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ALTÉRANT

l'opération, et sa nourriture était composée de pain et de viande de cheval hachée, sous forme de fricadclles. Environ une heure après, on rencontre un peu d'iode dans la salive ; l'essai se fait en frottant du papier à écrire amidonné le long de la mâchoire. Une heure et demie après, survient un premier vomissement légèrement acide, pain et viande ; on y reconnaît, avec la plus grande facilité, la présence d'un iodure soluble; l'essai se fait en délayant dans l'eau là matière vomie, filtrant et ajoutant ensuite de l'eau d'amidon . La présence de l'iodale recherché par l'acide sulfureux n'est pas assez caractéristique pour pouvoir l'aflîrmer. Cependant, en ajoutant de l'acide chlorhydrique au liquide filtré amidonné, on observe une légère coloration bleue, sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir l'action du chlore. Vingt minutes après, un second vomissement renferme des débris de viande et de la mie de pain colorée en bleu violacé. Cette couleur disparaît par la potasse, le chlore, l'hydrogène sulfuré, l'acide sulfureux ; elle disparaît aussi en chauffant l'eau dans laquelle on a divisé les grumeaux colorés; l'action» du chlore fait reparaître la couleur, qui se manifeste encore mieux en ajoutant de l'eau d'amidon à l'eau dans laquelle les grumeaux bleus ont été broyés.

Après quelques légers vomissements, dans lesquels on observe des grumeaux colorés en bleu violacé, l'animal ne rend plus qu'un liquide incolore excessivement visqueux, qui tend à devenir alcalin ; la réaction alcaline devient ensuiteparfaitement nette. La viscosité de

22h ANNUAIHIï HE THÉRAPEUTIQUE, celle maiièrc spumeuse est très» caractéristique ei s'est présentée presque constamment dans mes recherches sur l'administration de l'iodatede potassium; si le sang en renfermait, il me paraît incontestable que son passage à travers les capillaires serait rendu bien dillicile.

Le chien, opéré à dix heures et demie du matin, était très-malade quelques heures après l'opération, il est mort dans la nuit, bien qu'on soit parvenu à extraire des deux plaies une peu plus de 12 grammes d iodale, et que l'absorption n'ait porté que sur une fraction du sel employé.

J'ai vu mourir un chien de 5 kilogrammes en moins de vingt-quatre heures, alors que la quantité d'iodatc absorbé par la voie hypodermique ne s'élevait guère qu'à 3 grammes environ.

L'iodate, dans ces conditions, est donc un poison violent-

Ces trois faits, et d'autres que j'ai observés, répondent aux opinions émises par M. le docteur Rabuteau contre ma manière d'interpréter ceux que j'ai énoncés et confirment ce que j'ai dit des conséquences mortelles inévitables qui suivent l'administration de l'iodate de potassium.

lorioformc «fan- le traitement des chancres et des accidents locaux consécutifs [IZAHD).

M. Izard a employé l'iodoforme dans le traitement du chancre infectant, de l'adénopalhie syphilitique, de quelques accidents secondaires et tertiaires de la

ALTÉRANTS. 225 syphilis, du chancre mou et du bubon consécutif, du chancre phagédénique et du chancre mixte.

M. Izard ne reconnaît à l'iodoforme qu'un effet purement topique ;aussi ne s'adresse-t-il qu'à l'accident local etinsiste-t-il peu sur les accidents syphilitiques, manifestations d'une affection générale. Dans le traitement du chancre induré, l'iodoforme sera de peu d'utilité, sauf les cas où les douleurs seront vives: alorson lave à grande eau les surfaces ulcérées ; on les mélange avec soin, soit avec de l'eau simple, soit avec de l'eau chlorurée, et l'on applique ensuite une ou deux fois par jour de la poudre d'iodoforme.

Dans Yadènite syphilitique, l'iodoforme employé en pommade (Bouchardat) ou en dissolution dans un mélange d'alcool et d'éther (Gubler) rendra de grands services comme résoluiif; si l'adénite suppure, chez les sujets syphilitiques et scrofuleux, par exemple, il se formera nombre de petits clapiers fort difficiles à dessécher, et dont l'iodoforme triomphera.

Les syphilides ulcérées, rupias, gommes, ont cédé plus rapidement à l'emploi de l'iodoforme qu'à celui de l'emplâtre de Vigo; les plaques muqueuses ont été aussi rapidement guéries; en même temps, bien entendu, le traitement antisyphilitique était ordonné à l'intérieur.

Dans le chancre mou, si celui-ci suppure peu, on pourra aborder aussi le traitement par Tiodoforme; s'il suppure beaucoup, le cas est différent. On commence par des lavages détersifs, eau chlorurée, sulfate de zinc, nitrate d'argent, etc.; puis arrive l'iodo.

236 ANNUAIRE DE I IIEKAPEUTIQUE.

forme. SI cependant les douleurs étaient très-vives, les propriétés anesiliésiques remarquables dont jouit l'iodoformc indiqueraient r,on emploi immédiat. Dans ces derniers cas, l'eau chlorurée a été avantageusement remplacée par une solution de 2 ou o grammes d'iodo forme dans 30 grammes de glycérine additionné!; de 10 grammes d'alcool. On peut encore imbiber de celte solution une mèche de charpie et panser les ulcères comme dans les pansements avec le vin aromatique. Ce dernier mode d'emploi a d'ailleurs l'avantage d'atténuer l'odeur de l'iodoforme, qui est désagréable pour certaines personnes. La même solution a encore été employée avec succès en injection dans les cas de chancre du méat ou de l'urèlhre. Les chancres de l'anus ont été pansés avec une mèche de charpie recouverte de glycérat d'iodoforme, qu'on renouvelait après chaque selle ; ceux du vagin et du col de l'utérus, par un tampon d'ouate ou de coton chargé de poudre iodoformique.

Le bubon simple a été traité de la façon suivante : «Pendant toute la durée de la période inflammatoire, on fait prendre au malade un bain tous les malins, et, au sortir du bain, on applique sur le bubon une légère couche de pommade à l'iodoforme (2 grammes d'iodoforme pour 30 grammes d'axonge) sur laquelle on place un cataplasme émollient. Au bout de quelques jours, les propriétés fondantes de l'iodoforme triomphent généralement de la tumeur ganglionnaire. Cependant, si la suppuration vient à se déclarer, il faut immédiatement suspendre l'usage de la pommade et

ALTÉRANTS.

.e bubon dès que la fluctuation annonce la pré- . d'un foyer purulènt. On reprend l'usage des .plasmes émollients pendant deux ou trois jours, ^rès lesquels on fait les pansements avec la poudre d'iodoforme. Dans les cas où !a suppuration deviendrait abondante, il serait plus avantageux d'employer la solution d'iodoforme dans la glycérine et l'alcool.

Le bubon chancreux n'est pas également modifié, dans ses différentes périodes d'inflammation, de suppuration et d'ulcération, par l'emploi de l'iodoforme.

Dans la première période, si le bubon est douloureux, l'application de la pommade à l'iodoforme sera avantageuse.

Dans la seconde période, l'iodoforme sora inutile.

