BOUCHARD AT
ne peut citer qu'un cas d'allmgo dans lequel il obtint
un résumai irès-avanlageux.
Ledocleur Flarer emploie le chlorhydrate de quinine sons forme de collyre, 1 à 2 grammes de chlorhydrate pour 100 grammes d'eau distillée, ou sous forme de pommade à la même dose pour 30 grammes d'axonge.
Le docteur Vana a eu recours, à la Clinique oplithalmologique de Bologne, au sel de quinine dans les kératites suppuralives et scrofuleuses, et il en a signalé l'efUcacilé.
(Padellon medico. — Ann. de la Soc. de méd. d'Anvers.)
Sulfate de iiuiiiïnc ; action mur l'utérus*
(MONTEVERDI.)
Après une demi-heure d'emploi du médicament, il se produit dans cet organe de légères contractions non accompagnées de douleurs ; et ces contractions deviennent graduellement plus prolongées et plus fortes, aveedes intervalles dislincls de repos tout à fait analogues aux douleurs ordinaires de la parturition. Ces effets durent pendant des deux heures. Il croit que la dose de !20 centigrammes environ convient le mieux pour effectuer l'expulsion dufœius et du placenta. La quinine lui paraît préférable à l'ergot de seigle, parce qu'elle n'exerce aucun effet nuisible sur la mère ou l'enfant, parce que son aciion est très-sûre, parce que les contractions qu'elle provoque ont un caractère régulier et naturel, enfin parce qu'elle est exempte
TONIQUES. — ASTRINGENTS. 183 de danger, à quelque période de la grossesse qu'on l'administre. Elle lui semble préférable aussi dans les cas de rétrécissement du bassin, de dilatation incomplète du col utérin, et avant l'écoulement des eaux.
La quinine a rendu des services au docteur Monte verdi dans la métrorrbagie de la grossesse, dans l'aménorrhée occasionnée par l'état de torpeur de l'utérus, dans la fièvre puerpérale. Il considère la quinine comme indiquée dans toutes les maladies des organes digestifs et de l'appareil génito-urinaire liées à un état d'aioniede ces divers organes. M. Monteyerdi indique le danger qu'il pourrait y avoir à faire usage delà quinine dans l'état de grossesse, pour une affection quelconque qui demanderait son emploi : l'avortement ou l'accouchement prématuré pourrait en être la conséquence. Lorsque la quinine paraît exercer une action trop énergique, on peut, dans ces cas, lui associer les opiacés, qui en diminuent les effets. Enfin, il considère la quinine comme contre-indiquée, d'une manière générale, dans les affections hystériques.
(Gaz.méd. de Paris, 1&72.)
Quinine; sonemploï dans les cas urgents. (COLIN.)
Il faut dans let> cas graves, urgents, employer d'une manière exclusive les sels les plus riches en quinine et ceux qui en même temps sont le plus solubles. Il faut se rappeler même que chaque solution de ces sels aura chance de se réduire, en pénétrant dans un milieu alcalin, comme certaines sections du
18/t ANNUAIIŒ DE THÉBAPÈUTIQIJE.
tùbe digestif (celles où prédominent le mucus intestinal, le suc pancréatique) et comme le sang lui- môme ; il est donc rationnel d'administrer, en même temps que les sels neutres de quinine, diverses boissons acides qui en maintiennent ou en facilitent la solution dans le tube digestif. C'est dans ce but que Legroux faisait boire un verre de limonade après ebaque prise de sulfate neutre qu'il donnait en poudre. La forme piïulaire est certainement, pour le sulfate, même bibasique, une de celles qui se prêtent le moins à l'absorption du sel par l'estomac ; comme il n'y a aucun excès d'acide dans celle préparation, la ebance d'efficacité du médicament est réduite à son minimum, et cependant, pour la médecine militaire, ces pilules ont l'avantage réel d'être à la fois d'un transport extrêmement facile et de renfermer une dose bien déterminée de médicaments ; pour qu'elles soient administrées utilement, il faut, dans les cas urgents, les délayer dans un liquide acidulé, par du jus de citron par exemple, mais de préférence par un acide minéral. En Allemagne, on emploie fréquemment, comme véhicule des sels de quinine, l'eau gazeuse chargée d'acide carbonique, qui a non-seulement l'avantage d'agir comme dissolvant, mais d'augmenté! la tolérance de l'estomac pour ces médicaments. Cette influence de l'acide carbonique sera utile surtout dans les conditions morbides où les acides de l'estomac, qui constituent un milieu favorable à la solution de la quinine neutre ou basique, seront eux-mêmes dominés dans leur action par une abondance exceptionnelle delà sé-
crélion hépatique ; les acides biliaires forment en effet, avec la quinine, des composés très-peu solubles qui seront complètement inertes S'il n'a pas été prescrit simultanément une certaine quantité soit d'acides minéraux, soit d'eau gazeuse.
