail, si nous ne pensions pas soutenir une thèse juste? Nous croyons pourtant que le chemin d'Annibal n'a pas, en luimÊme, assez d'importance pour soulever tant de polémiques. Ce que nous voudrions voir rejeter définitivement, ce ne sont pas les solu-