Dans la troisième, une fois l'ulcération formée et la collection purulente évacuée, au moyen du bistouri si besoin est, il faudra d'abord commander le repos le plus absolu possible, et, « si la suppuration est abondante, et surtout s'il existe des clapiers ou des fusées purulentes, injections répétées plusieurs fois par jour avec la solution d'iodoforme dans la glycérine et l'alcool ; après l'injection, on introduit dans l'ulcère une mècbeouunbourdonnet de charpie imbibée de la même solution. Sous l'influence de ce traitement, le pus ne tarde pas à tarir, et alors on saupoudre la plaie deux fois par jour avec l'iodoforme ».

Le bubon syphilitique ne réclame l'emploi de l'iodoforme que dans les cas extrêmement rares où, la suppuration s'en étant emparée, il reste une ulcération blafarde et languissante.

2'2S ANNUAIRE l)K THÉRAPEUTIQUE.

Le plui'jédénismi', une fois en possession de l'ulcère cliancrcnx, ne peut Cire arrête' dans sa marche par Piodolbrme.

Le chancre mixte pourra être traité sans inconvénient par l'iodoforme , d'après les règles indiquées pour les autres chancres. (Bull, thér., avril 1872.)

loriofoi'iitt' contre ulcère vénérien chronique

(d'Amico).

L'auteur termine son travailpar les conclusions suivantes :

1° L'iodoforme est le remède spécial pour l'ulcère vénérien chronique même très- ancien, et l'on peut assurer qu'il produit des résultats plus sûrs et plus prompts que les plus puissants caustiques.

2° Il possède une action caustique et modificative ou même antiseptique. (Giornale italiano délie malattie veneree.)

Bromure tic |>oln*.*iiiiii. — Accidents oufanÔ!*

(A. Carles).

Il y a cinq formes différentes dans l'éruption bromurique : la première est représentée par de l'acné, la seconde par des croûtes d'un jaune sale qui laissent suinter de la sérosité purulente, la troisième par des plaques rouges comme du purpura, la quatrième par des furoncles, enfin la cinquième, la plus rare, offre l'aspect de l'eczéma.

ALTÉRANTS.

Uroiuurcs alcalins <!ati- le ti-ailcmcnt des affections génifo-iirimiires (G. -G. La VALLÉE).

En administrant les bromures alcalins, le premier résultat que Ton obiient c'est la suppression du spasme. L'anesthésie vient après, et souvent on ne l'obtient qu'après un grand nombre de jours, trois semaines, un mois. Ce sont les cas les plus rares. Le plus souvent on obtient un commencement d'anesthésie le quatrième ou cinquième jour. Du resie, l'action varie beaucoup selon le tempérament du sujet, tant il est vrai qu'il n'y a pas de maladies , mais seulement des malades.

Nous ne considérons point les bromures comme des agents infaillibles dans toutes les maladies des voies urinaires. Ils agiront toujours contre le spasme, plus tard contre la douleur ; on les a vus réussir deux fois contre la blennorrhagie aiguë, il ne faut pas conclure de là qu'ils réussiront dans toutes les blennorrliagies. Seulement on devra les utiliser, car aucun médicament, que nous sachions, n'a produit un aussi bon résultat. Le catarrhe vésical doit être influencé parle bromure, mais après un long emploi. Nous n'avons pas eu le temps de l'observer; car cette affection, essentiellement chronique, ne peut guérir qu'après un temps considérable, si toutefois elle guérit par le bromure de potassium. Nous dirons la même chose de la spermatorrhée. Nous croyons que le bromure de potassium agit faiblement dans les cas où manque la douleur.

Toutefois nous avons une observation qui atteste que la spermatorrhéc a cédé sous l'influence du bromure de sodium. Nous pensons qu'il est impossible dédire qu'elle ne reviendra pas aussitôt que l'on aura cessé le traitement.

Les auteurs ont remarqué qu'il y avait beaucoup de récidives et M. Damourette nous a dit que parmi les nombreux cas de spermatorrbées soignées par lui, il n'en avait jamais vu céder à la médication bromurée seule. La médication bromurée manquera rarement son efl'ct, elle demande seulement à être faite d'une manière méthodique ; on commencera par des doses petites, 1 ou 2 grammes le premier jour, et on pourra s'élever les jours suivants à A ou 6 gr. Si Ton n'obtient pas le résultat désiré, il faut persister, tâtonner. Et nous sommes convaincu qu'avec ces deux qualités on arrivera au but que l'on se propose d'atteindre. Si, malgré tout, le bromure restait impuissant, il ne faudrait pas le rejeter pour toujours. Celte irrégularité d'action se rencontre chez les autres médicaments les plus employés à un degré au moins aussi élevé. L'opium, le sulfate de quinine et bien d'autres médicaments étant donnés à même dose à dix personnes ne produiront pas des effets identiques chez, deux sujets.

Nous conseillons de le donner tout d'abord lematin, parce que s'il survient par hasard de l'excitation génésique, elle sera moins sensible le jour que la nuit, le malade pouvant satisfaire l'envie d'uriner ; dès qu'elle viendra, les pollutions seront supprimées.

ALTÉRANTS. 234

Le soir on pourra augmenter de 1 gr., en donner 3 par exemple. On arrivera par ce système rapidement à un effet sédatif. Cet effet obtenu, ou maintiendra la dose et on la continuera sans risquer aucun danger. Les bromures se tolèrent bien mieux que les iodure* auxquels dès le début on avait tenté de les assimiler. Pucbe a pu donner le bromure de potassium à des doses très- élevées, 25 à 30 gr. dans un jour.

Donné à doses fractionnées au milieu du repas, il relève les fonctions digestives et donne de l'appétit. A la longue il constipe ; aussi doit-on prescrire aux sujets qui en prennent tous les jours un purgatif léger tous les quarante ou cinquante jours, de la magnésie calcinée par exemple. (Thèse, extrait)

Pommade contre le prurit (No ET, GUENEAU DE MtîSSY).

f-érat 30 grammes.

Bromure de potassium. ... 3 — Camphre 30 centigrammes.

Mêlez intimement. Cette pommade est employée quand la démangeaison est intolérable, pour empêcher les enfants et même les grandes personnes de se déchirer la peau en se grattant.

Lorsque les pustules sont suivies d'ulcération du derme, le même médecin prescrit l'application de la pommade dont voici la formule :

Gérai 30 grammes.

Tannin 2

Oxyde de zinc 2 —

Caloinel 25 centigrammes.

Extrait thébaïque 10 —

Mêlez. Dans l'intervalle des applications, il est utile de laver les parties malades avec de IVau additionnée de quelques gouttes de teinture de benjoin.

%cide eliroinique comme cuiiNtique dans les maladies de la gorge (ISAMBERT).

M. Isambert a eu, comme tout le monde, à se louer de l'emploi de l'acide chromique dans les maladies scorbutiques des gencives, emploi qui a été recommandé par M. Magitot dans sou excellent Mémoire sur l'ostéo-péiiostite alvéolo-dentaire. Et alors, guidé par les analogies de structure des muqueuses buccale et pharyngienne, il a, depuis l'année 1869, employé l'acide chromique en solution plus ou moins concentrée pour le traitement des différentes affections ulcéreuses de la bouche, du voile du palais et du pharynx.

Il en a obtenu de très-bons effets, notamment pour les ulcérations syphilitiques de la langue et pour toutes ies manifestations secondaires de celte maladie, telles que plaques muqueuses, nodus, etc., sur ce même organe. Il s'en est également bien trouvé pour les ulcérations syphilitiques et scrofuleuses du voile du palais et du pharynx.