Sur le tannate de quinine.
(BlUQDET, VULPIAN, J. PtEGNADLDj HÉRARD, LAMBKON.)
J'ai inséré dans Y Annuaire de 1871, p. 13, une formule extraite d'un travail intéressant de M. le docteur Bourgogne, sur l'emploi du tannate de quinine ; M. Héraida fait un rapport favorable sur ce travail à l'Académie, ils'en eslsuivi une discussion. MM. Mialhe, Briquet, Vulpian, Regnauld, Lambron y ont pris part; je vais reproduire les dernières phases de ce débat.
«M. Briquet avance, dit M.Vulpian, queM-Guyochin se trompe quand!! évalue la solubilité du tanna te de quinine à i pour 950 parties d'eau distillée à la température ordinaire, et il assure que le tannate de quinine n'est soluble que 3 ou ZiOOO fois son poids d'eau distillée. M. Guyochin a cherché le coefficient de solubilité du tannate de quinine de trois provenances : le sel avait été pris, dans un cas, chez M. Storck, droguiste; dans un autre cas, chez un autre droguiste, M. Castelhaz ; et le troisième échantillon provenait de la Pharmacie centrale. La solubilité a varié pour chacun de ces échantillons, mais dans de faibles proportions. 100 grammes d'eau distillée à la température ordinaire ont dissous de 11 à 14 centigrammes de tannate ; de
ANNUAIRE DH IHÉRAPE UTIQUI-.
telle sorte que le coefficient de solubilité du tannate d« quinine variée de f| j à Pour constater ces chiffres, M. Guyochlll triture avec soin dans un mortier une quantité indéterminée de tannate de quinine dans une quantité indéterminée d'eau distillée; il laisse dépeser le sel en suspension ; il décante, puis il filtre plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il obtienne une solution limpide. On évapore ensuite 100 grammes de celte solution, on dessèche le résidu et on le pèse.
Pour se convaincre qu'il y a une proportion trèsappréciable de tannate de quinine en solution dans le liquide que je montre à l'Académie, il suffit de le traiter par le réactif de M. Bouchardat, ou par la solution d'iodtire double de mercure de potassium. On voit, dans ces deux expériences, se former immédiatement un assez abondant précipité, indiquant la présence d'un alcaloïde en dissolution.
Je ne parlerai pas de la confusion que l'on aurait faite, d'après M. Briquet, entre le sulfate neutre et le bisulfate de quinine. Il est trop clair que nous avons voulu parler uniquement, dans notre comparaison, du sulfate neutre, le seul que l'on trouve d'ordinaire dans le commerce et dans les pharmacies, et le seul moyen que nous ayons employé dans nos expériences comparatives.
Quant à ce qui concerne l'absorption du tannate de quinine, l'expérience faite par M. Briquet prouve seulement que ce sel est absorbé moins facilement et en moindre quantité que le sulfate de quinine, ce que nous avions indiqué de la façon la plus nette. Mais de
là à admettre que le (annale n'est pas absorbé, il y a loin. Lorsque nos malades ont pris 2 grammes de ce sel, on a, d'ordinaire, trouvé la réaction caractéristique, mais très-faible, dans l'urine des vingt-quatre premières heures; en continuant à donner cette même dose, nous constatons une réaction bien plus nette le second jour et encore plus marquée le troisième jour. On sait que le sulfate de quinine, donné à dose constante, se retrouve aussi en bien moins grande quantité dans l'urine des vingt-quatre premières heures que dans l'urine des jours suivants. Lorsque nous avons prescrit U grammes de lannate de quinine, les réactions déjà bien apparentes le lendemain, dans l'urine des vingt-quatre heures, devenaient trèsaccusées dans l'urine des jours suivants. Voici de l'urine d'un malade qui prend du tannate de quinine depuis trois jours, et l'on peut voir, à l'aide dos deux réactifs que nous venons d'employer pour les solutions de tannate dans Peau, que cette urine contient une certaine quantité de quinine.