CAUSTIQUES. 233 Enhardi par ce premier succès, M. Isambcrt n'a pas craint de porter l'acide chromique sur le larynx luimême au moyen des éponges laryngoscopiques (1).

Le premier but qu'il cherchait à atteindre était la destruction des végétations épiihéliales et des petites verrues que l'on observe souvent à la commissure inler-aryténoïdienne et dans le voisinage des cordes vocales. Les solutions dont il se servait, d'abord assez élevées, ont pu être portées assez fréquemment à la dose de 1 gramme pour 8 grammes d'eau, et dans quelques cas rares, il est vrai, à la dose de 1 gramme pour h grammes d'eau.

Malgré certaines craintes manifestées par quelques théi apeuticiens au sujet de la puissance destructive de cet acide, malgré la sensibilité réflexe toute particulière que présente le larynx, cet organe a parfaitement supporté cette cautérisation. Habituellement, l'attouchement de la commissure arylénoïdienne est suivi d'abord d'un accès d'asthme laryngien assez violent, mais qui ne dure que quelques secondes. Le malade se calme ensuite et il continue à éprouver une certaine cuisson, dont la durée varie depuis une demi-heure ou une heure jusqu'à cinq ou six heures et même un ou deux jours, selon l'intensité de la cautérisation pratiquée. Il est bon de ne revenir à cette cautérisation intense que tous les huit jours. Mais un des résultats les plus inattendus et les plus précieux obtenus au moyen de cet acide a été la répression rapide des

(1) En se servant, bien entendu, du miroir laryngien.

œdèmes de la glolle, répression assez puissante pour dispenser de pratiquer la trachéotomie dans plusieurs cas où celte opération semblait urgente.

Éthylatc potassique.

Il résulte de l'action du potassium sur l'alcool al) solu. Un équivalent d'hydrogène de l'alcool est remplacé par un équivalent de potassium. Le docteur W. Richarson a proposé l'emploi des éthylates de potassium et de sodium comme caustiques; d'après lui, leur action est sûre, et ils se laissent facilement manier. Il les a surtout appliquas à la cautérisation du cancer et à celle des simples excroissances. On peut les dissoudre dans l'alcool à divers degrés de conceniration. Cette solution s'applique au moyen d'un pinceau de verre, on l'injecte au moyen d'une aiguille ; l'opérateur peut, à son gré, rendre l'effet lent ou rapide. L'éthylate de potassium est le plus énergique des éthylates alcalins.

{Bulletin thérapeutique.) THÉRAPEUTIQUE^ GÉNÉRALE.

accidents causés par la snntoninc (ANDANT).

On a employé l'acide tanaisique comme succédané de la santonine, voyez p. 89. Voici maintenant la relation d'accidents causés par cette dernière substance :

M»ie¥**, sur l'apparence de simples symptomcsd'em-

barras gastrique éprouvés par son petit garçon, âgé de moins de deux ans, lui administra, à son réveil, sans avoir au préalable pris l'avis de son médecin et sans ordonnance, une dose de 7 centigrammes de santonine en nature, dans environ deux cuillerées à soupe de café noir. L'enfant eut du malaise durant toute la journée : il alla une fois à la selle, sans rendre aucun ver, mais il ne put pas uriner. Il mangea très-peu. Il présenta une teinte générale subictérique. Pendant la nuit, qui fut très-agitée, il vomit deux fois ; le lendemain matin il eut des crampes, des convulsions, ne voulut rien manger et, comme la veille, ne put pas uriner ; il eut une selle dans la matinée. Pour conjurer les convulsions, la mère lui donna du sirop d'éther. Les convulsions cessèrent, mais furent remplacées par un sommeil de plomb, avec sueur froide et abondante. C'est dans ces circonstances qu'on m'envoya chercher en toute hâte. A mon arrivée, je trouvai l'enfant glacé et inondé de sueur, dans un grand accablement et insensible au pincement. La pâleur de la face, le refroidissement du corps, l'affaiblissement me firent croire à un empoisonnement ; puis les renseignements qui me furent donnés par les personnes qui soignaient l'enfant m'apprirent que la santonine avait été administrée la veille à litre de vermifuge . Mais par quelle substance neutraliser les effets toxiques observés ? Je traitai le symptôme qui me semblait le plus alarmant, la prostration : je fis promener sur les membres inférieurs du papier-moutarde et, sousl'excitation énergique des sinapismes, l'enfant se

TSb ANNUAIRE DE THÉRAPEUTIQUE, remua, se réveilla et je constatai chez lui une grande dilatation des pupilles, ainsi qu'une teinte jaune très-prononcée des sclérotiques. Continuant mon examen, je reconnus un gonflement considérable du ventre, ce que je m'expliquai par l'ischurie et la tympanite à la fois. Administration de café très-concentré à doses réitérées ; lavement avec huile de ricin. L'enfant, au bout d'une demi-heure environ, alla à la selle €t urina en même temps : urine rouge foncé. Depuis, il alla mieux. Administration, dansla soirée, de poudre de scammonée. La nuit fut bonne et, le lendemain, comme le gonflement de l'abdomen persistait, je fis prendre 2 grammes de magnésie calcinée et je donnai pour boisson de la tisane de chiendent édulcorée avec du sirop d'orgeat. L'enfant eut plusieurs selles ; les urines continuèrent à être assez rares et toujours de couleur foncée. Pendant l'intervalle de temps qui a séparé la deuxième journée de la troisième, l'enfant ayant eu un écoulement salivaire abondant et de peiites ulcérations aux gencives, aux lèvres et à la langue, je prescrivis un collutoire au chlorate de potasse.

L'enfant, que j'ai revu pendant plusieurs jours consécutifs, a été de mieux en mieux, sauf de la débilité, un teint jaunâtre, ces ulcérations et cette salivation dont j'ai parlé. Administration de vin de quinquina au malaga pour le tonifier ; badigeonnage avec le miel chloraté.

L'enfant s'est ressenti assez longtemps des conséquences dues à cet accident. Dernièrement il a eu une

fièvre rémi tente de la durée d'une quinzaine de jours et qui enfin a cédé à l'usage du sulfate de quinine. {Bulletin de thérap., 30 janvier 1872.)

Sur le* injections hypodermiques (C. PAULj.

La plupart des praticiens supposent deux choses r que les seringues de Pravaz qu'ils possèdent donnent une goutte à chaque demi-tour de piston, et que ces gouttes pèsent exactement 5 centigrammes.

Ce sont là deux erreurs manifestes, et d'autant plus regrettables qu'il est inutile de faire intervenir en pareil cas la question des gouttes, question très-complexe qu'il est possible de résoudre aujourd'hui grâce aux recherches de M. Lebaigue, mais qu'il est très-fautif de faire intervenir ici.

Qu'on le remarque bien : on emploie d'une part une solution titrée au poids, au centième ou au cinquantième par exemple; d'autre part, la seringue se mesure à la capacité, c'est-à dire au volume. Il faut donc établir tout simplement le rapport du poids de la solution au volume de la seringue, sans faire intervenir la question des gouttes.

De sorte que les praticiens qui veulent mettre de la précision dans la mesure du médicament qu'ils emploient doivent simplement établir le rapport du poùls de la solution au volume de la seringue. C'est ce que j'avais fait d'abord pour mon compte; je faisais faire des solutions au centième ou au cinquantième, et je faisais peser pour chaque solution la quantité qu'en

1>38 ANNUAIRE DE THERAPEUTIQUE, renfermait la seringue ; puis, en divisant celle quantité" par le nombre de demi' tours du pislon, j'obtenais également, d'une manière exacte, la quantité de substance injectée par chaque demi-lour.

Celte méthode est rigoureuse ; mais elle a encore des inconvénients. En effet, dans celle équation du rapport du poids au volume, il arrive presque toujours qu'un milligramme de substance ne correspond pas exactement à un demi-lour du pislon, et qu'un demi tour du piston ne correspond pas à une division exacte en milligrammes. En conséquence, il est nécessaire de taire un calcul, alin d'établir combien il faut de tours de piston pour correspondre à un nombre exact de milligrammes. Il en résulte, pour une pratique précise, des calculs continuels à faire, ou bien l'on esl obligé de s'en tenir à un à peu près.

Ce procédé, rigoureux au point de vue scientifique et déjà très-applicable en pratique, a été amélioré encore par M. Bernouvin, mon interne en pharmacie, qui, par une petite correction, l'a rendu tout à fait pratique, si bien que nous avons aujourd'hui une formule des plus simples pour régler les solutions.

On pèse la seringue vide, puis pleine d'eau distillée : on a ainsi le poids d'eau qu'elle contient, puis on compte le nombre de demi-tours du pislon.

Il suffil alors de mettre dans la quantité d'eau que renferme la seringue autant de milligrammes.qu'il y a de demi-tours, pour que chaque demi-tour donne rigoureusement 1 milligramme.

Prenons un exemple. Supposons que la seringue

renferme l«r,17 d'eau, el que le piston ait 21 demitours. Il faut mettre, par lsr,17 d'eau, autant de milligrammes qu'il y a de demi-tours du piston, c'est-àdire 21.

T,a formule est donc celle-ci : Mettre dans la qitcmtité d'eau que renferme la seringue autant de milligrammes qu'il y a de demi-tours au piston. On a ainsi, quelle que soit la seringue, 1 milligramme par demi-tour.

Si l'on veut arriver à posséder un outillage pratique, il suflim d'avoir, dans la même boîte que la seringue, des solutions titrées et très-bien choisies pour les injections.

De cette manière, on est toujours prêt à faire des injections hypodermiques avec sécurité et précision.

Pour ma part, quand je suis appelé à voir un malade le soir ou dons la nuit, j'emporte toujours avec, moi ma boîte à injections hypodermiques, qui n'est guère plus grande qu'un porte-monnaie, et, s'il y a lieu, je trouve plus simple de faire une injection hypodermique avec l'alcaloïde indiqué par la maladie, que de faire lever un pharmacien la nuit pour préparer une potion.

Ma boîte contient les chlorhydrates de morphine, de codéine, de narcéine, le sulfate d'atropine, le sulfate de strychnine. J'y ajouterai la digitaline, l'aconitine et la conicine.

Pouf obéir aux indications courantes, ces solutions ont une concentration d'autant plus grande que la dose doit être plus forte. Mes solutions sont :

'2hU ANNUAIRE DE TIIKKAPEUTIQUE .

Sulfate d'atiopine 1/2 milligr. par demi-tour.

Chlorhydrate de narcéine et de codéine, sulfate de

strychnine 1 —

Chlorhydrate de morphine, 2 — —

Variole; Inoculation itoat-vacclnnlc (PAPILLADJ)).

M. Papillaud conclut des faits de sa pratique, que la vaccine, qui a une vertu préservatrice suffisante contre la variole sporadique, devient insuffisante contre la variole épidémique. La revaccination elle-même donne une préservation plus durable et plus complète.

Appuyé sur ces faits, l'auteur préconise l'inoculation variolique pratiquée postérieurement à celle de la vaccine et que, pour celte raison, il appelle postvaccinale, inoculation qui, selon lui, complète et corrobore l'action prophylactique de la vaccine, et met entièrement à l'abri des atteintes de la variole. (Associalion française pour l'avancement des sciences. Congrès de Bordeaux, séance du G septembre.)

{Revue scientifique.)

dutta-pcrclia comme agent «l'occlusion (COUSIN .

L'auteur emploie la gutla-percha réduite par le laminage en feuilles aussi minces que le taffetas ciré, et met à profit son extrême solubilité dans le chloroforme pour communiquer à celte étoffe des propriétés adhésives considérables.

Il procède de la manière suivante : une surface de la peau élant donnéeà recouvrirai taille dans un morceau de gutta-percha laminée, d'une dimension double ou triple de celte surface ; il passe sur les bords de celte sorte d'emplâtre, dans une étendue de 1 ou 2 centimètres, un pinceau imbibéde chloroformeetil applique aussitôt sur la peau; l'adhérence se fait avec une grande énergie par tous les points touchés par le chloroforme, et avec une telle perfection que les moindres saillies de la peau se moulent avec une fidélité remarquable dans l'épaisseur de l'étoffe imperméable.

Rien de plus facile que de construire, séance tenante, des manchons, des anneaux occlusifs, suivant les régions à recouvrir, en raison de l'extrême facilité avec laquelle on soude à l'aide du chloroforme, d'une façon indissoluble, deux pièces de gutla laminée.

On comprend de suite, et sans qu'il soit nécessaire d'entrer dans de plus amples détails, toutes les applications possibles de ce genre de pansement. On peut faire de l'occlusion proprement dite, de la contention, voire même de la compression.

Il est également facile de fixer ainsi sur la peau telle substance médicamenteuse que l'on voudra, comme par exemple la teinture d'iode, l'iodoforme en poudre ou toute autre topique.

(Bulletin de thérapeutique, janv. 1872.)

-BOUCHARDAT. 1872.

242 ANNUAIRE DL THÉHAPIiUTim i .

ÉTIOLOGIE DU TYPHUS.

lOMolo&ic du typhus exanthématiqué (typhus fe\ ( » . typhus des camps, fièvre de famine), BoDCtfARpAT.

Mon collègue et ami M. Chauffard a lu à l'Académie de médecine [Bulletin de l'Académie, 1872, p. 1008) une dissertation très-intéressante sur l'éliologie du typhus exanthématique ; un tel sujet ne pouvait me trou ver indifférent. Depuis vingt ans celte grande question occupe une place importante dans mon Cours d'hygiène ; j'ai cru qu'il était de mon devoir de publier le résultat de mes études et d'intervenir dans ce débat ; je l'ai fait dans les termes suivants]:

«Il est peu de sujets plus dignes de fixer l'attention de l'Académie que celui traité par M. Chauffard; personne n'avait, pour aborder ce difficire problème de l'étiologie du typhus, plus de talent et d'autorité que mon collègue et mon ami.

Voici ce qui m'a engagé à prendre la parole : Parmi les grandes questions étiologiques qui, aujourd'hui, dominent l'étude de l'hygiène, celle de la genèse du typhus, selon moi, vient au premier rang, parce que je la jugeais éclairée par une saine observation. Le travail de M. Chauffard fait surgir de nouvelles inconnues qui enlèveraient toute la certitude acquise à la prophylaxie hygiénique.