Il est certain que l'urine des malades qui ingèrent 1 gramme de sulfate de quinine donnerait, le second ou troisième jour, une réaction bien plus forte que je viens de montrer ; mais je le répète, nous n'avons jamais nié que le sulfate de quinine ne fût absorbé en plus grande quantité que le tannate.
M. Briquet se demande pourquoi j'attache tant d'importance à prouver qu'il se dissout quelques parties de tannate de quinine. Je lui répondrai que je n'attache à ce fait pas plus d'importance qu'à tout
188 ANNUAIRE DE THÉRAPEUTIQUE, autre fait scientilique quelconque. On contestait, jusqu'à un certain point, la solubilité du tannate de quinine, on prétendait qu'il n'était absorbé que d'une façon douteuse ou très-faible; j'ai voulu m'éclaircr sur ce point, et les expériences de M. Cuyochin ont montré que ce sel de quinine possède une solubilité presque égale à celle du sulfate neutre de quinine, et d'autre part, qu'il est absorbé en quantité trèsappréciable.
Si le degré de solubilité de ces deux sels est aussi peu différent que l'a montré M. Guyochin, on est conduit à chercher la raison de la différence qui existe entre le sulfate de quinine et le tannate, au point de vue de l'absorption dans les voies digestives. Il est probable qu'il faut chereber la raison de cette différence dans l'action différente, comme degré, des acides sur ces sels. Le sulfate de quinine se dissolvant proportionnellement en bien plus grande quantité dans les solutions acides que le tannate, rencontre vraisemblablement dans l'estomac des conditions bien plus favorables à son absorption que le tannate de quinine.
Enfin, quant à l'action thérapeutique du tannate de quinine, je crois avec M. Briquet et les autres membres de l'Académie qui ont appuyé ses observations, que ce sel doit être bien moins efficai e contre les intoxications palustres que le sulfate de quinine. Et pour ce qui concerne l'action possible de cette substance contre la diarrhée, je doute que cette action, si elle existe, puisse égaler celle de quelques autres
TONIQUES. — ASTRINGENTS. 189 médicaments usuellement employés ; mais, en définitive, c'est là une question d'expérimentation et non de raisonnement.
M. J. Regnauld : Remarques relatives au tannate de quinine. — Je n'ai fait aucune expérience relative aux propriétés physiologiques on thérapeutiques du tannate de quinine. Je. désire donc, quant à présent, rester complètement étranger au débat qui s'est élevé touchant l'inertie ou l'activité de cette combinaison. Cependant, les opinions contradictoires qui ont été émises au sujet des applications de ce sel étant fondées sur quelques-unes de ses propriétés physiques, il me semble que celles-ci méritent un examen attentif.
Il a été parlé de l'insolubilité ou de la solubilité dans l'eau du tannate de quinine, mais rien n'a été spécifié sur la température à laquelle les déterminations ont été faites ; pourtant, en de telles matières, un peu de précision est utile, sinon indispensable. Le tannate de quinine (1) n'est nullement insoluble, dans le sens, au moins que les chimistes attachent à ce mot, quand ils parlent de quelques corps simples ou de ccriains
(1) Il s'agit du composé obtenu par la précipitation du sulfate de quinine au moyen de l'acide gallotannique. Je compare en ce moment les propriétés de ce sel à celles du tannate provenant de la décomposition de l'acétate. Rien n'a été dit jusqu'ici dans la discussion sur le mode de préparation des sels employés aux expériences cliniques, et pourtant j'ai lieu de croire que là est l'origine des divergences que nous avons vu surgir.
190 ANNUAIRE DE THÉ R AÇEUTIQUEi composés minéraux; Récemment précipité ou séché a une basse température, il se dissout assez à -f 10 ou 15 degrés pour donner du dichroïsme à l'eau, et disparaître peu à peu par des lavages prolonges sur un filtre. Mais, c'est là un point sur lequel je crois nécessaire d'insister, la solubilité de ce sel croît rapidement avec la température; de telle sorte que si l'on délaye du tannate de quinine dans un ballon contenant de l'eau distillée dont on élève lentement la température, une portion notable du sel est dissoute bien avant que l'ébullition soit atteinte.
En présence de cet accroissement de la solubilité du tannate de quinine avec la température, je me suis demandé si le phénomène n'était pas déjà trèssensible à -f- 38 degrés, température que ce sel atteint certainement dans les circonstances où on l'ingère. Or, si l'on porte à -f 38 degrés de l'eau distillée dans laquelle on a suspendu un léger excès de tannate de quinine, et qu'après avoir quelque temps agité le mélange, on le fibre dans une enceinte maintenue à cette température, on obtient une solution parfaitement transparente. Mais celle-ci abandonnée au refroidissement ne tarde pas à devenir opaline, puis trouble et enfin complètement opaque, grâce au précipité de tannate qu'elle laisse déposer. Lorsqu'on chauffe ce liquide, il s'éclaircit de nouveau à mesure que la température s'élève ; vers -f- 38 degrés, tout le sel se redissout et la solution est transparente; on peut renouveler indéfiniment comme pour les liqueurs amylotanniques, ces alternatives d'opalescence et de translucidité.
TONIQUES. — ASTRINGENTS. 191 Je ne donnerai pas aujourd'hui les nombres qui expriment ces diverses solubilités, mais tout le monde, en répétant ces expériences sur du tannate de quinine récemment précipité, pourra se convaincre que celte combinaison possède, à + 38 degrés, seule température qui offre un intérêt thérapeutique, une solubilité du même ordre que celle de plusieurs médicaments fort actifs.
Personne, du reste, il me semble, ne cherche à faire du tannate de quinine un succédané du sulfate de quinine ; son infériorité dans les applications usuelles est depuis longtemps admise, elle est démontrée par tous les faits consignés lors de la tentative avortée de M. BarreswiL Pelletier et Caventou ont non-seulement fait une grande découverte, la quinine, mais ils ont été guidés par un tact merveilleux, en choisissant parmi les sels de quinine, celui qui se prêtait le mieux aux exigences de la médecine. On peut dire que la question est bien et définitivement jugée.
Mais il y a loin de celte vérité au fait d'affirmer l'inertie du tannate de quinine, et de nier par des raisonnements à priori son efficacité comme médicament spécial et distinct. Il serait regrettable de perdre de vue l'origine de cette discussion ; et je crois que, si par malheur il nous arrive encore d'avoir à combattre une épidémie cholérique, quelque séduisants ou rationnels que soient nos arguments, les cliniciens se feront un devoir, et ils auront grandement raison, d'établir par la voie expérimentale la
192 ANNUAIRE DE THÉRAPEUTIQUE, valeur des assenions con tenues dans le mémoire dont notre savant collègue, M. Hérard, vous a présenté "intéressante analyse.
M. Hérard rappelle que son rapport sur le prix Barbier a été le point de départ de la polémique qui s'est élevée sur la valeur thérapeutique du tannale de quinine. JI demande à communiquer à l'Académie une lettre qu'il a reçue de M. Lambron, correspondant de l'Académie, l'un des médecins qui avait été chargé, autrefois, d'expérimenter le tannate de quinine dans les régions palustres du Berry.
Voici cette lettre :
« Permettez-moi, cher confrère et ami, de recouiir à votre obligeant intermédiaire pour transmettre à l'Académie les quelques considérations suivantes que je me permets de lui soumettre au sujet de l'action physiologique et curative du tannale de quinine, objet en ce moment d'une sérieuse discussion de la part de plusieurs de ses membres.
» Je crois pouvoir intervenir dans ce débat, par cette raison que je fus l'un des trois médecins, exerçant dans des pays à fièvres intermittentes, auxquels l'Académie a daigné confier l'expérimentation clinique de ce nouveau fébrifuge, lors de sa découverte par M. Barreswil.
» Je regrette seulement de n'avoir point ici les notes et les observations qui m'ont servi à faire le rapport que j'ai eu l'honneur de lui adresser, je serais plus explicite et plus précis. Quoi qu'il en soit, voici ce qui m'est resté en mémoire, comme essentielle-
ment pratique; car, jusqu'ici, dans les communications et les objections faiies au sein de l'Académie, je ne trouve que des raisonnements plus ou moins savants et aucun fait clinique.
» Les conclusions de mon rapport à l'Académie ne renferment, au contraire, rien de théorique, mais ressorient exclusivement d'observations faiies sur les pauvres fiévreux du Bas-Berry; or, les sujets d'expérimentation n'y manquent pas, car j'ai montré dans un rapport adressé, sur sa demande, à M. le préfet de l'Indre, et imprimé aux frais du déparlement par décision du Conseil général, qu'à certaines années, il y a, dans un grand nombre de ces communes, un fiévreux sur quatre habitants, et je n'ai pas besoin de faire remarquer combien on y trouve de fièvres récidivantes, c'est-à-dire très-difficiles à guérir.