Faut-il accepter les données nouvelles se rapportant à la race et à la localité, ou faul-il s'en tenir à l'étio-

ÉTI0L0G1E DU TYPHUS. 2^|5

logie si nette que j'ai depuis longtemps professée, et qui groupe par la synthèse les causes du typhus en deux termes : 1° ruine de l'économie ; 2° encombrement.

La ruine de l'économie est plus souvent causée, comme je le démontre, par la famine, mais ce facteur famine peut être remplacé par un ensemble de causes déprimantes conduisant au même résultat physiologique.

Voilà ce que nous allons chercher à examiner; mais avant d'entrer dans le vif de la question, j'ai besoin de dire que pour plusieurs autres maladies, éclairé par les résultats d'observations s'appuyant sur de nombreuses et de grandes autorités, j'admets complètement l'influence de la race et de la localité.

C'est ainsi qu'en prenant notre premier exemple dans la médecine comparée, il est certain que le typhus contagieux du gros bétail prend habituellement naissance dans une race spéciale de gros bétail ; que cette maladie, dont nous venons d'éprouver les ravages, se propage par contagion aux autres races de bœufs avec une puissance considérable , puis même à certaines autres espèces appartenant à des genres et même des familles différentes, mais avec une intensité rapidement décroissante.

Dans l'exemple choisi, la question de localité a aussi son importance, car l'observation prouve que c'est dans les steppes de la Russie et de la Hongrie que la peste bovine prend naissance.

Parmi les exemples d'immunité relative de race

1!\h ANNUAIRE DE THÉBAPEUTIQUE.

pour une maladie contagieuse dans l'espèce humaine, il en est peu de plus concluant que la préservation presque absolue des noirs pour la fièvre jaune.

Les fails observés à la Vera-Cruz pendant la néfaste expédition du Mexique sont des plus intéressants.

Nos troupes étaient moissonnées par l'épidémie; on eut l'heureuse pensée de faire venir des Antilles un régiment noir qui pût impunément tenir garnison dans le foyer pestilentiel, On pouvait penser que ces soldats arrivant des Antilles étaient acclimatés à la fièvre jaune, mais l'observation subséquenie démontra nettement que ce n'était point la vraie cause d'immunité. On fit venir un régiment noir d'Égypte, et ces soldats, campés à la Vera Cruz offrirent comme les noirs des Antilles, l'exemple d'une préservation relative des plus remarquables.

Pour l'influence de la localité sur le développement du foyer primitif d'une maladie contagieuse, c'est encore la fièvre jaune qui nous fournit l'exemple le plus anciennement démontré. C'est la fièvre spécifique américaine, c'est surtout au confluent des grands fleuves de l'Amérique méridionale que les foyers primitifs se développent, la maladie se propage par contagion plus fréquemment dans diverses parties de l'Amérique, mais aussi dans plusieurs pays de l'Europe, comme nous en avons eu de nombreux exemples.

Quelques observateurs ont soutenu l'opinion du développement spontané de la fièvre jaune sur les côtes d'Afrique. J'ai lu avec le plus grand soin les observations contenues dans une thèse soutenue sons

ÉTI0L0G1E DU TYPHUS. 2/»5

nia présidence par un médecin de marine irès-distingué. Je crois qu'il s'agissait dans ces observations de fièvres intermittentes pernicieuses, compliquées de ces fièvres bilieuses si communes au Gabon et au Sénégal. Aucun fait jusqu'ici ne m'a paru établir la production d'un foyer primitif de fièvre jaune en dehors de l'Amérique.

La genèse de la peste d'Orient est aussi dominée par une question de localité; il en est de même du cboléra asiatique. Je n'ai pas besoin d'insister, ces vérités sont aujourd'hui acquises et acceptées par tous.

On le voit, je suis jusqu'ici d'accord avec M. Chauffard; je vais maintenant me séparer de mon honorable ami. A-t-il établi pour le typhus, comme cela est démontré pour la peste, le choléra, la fièvre jaune, l'influence de la localité? A-t-il mieux prouvé l'influence de la race ?

J'admets encore avec lui l'heureuse immunité de la France, mais nous chercherons à prouver plus loin qu'on ne peut attribuer cette immunité ni à la race, ni au sol, ni à aucune condition de localité, mais qu'il est des causes de préservation qui donnent des raisons satisfaisantes de cette immunité.

L'argument principal invoqué par M. Chauffard pour établir l'immunité de la genèse typhique pour la France et pour les Français, c'est l'absence du typhus à Paris et à Metz, durant les cruelles épreuves des deux sièges.

Je vais chercher à démontrer que les conditions de celte genèse n'étaient point encore accomplies aux

2f\(S ANNUAIRE DE THÉRAPEUTIQUE, jours des capitulations ; mais avant je dois exposer rapidement les conditions rigoureuses du développement du typhus, enm'appuyanl sur les faits consacrés à la fois par une universelle observation cl par les prévisions non démenties de. la production du typhus quand les conditions que je reconnais ont été accomplies.

L'influence de l'encombrement est universellement et justement reconnue. Nous citerons plus loin des exemples qui démontrent la toute-puissance de celte cause, mais elle seule /ie suffit pas pour créer des foyers typhiques. Ce n'est évidemment pas la cause dominante et primitive. Combien seraient nombreux *es exemples qu'on pourrait citer d'énormes agglomérations d'hommes qui n'ont pas donné naissance au typhus !

Le premier facteur de celle terrible maladie c'est la famine : Toutes les fois qu'on encombre des affamés, le typhus apparaît pour ainsi dire fatalement.Cestdan s ces conditions que se produisent ces redoutables foyers qui moissonnent les populations. Pour démontrer la vérité de celte proposition, il n'est pas nécessaire de remonter aux désastres historiques, les faits contemporains suffisent complètement.

La sécheresse excessive de l'été de 1846 réduisit considérablement le rendement normal des céréales ; à cette cause vint se joindre l'invasion générale de la maladie de la pomme de terre ; les contrées où celte culture avait pris un développement excessif furent eu proie à une famine des plus rigoureuses qui, pai louL

ÉTIOLOGIE DU TYPHUS. 2^7

fut suivie dit typhus. L'Irlande fut surtout éprouvé mais plusieurs parties du nord de l'Europe ne furen guère plus ménagées. On estima à un million le nombre de victimes. En Irlande, l'influence de l'encombrement fut évidente. Quand les affamés, quittant leur pays, s'entassaient dans les transports qui devaient les conduire en Amérique pour y trouver du pain, presque tous succombaient pendant la traversée par suite des atteintes du typhus.

Dans les Flandres belges, la famine engendra les mêmes maux. M. de Mecrsmann, qui nous en a tracé le tableau, ne donne pas le nom de typhus à la maladie qu'il a observée, il l'a désignée sous le nom de fièvre de famine. Mais il est un caractère qui nous montre bien que la famine avait donné naissance à une maladie du genre du typhus; les médecins, les vicaires des villages qui prodiguaient leurs soins ou portaient des secours aux pauvres affamés furent cruellement éprouvés, ils succombèrent en grand nombre, comme il; arrive dans les épidémies de typhus. M. de Meersmann donne le nom de fièvre typhoïde à la maladie qui moissonna les médecins et les prêtres qui se dévouaient ainsi. Mais évidemment ce n'était pas aux suites de la fièvre typhoïde que succombaient ces courageuses victimes, le typhus seul frappe à coups redoublés dans ces conditions.