» Voici donc ce que l'expérimentation m'a démontré :
» 1° Le tannaiede quinine coupe parfaitement bien la fièvre intermittente, seulement il faut le donner à plus hautes doses que le sulfate de quinine. M. Barreswil, auquel j'adressais celte observation pour lui montrer qu'il n'y avait pas économie pour les pauvres fiévreux de nos campagnes, bien que ce nouveau fébrifuge fût vendu à moitié prix du sulfate de quinine, m'observa que cette action curative moindre provenait de ce que le tannaiede quinine ne renferme qu'un atome de quinine pour deux atomes d'acide tannique: tandis que le sulfate renferme un atome de quinine et un atome d'acide sulfurique ; c'est-à-dire
IW ANNUAIRE DE THERAPEUTIQUE, qu'à poids égal, on a cl ministre moitié moins de quinine avec le premier sel qu'avec le second; or, c'est exclusivement de l'alcaloïde que l'un et l'autre tiennent leur action fébrifuge.
» 2° En donnant le tannate de quinine a dose double du sulfate, on obtient à peu près les mêmes résultats qu'avec ce dernier sel.
» 3° Dans ces conditions, on voit très-bien diminuer la rate, seulement un peu plus lentement qu'avec le sulfate.
» k° L'action physiologique du tannate est moins rapide que celle du sulfate; donc, dans ces cas de lièvre intermittente pernicieuse, je considère comme très-prudent de préférer le. sulfate de quinine.
» 5° Le tannate irrite bien moins l'estomac et surtout les glandes à pepsine, il nuit donc moins à la digestion et amène bien plus tardivement la satiété que le sulfate ; conséquemment, son usage peut être continué durant plus longtemps, et c'est là la condition essentielle pour obtenir la cure des fièvres intermittentes rebelles et le retour de la rate à ses proportions normales, indication presque toujours certaine d'une réelle guérison.
» 6° Lorsque la fièvre intermittente est accompagnée de diarrhée, le tannate doit être préféré au sulfate, en ce qu'il modifie heureusement l'état intestinal, tandis que le sulfate souvent l'exagère. Cela viendrait à l'appui des observations de M. Bourgogne.
» 7° Lorsque les accès de fièvre se terminent par des sueurs profuses, le tannate de quinine modifie
TONIQUES. — ASTRINGENTS. 195 bien plus sûrement que le sulfate ces déperditions excessives. Cette observation m'a conduit à administrer le tannate dans les sueurs nocturnes des phtliisiques, et j'ai eu, non toujours, mais très-souvent lieu de m'en louer.
» Tout ce qu'on dit sur l'insolubilité et sur le nonpassage dans les urines du tannate de quinine ne saurait jamais, ce me semble, détruire ces déductions tirées de faits cliniques bien observés et recueillis en grand nombre.
» Recevez, etc. »
[Bulletin de V Académie de médecine.)
Sur l'iiydraste <ln Canada. (VAN DER Espt.)
Cette plante, connue aussi sous le nom de sceau-d'or (Hydrastis canadensis), est originaire du Canada, comme son nom l'indique, et appartient à la famille des Renonculacées. C'est le rbizome, jaune, lactescent à l'air frais, tortueux, composé de tubercules noueux, charnus et garnis de nombreuses fibres longues, qui est employé en médécine. On y a découvert deux alcaloïdes : l'un jaune, la berbérine ; l'autre blanc, l'bydrasline.
La berbérine qui existe dans l'épine-vinette, la racine de columbo et dans d'autres bois tinctoriaux, se présentesous forme de petits prismes groupés concentriquemenf, ou d'aiguilles soyeuses d'un jaune clair.
196 ANNUAIKE DE THÉRAPEUTIQUE.
Elle est inodore, d'une saveur a mère persistante, peu soluble à froid dans l'alcool et l'eau distillée, complètement insoluble dans l'éther. Elle forme avec l'acide Chlorhydrrque un sel qui cristallise en fines aiguilles jaunes. Quant à l'hydrastine, elle cristallise sous forme de prismes à quatre pans, d'un blanc éclatant, qui par la dessiccation perdent leur transparence. Elle est irèsamère et piquante, et provoque dans, la bouche la sensation d'engourdissement, ce qui fait qu'on l'emploie en Amérique comme aneslhésique local. Presque insoluble dans l'eau, elle est très-sol uble dans l'alcool, l'étlier, le chloroforme, la benzine. Comme ces trois derniers corps ne dissolvent pas la berbérine, on peut très-facilement extraire l'hydrastine de la racine réduite en poudre, en la traitant dans un appareil à déplacement par un de ces liquides, et l'on en obtient ainsi 1 1/2 pour 100.
Les médecins américains ne prescrivent ni la berbérine ni Phydrasiine, mais une matière cristalline, qu'ils désignent sous le nom d'hydrastin, et qui, d'après M. Perrains, est un mélange de chlorhydrate de berbérine et d'hydrasline. La pureté de ce produit dépend de son mode d'extraction. — Parmi les procédés indiqués pour l'obtenir, celui du docteur Wayne est le plus simple : il consiste à traiter par macération cl déplacement par l'eau froide, la racine du sceau-d'or réduite en poudre. La colature obtenue est traitée par l'acide chlorhydrique ; il se forme un précipité qu'on sépare à l'aide du filtre et qu'on lave, puis qu'on traite par l'alcool et qu'on laisse cristalliser.
TONIQUES. — ASTRINGENTS. 197 L'hydrastin se présente sous forme de cristaux aciculaires jaunes, sans réaction acide ou alcaline, et donnant par trituration une poudre d'un jaune clair. Il est soluble dans l'alcool bouillant, insoluble dans l'alcool froid, l'éther, le chloroforme, l'essence de térébenthine et l'eau distillée. Cependant, ces différents liquides acquièrent une teinte jaunâtre et contiennent de l'hydrastine.
Le rhizome du sceau-d'or est un amer analogue au Colombo, et par conséquent un tonique. On l'administre sous forme de poudre, à la dose de 50 centigrammes à 1 s1- 50 centigrammes , et on prescrit l'hydrastin depuis 5 jusqu'à 50 centigrammes. A doses plus élevées, ces substances agissent comme laxatives à la manière de la rhubarbe. Ce dernier effet, d'après M. Van den Corput, en l'absence de tout principe calhartique ou irritant, serait purement passif, et dépendrait d'une sorte d'indigestion on de la précipitation du travail mécanique de l'appareil digestif, sous l'influence des doses massives du médicament.
Les affections dans lesquelles l'hydrastin peut être employé avec avantage, sont toutes celles qui se rattachent directement à l'atonie ou à l'hypercrinie des muqueuses : par exemple, la dyspepsie des cblorotiques, le catarrhe intestinal, la leucorrhée, les inflammations chroniques de la muqueuse oculaire et de la muqueuse vésicale. — La décoction pour usage externe se prépare en faisant bouillir 30 grammes de racine concassée dans 500 grammes d'eau. {Un. méd.)
198 ANNUAIRE DE THRBAPE UTJQUE.
Aleoolatiirc d'Eucalyptus poui* désinfecter le»
piaië». (Demarquay.)
L'alcoolalure d'Eucalyptus a donné les meilleurs résultats pour désinfecter les plaies, dans des cas même où d'autres agents avaient échoué. Nous ajouterons que ce topique n'a pas agi seulement en désinfectant et améliorant l'étal des plaies sur lesquelles il était appliqué, mais qu'il a eu en même temps d'autres effet* des plus avantageux en rendait aux malades l'appétit et le sommeil que les odeurs fétides leur avaient enlevés. Les chambres, s'imprégnani de l'odeur aromatique propre à l'Eucalyptus, deviennent saines, étant tout à fait exemptes d'émanations putrides. M. Demarquay attache une grande importance à ce résultat ; car c'est toujours un des grands écueils des services hospitaliers, quels que soient les soins et les procédés employés pour obtenir une ventilation et une aération assainissantes. (Bull, thérap., 15 mai 1872.)
ICmploï des feuilles de laurier noble contre tes fièvres intermittentes. (DORCY.)
Des médecins distingués, à Carentan, à Saint-Lô, MM. les Docteurs Letouzé, Scelles de Monldézert, Alibert, ont bien voulu essayer ce remède au centre même d'une région que les travaux d'inondation nécessités par la guerre ont faits un foyer d'infection ; MM. J. Lafosse à St-Côme du Mont, Yver L. à.Vier-
▼illo ont également employé le laurier contre les fié vros des marais.