Il paraît très-vraisemblable que le miasme qui donne naissance au typhus prend naissance par suite des modifications dans les fonctions de la peau des affamés et de la putréfaction de l'excrétion épidermoïdale qui

devient dominante par suite de la suspension des excrétions sudorales et m aisseuses, chez des individus dont la vie ne s'entretient qu'aux dépens de leurs organes.

Voici un passage emprunté à M. de Meersmann qui nous offre un tableau saisissant des modifications éprouvées par les excrétions de la peau chez les affamés :

«La peau était sèche, jaune, semblable à du parchemin ; l'exhalation qui, dans l'état ordinaire, se fait sur toute sa surface d'une manière insensible, s'opérait dans ce cas par voie sèche. Les pores du derme rejetaient une poussière visqueuse qui, s'accumulant et se concrétant, recouvrait le corps d'une croûte noirâtre, pulvérulente et d'une fétidité horrible. 11 n'est pas un seul praticien qui n'ait eu l'occasion d'observer ce fait ; souvent on attribuait cet étal de la peau à la malpropreté, au défaut de soins ; mais, en y faisant plus d'attention, on était bientôt convaincu que c'était le résultat d'une altération profonde des fonctions de l'enveloppe cutanée ; car, dans les localités dont les ressources permettaient d'envoyer les indigents épuisés à l'hôpital, on mettait ceux-ci vainement au bain; à peine les lotions avaient-elles purifié la surface du corps, que quelques heures suffisaient pour qu'elle fût de nouveau recouverte par le produit de cette sécrétion anormale. Djus ces conditions, la peau laissait à la main qui la louchait une impression acre, mordicante et prolongée, et l'imprégnait pour longtemps d'une odeur repoussante.

ÈTIOLOGIE DU TYPHUS. 249 » L'infection que répandait le corps des pauvres exténués par la famine était telle, surtout quand il y avait encombrement dans leurs misérables chaumières, que les praticiens qui allaient leur porter les secours de l'art, et les prêtres qui leur prodiguaient les consolations de la religion, étaient obligés de faire ouvrir les portes et les lucarnes avant de pouvoir pénétrer dans ces tristes réduits. 11 est remarquable que l'infection émanant de corps qui n'offraient aucun symptôme de typhus déterminait celte affection chez les personnes que leur devoir ou la charité appelait dans les lieux malsains où ces malheureux étaient gisants. »

11 est évident pour moi qu'en 18/i7 en Belgique, comme dans l'Irlande, comme dans le nord de l'Europe, où régna la famine, c'est au typhus fever et non à la fièvre typhoïde que succombèrent ceux qui portaient des secours aux affamés. Chez les affamés, d'autres excrétions muqueuses ou épidermoïdales peuvent subir les mêmes allérationsque les excrétions épidermoïdales de la peau. C'est ainsi que M. leDr Jules Arnould, dans un mémoire excellent (1), a établi que les affections suppurantes de mauvaise nature réalisaient les meilleures conditions pour la fabrication du miasme typhique. Il est digue de remarque que les suppurations étaient surtout bronchiques et pulmonaires; c'est là, dit M. J. Arnould, un immense foyer d'émanations le plus actif, sans contredit, dans l'infection des milieux par les sujets malades.

(1) J. Arnould, Origines et affinités du typhus, d'après l'épidémie algérienne de 1868. Broch. in-8°, 1869.

250 ANNUAIRE DJÏ THfcRAI'liUTIQHE.

M. le D* Maurin, dans son remarquable ouvrage, exprime une opinion qui se rapproche des précédentes. « Le typhus exanlliématique est du, dit-il, à un miasme produit par l'organisme humain descendu à un certain état de débilité qui favorise la décomposition des tissus et communique une virulence spéciale aux émanalions qui passent du corps dans l'atmosphère ambiante. » (1)

J'arrive à un second exemple.

Je fus visité, il y a quelques années, par un des hommes les plus distingués de la Finlande; plusieurs années froides et pluvieuses s'étaient succédé et dans presque toute la contrée l'orge n'avait pu mûrir, la famine était imminente, mon interlocuteur était très-vivement préoccupé par cette éventualité. Si la famine survient, lui dis-je, le typhus la suivra. Mes prévisions se sont complètement réalisées, le typhus succéda dans la Finlande à la famine, et il s'étendit de là aux régions voisines et aux provinces septentrionales de la Prusse. Je reviendrai bientôt sur le fait de cette extension, mais ayant de le faire j'arrive à mon troisième exemple.

Une sécheresse excessive, l'invasion des sauterelles,, détruisirent les récoltes dans une grande partie de l'Algérie, une famine comparable à celle de l'Irlande en fut la suite; dès que cet énorme déficit des ré-

(1) Le typhus exanlliématique ou péléchiel, typhus des Arabes de 1868, par le Dr Amédée Maurice, chirurgien en chef de l'hôpital civil d'Alger.

ÊTI0L0G1E OU TYPHUS, 251

colles du bien constaté, j'annonçai dans mon cours une invasion prochaine du typhus. Là l'influence funeste de l'encombrement fut encore parfaitement démontrée: tant que les pauvres Arabes mouraient de faim sous leurs tentes, ou dans le désert, le typhus n'éclata point ou ne fut pas remarqué, mais quand à bout de toutes ressources, ils se rendirent engrand nombre dansles centres populeux, il se développa alorsdes foyers typhiques. Voici un exemple où l'encombrement fut évité, avecles maux qu'il amène à sa suite. Mon fils aîné qui était alors au début pour ainsi dire de sa carrière de médecine militaire, se trouva dans un poste isolé à Bordj-bou-Arrérijd. En voyant ces malheureuses populations aux prises avec le choléra et la famine, d'accord avec le chef du bureau arabe, afin d'éviter l'encombrement, il eut l'heureuse pensée de créer trois ambulances à quelque distance de "Bordj : l'une destinée aux soldats, l'autre aux habitants, et la troisième aux Arabes qui étaient amenés des contrées voisines.

Celte dispersion des malades eut d'heureux résultats, Borclj-bou-Arréridj fut relativement peu atteint par le choléra et le typhus. Dans les centres condensés, la mortalité fut beaucoup plus considérable. Dans cette occasion comme dans bien d'autres, nos médecins militaires fjrent la providence de ces populations malheureuses. Cette ] épidémie algérienne, quoique bornée parles secours tardifs mais énergiques de la métropole, pour combattre la famine, coûta cependant la vie à plus de cent mille Arabes et au

dixième environ de ^effectif médical (20 décès sur 200 médecins militaires présents en Algérie). C'est toujours ceux qui approchent journellement les malades que le lyphus frappe le plus rudement. Pour celte épidémie algérienne, on doit consulter le remarquable ouvrage de M. le Dr Maurfn (1).

L'influence dominante de la famine étant démontrée par les exemples que je viens de citer, je vais aborder un autre ordre d'idées.

On ne manquera pas de m'objecter que dans les camps, dans les villes assiégées, Je typhus s'est déclaré sans avoir été précédé par la famine. Le fait est incontestable, mais dans ces conditions le facteur famine est remplacé par une réunion de modificateurs qui, par la continuité d'action néfaste, amène comme la famine la ruine de l'économie. L'exemple le plus net et le mieux étudié nous est fourni par le typhus de Crimée qui a fuit un si grand nombre de victimes.

Je vais énumérer rapidement les causes principales dont l'influence s'est fait sentir.

Il faut bien reconnaître que pendant ce long siège, si les soldats n'ont pas enduré la famine, ils ont eu à supporter de grandes privations alimentaires. Les travaux excessifs dans les tranchées pour des hommes incomplètement réparés n'ont pas dû augmenter leur force de résistance. Le froid des hivers, de longues journées de pluies, le travail dans une terre dé-

(l)Maurin, Typhus exanthématique, Imp. nation.. 4872.

ÉTIOLOGIE DU TYPHUS. 2j3 trempée. Voilà encore des condi lions de dépense qu n'étaient pas compensées par un surcroît d'alimentation. Joignez à toutes ces causes de débilitation les maladies qui se succédèrent avec une implacable sévérité ; le choléra éprouva rudement plusieurs divisions même avant le débarquement ; quand les camps furent établis, la dysenterie ne larda pas à s'y manifester sous ses formes les plus graves. Les privalions antérieures, la continuité du froid amenèrent le scorbut qui atlaquaun grand nombre de soldais (1). La réunion successive et progressive de toutes ces misères peut bien avoir une même résultante que la famine, et nous expliquer parfaitement l'origine de celte effroyable épidémie qui, à la fin du siège de Sébastopol, fit tant de victimes. Toutes ces conditions, nous dit M. ChaulLird, se sont présentées à Paris et à Metz; oui, mais dans une certaine mesure; nous allons pour chacune des vides énumérer les différences, et nous verrons qu'elles ont une grande importance. Commençons par ce qui se rapporte à Taris, parce que les misères endurées par la population parisienne nous sont bien connues.

Sans doute, les privations alimentaires y furent aussi grandes que la résignation avec laquelle on les

(1) M. le D1' Cazalas, dans un remarquable travail, a insisté avec autant de raison que de talent, sur l'influence du scorbut comme cause prédisposante du typhus (Cazalas, Des affections lyphiques de l'armée d'Orient, Union médicale, t. VII, p. 403 et suiv.)

BOUCHARDAT. 1871. 15

'25/| ANNUAlKli Dli THËRAl'liUTlyUJi. supporta, mais il n'y eut rien de pareil à la famine. J'ai suivi jour par jour avec mes collègues du Comité d'hygiène avec une ardente sollicitude tout ce qui se rapportait aux causes des décès, on y a pas vu figurer, ou très-exceptionnellement au moins, cette terrible cause de mort de faim. En Irlande, pendant la période de la famine de 18ft7, en Belgique, à la même époque, celte cause de mort était la plus commune, à Bordj, dans cette contrée si limitée de l'Algérie, à chaque journée mon lils constatait des décès déterminés par Y inanition.

Ce facteur a heureusement fait défaut à Paris, grâce à la vigilance du Comité d'hygiène, à l'heureuse prodigalité avec laquelle les secours étaient distribués non-seulement aux indigents, mais encore à tous les nécessiteux.

Les maires, les administrateurs, les commissaires des bureaux de bienfaisance, secondés par des citoyens dévoués étaient en permanence, souvent aux heures les plus avancées de la nuit, pour assurer les distributions aux boulangeries, aux boucheries, aux cantines, aux fourneaux. A aucune époque, le nécessiteux n'a été secouru avec plus de dévouement; sous bien des rapports le pauvre était mieux partagé que le riche, il y a eu une véritable égalité dans la misère.

Dans les dernières journées de nos souffrances, quand la population était ralionnéeà 300 grammes de ce pain noir que personne n'oubliera, le Comité d'hygiène, l'administration eurent l'heureuse pensée de

ÉTI0L0G1E DU TYPHUS* 255

faire distribuer journellement à chacun des nécessiteux un demi-litre de vin. Si l'abus des alcooliques a causé bien des maux pendant le siège, la distribution générale d'un vin généreux pendant les derniers jours a produit les plus heureux effets dans la grande cité.

Je reconnais que les maladies incidentes ne nous ont pas manqué : les non acclimatés ont été moissonnés parla variole et la fièvre typhoïde (1). La dysenterie et la diarrhée faisaient de nombreuses victimes, le scorbut s'accusait nettement par ses premières manifestations. Si cet état s'étail prolongé, Paris présentait la réunion des conditions qui ont déterminé l'effroyable épidémie de Crimée. Une condition a manqué : celle de la continuité. A Sébastopol, le typhus ne s'est développé qu'à la fin du siège, quand la dysenterie, le scorbut, avaient depuis longtemps ruiné les santés les plus valides. A cette phase nous ytouchionSj mais elle n'était point encore venue (2).

J'ajouterai une preuve à celle que je viens de

(1) État sanitaire de Paris et de Metz pendant le siège (Annuaire thérapeutique de M. Bouchai dat, pour 1871- 1872).

(2) Cette pensée je l'ai exprimée dans les termes suivants dans mon Mémoire sur Vétat sanitaire de Paris pendant le siège : « Quand Paris capitula, l'heure de la famine était arrivée. Cette condition première de la genèse du typhus eût été probablement remplie si la fraternelle prévoyance de l'Angleterre, de la cité de Londres, n'eût accumulé une grande masse de vivres pour notre ravitaillement immédiat. »

^5() AN MI AIRE DE THÉRAPEUTIQUE, donner: malgré de si rudes épreuves, le niveau de la santé générale se releva aussi promplement que l'ardeur au travail, el le mouvement des a flaires. Si l'on consulte les tables de mortalité depuis la lin des journées néfastes de la Commune jusqu'au mois de juillet 1872, jamais le chiffre de la mortalité ne s'abaissa autant dans les vingt dernières années.

Je puis invoquer les mômes considérations pour Metz ; la privation du sel y fut douloureusement ressentie, mais d'après le témoignage de mon fils, qui a passé tout le temps du siège à Metz ou dans les camps qui environnaient la malbcurcuse ville, il n'a rien vu de pareil à ce qu'il avait observé à Bordj-bou-Arréridj.

Si la ration de pain est descendue plus bas qu'à Paris, la viande y a été distribuée en quantité beaucoup plus élevée; puis, pour le temps, le siège de Metz a été moins long que celui de Paris. Comme dans celte dernière ville, si la condition de continu ité suffisante était venue s'ajouter aux autres, l'invasion du typbus était inévitable.

J'arrive à une des parties les plus intéressantes el des plus délicates del'argumentalion de M. Cbaufiard.

Le typhus régnant dans l'armée assiégeante, comment n'a-t-jl pas pénétré dans la ville assiégée ?

Deux raisons principales peuvent être invoquées pour expliquer cette immunité.

La première sedéduildes observations concordantes sur la manière dont se comportent les grandes épidé mies de plusieurs maladies contagieuses, dysenterie choléra, typhus.

ÈTI0L0G1E DU TYPHUS. 257

La maladie part d'un foyer primitif, se prop'age avec une redoutable intensité, puis paraît s'éteindre, mais renaît avec une puissance décroissante pendant plusieurs années dans les localités envahies, et avec une activité de propagation bsaucoup moindre.

11 y a quelques années (je l'ai exposé précédemment), la Finlande et le nord de l'Allemagne ont été rudement éprouvés par la famine et le typhus. La propagation de cette maladie dans une partie de l'armée ennemie, pourrait reconnaître cette origine (1).

La deuxième raison, c'est que les médecins anglais et allemands confondent souvent sous la commune désignation de typhus, le typhus exanthématique et le typhus abdominal, ou notre fièvre typhoïde. Or, pendant la guerre celte maladie avait rudement sévi en France, et il m'a toujours paru vraisemblable, comme à plusieurs reprises je l'ai annoncé à celle époque dans mes conférences, qu'elle devait faire de nombreuses victimes dans l'armée ennemie composée de jeunes soldats non acclimatés.

M. Chauffard invoque là une question de race. Mais aucune observation bien solide n'est venue établir que la race française jouissait d'une immunité relative pour le typhus. A Sébasiopol, l'épidémie a frappé plus cruellement les Français que les Anglais, les Italiens et les Irlandais qui servaient dans l'armée

(1) Le typhus a fait en 1863 et 1864 de grands ravages à Constantine. il y a reparu pendant plusieurs années. Observations de M. Vital et de J. Arnould. (Du typhus à rechutes. Archiv. méd., juin 4866 et suiv.)

anglaise. Dans l'épidémie algérienne, dans le service de la salle Saint- Philippe (1) qui éiaii surtout consacrée aux Arabes, ont élé atteints : Indigènes : Arabes, 120 ; noirs, i\ ; Turc, 1 ;juif, 1. Étrangers : italiens, 3; Espagnols, 8 ; Français, 12.

lïeconnaissons-le, quand les conditions de sa genèse ont été accomplies, le typhus s'est développé dans les contrées les plus diverses, et il a sévi indistinctement sur toutes les races.

M. Gerhard (de Philadelphie) nous a donné la relation de l'épidémie qui a fait de nombreuses victimes en Amérique. Nous avons vu le typhus se développer, en Afrique, au nord de l'Europe; en Asie, il a pris naissance après la famine qui a désolé la Perse. On croit généralement que le typhus exanthématique est endémique en Irlande. Sans doule il apparaît souvent dans cette île, dont la production alimentaire ne suffit pas aux besoins des habitants; mais avec une meilleure organisation sociale, avec un judicieux emploi des immenses ressources de l'Angleterre, le typhus disparaîtra de l'Irlande comme de la France. J'ai interrogé plusieurs médecins irlandais qui ne reconnaissaient pas la continuité de l'existence du typhus dans leur pays. On répétait dans tous les ouvrages que la peste élait endémique en Egypte ; depuis vingt ans que nous avons des médecins sanitaires pour en constater l'existence, ils n'en ont pas signalé un seul cas dans ce pays,

(1) Amédée Maurin, Le typhus exanthémaiique, Paris, Impr. nation., 1872.

ÉTI0L0G1E DU TYPHUS. 259 si nia mémoire est fidèle. Quelque chose d'analogue doil se présenter pour l'Irlande. N'oublions pas que beaucoup de praticiens anglais ne distinguent pas le typhus cxanihémalique du typhus abdominal. On trouve encore chaque jour le typhus indiqué parmi les causes de décès dans la métropole anglaise, et je crois qu'il est difficile de ne pas voir là une confusion entre deux maladies voisines, mais qui se distinguent par des caractères écologiques des plus réels.

La fièvre typhoïde appartient au groupe des contagieuses à miasme diffus permanent comme la variole, la scarlatine, la rougeole; le typhus exanthémalique au groupe de maladies qui s'éloignent, qui disparaissent d'une contrée tant que les conditions de la genèse ne se renouvellent pas, comme cela a lieu pour la peste, la fièvre jaune, le choléra. Le miasme spécifique possède une action contagieuse plus énergique, mais heureusement que le temps détruit plus vite la puissance de ces germes morbides.

Voilà des vérités éliologiques que depuis vingt ans je cherche à démontrer.

11 nous reste à expliquer ce fait mis en lumière avec tant de raison par M. Chauffard, de l'immunité dont nous jouissons en France au point de vue de la genèse du typhus.

C'est dans les bagnes ou dans les prisons qu'ont été signalées les dernières épidémies (1). Des soins hygié-

(I) A. Barraillier, médecin en chef de la marine, Histoire médicale de l'épidémie de typhus qui a sévi en

2Ç0 ANNUAJHL DK THÉRAPEUTIQUE, niques mieux entendus, des visites régulières par le» inspecteurs et surtout par les médecins, ont partout l'ait connaître à temps les conditions mauvaises qui devaient donner naissance au typhus; les causes ont été éloignées et la maladie ne s'est pas déclarée.

Quelles merveilleuses ressources la France possède pour préserver ses habitants de la lamine ! Un sol fécond dans presque toutes ses parties, avec les cultures les plus variées. Quand Tune vient a manquer, les autres plus prospères viennent atténuer lè déficit.

Nous possédons la contrée la plus propice à la culture de la vigne. Nos vins si généreux, si complets, sont de merveilleux soutiens pour l'économie délabrée.

Le littoral de nos mers offre en abondance des aliments et des engrais. Des voies de communication rapides et faciles, jusque dans les parties jadis les plus inaccessibles; le crédit des villes et de l'État qui vient de donner une preuve -si éclatante de sa toutepuissance.

L'amour des travaux utiles et artistiques et incessamment perfectionnés qui caractérise le peuple de Paris et de nos grandes villes. La forte organisation de l'assistance publique. Le nombre infini de sociétés philanthropiques qui ont pour but de rechercher les causes de misères et de les prévenir. L'ingéniosité pour trou-

1855 sur le hac,ne de Toulon (Bull. 22 janv. 185G. Rapp.' Mèlier. — Exposé sommaire des principaux symptômes observés pendant l'épidémie de typhus du bagne de Toulon en 1856 {Bull. 1er mai 1859, Happort Beau).

ÈTIOL0G1E DU TYPHUS. 261

ver des ressources quand il paraît ne plus y en avoir, ingéniosité dont nous avons eu tant de preuves pendant le siège. Voilà en résumé les raisons qui ont pour effet de rendre infiniment moins redoutables les mauvaises récoltes et de diminuer les chances de la famine et d'écarter pour notre France la genèse du typhus.

Je me suis élevé contre les complications écologiques que mon honorable ami voulait introduire dans l'élude du typhus feber, parce que ces complications faisaient surgir de nouvelles inconnues contre lesquelles nous étions impuissants; jusqu'à ce qu'il ait démontré avec précision quelles sont les races, quelles sont les localités que le typhus exanthématique envahit de préférence, je m'en tiendrai à l'étiologie que j'ai soutenue. Aux conditions fatales, mal définies, de race et de localité, je maintiens les deux causes rigoureusement déterminées : 1° Famine ou ses équivalents; 2° encombrement. Faisons tous nos efforts pour les écarter, et nous aurons vaincu un des fléaux les plus redoutables de l'humanité. Le miasme du typhus feber s'éleignant, toute la prophylaxie consiste à éviter la formation de nouveaux foyers. Nous connaissons ces causes, évitons-les. On peut ainsi prédire que c'est une maladie qui doit disparaître par la volonté seule de l'homme et par les bienfaits de la civilisation (1).

(1) Voilà une opinion que dans mes cours je soutiens depuis plus de vingt ans et qui a été adoptée par mon trèscher ami Grisolles {Traité de pathologie interne , t. Ier, p. 70, 8e édit).

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