Sur oli cas, il y a eu 28 gnérisons, et parmi les per sonnes traitées, il en élait plusieurs qui ne pouvaient supporter le sulfate de quinine et un certain nombre chez lesquelles ce puissant spécifique avait échoué.
Pour préparer mon médicament, je me borne à dessécher à une très-douce chaleur dans un brûloir à café clos, pour m'opposer à la déperdition des matières volatiles, mes feuilles vertes jusqu'à ce qu'elles deviennent cassantes ; je les pile et les passe au tamis de soie.
Voici mon mode d'administration. Je fais macérer durant 8 ou 10 heures dans un verre d'eau an gramme de poudre, et deux heures avant l'heure présumée de l'accès, je fais avaler au malade liquide et poudre. Ce traitement a lieu à trois accès successifs seulement.
Racine de ratanhia «le Para. (PLUCKIGER.)
M. F. A. Fluckiger a examiné la racine de ratanhia, décrite par M. Cotlon, dans sa thèse à l'École de pharmacie de Paris, sous le nom de racine de ratanhia des Antilles, et l'a trouvée identique avec la racine décrite par Berg, en 1865, sous le nom de ratanhia du Brésil. La couleur de la racine de ratanhia officinal de Payta est rouge, celle de Savanille est violette, et celle de Para (ainsi nommée parce qu'on l'exporte de Para) a une couleur gris brun. Cette dernière, semblable à la racine de ratanhia de Savanille, est colorée
en bleuâlre per le sulfate de fer, et comparée aux deux autres espèces, elle est beaucoup plus élastique.
Il existe dans le commerce trois espèces différentes de raianhia, qui portent les noms des trois ports principaux d'où on les expédie : Payta, Savanille et Para.
La première espèce est bien décrite dans les traités modernes de pharmacognosie.
La racine de Para a été décrite par Berg, sous le nom de racine de raianhia du Brésil, et par Cotton, sous le nom de racine de ratanhia des Antilles. La couleur distingue nettement la racine de Savanille de celle de Para.
L'origine de la racine de Para est inconnue.
On ne doit pas admettre pour l'usage médical la substitution de la racine de Para aux autres espèces. {Ann. pharm. de Méhu.)
Acide lactique c. glycosurie. (BALFOIS.)
Acide lactique 5 grammes.
Eau 300 —
Mêler pour un jour. Le sucre disparut, mais le malade était privé de sucres et de féculents!
Acide lactique contre croup. (WliBERG.)
MM. Bricheteau et Adrian ont essayé l'acide lactique contre le croup ; voici comment M. Weberg l'emploie
comme dissolvant dans le croup, d'abord à la suite de la trachéotomie, puis môme dans des cas paraissant nécessiter celte opération, qu'il n'eut dès lors plus lieu de pratiquer, tant les résultats de ce traitement furent favorables. L'applicalion a lieu au moyen d'un appareil inhalateur et l'on emploie dans ce but de quinze à vingt gouttes d'acide pour 15 grammes d'eau, d'abord toutes les demi-heures; puis plus tard, à mesure que l'affection diminue, seulement toutes les une ou deux heures, en réduisant en même temps le nombre des gouttes à dix e* même à cinq.
Acide acétique dans les maladies de la conjonctive. (POPE.)
L'acide employé parle docteur B. -A. Pope, de New- Orléans, était d'une densité de 1,041 : il était porté sur les parties malades d'abord au moyen d'un petit bâton pointu, puis d'un pinceau. Il faut que le pinceau ne contienne pas d'acide en excès et il est bon aussi d'enlever l'humidité des endroits où l'on veut l'appliquer. De cette manière, il se fait une légère cautérisation à réaction moyenne et à douleur très-passagère. Comparée au nitrate d'argent et au sulfate de cuivre, l'action de l'acide acétique est plus douce ; l'eschare épithéliale produite se détache rapidement et laisse une surface lisse qui guérit d'une manière rapide.
Dans les cas suivants, il a constitué un moyen précieux : 1° dans un cas d'induration verruqueuse de la conjonctive, guérie d'abord par excision et cautérisa-
202 ANMJA1UE DE THÉRAPEUTIQUE, lion avec la pierre infernale, et qui avaii récidivé, i g* cide acélique amena une guérison plus rapide et sans récidive; 2° contre le relâchement de la conjonctive a vec hypertrophie de la couche épiiln'liale ; 13° contre le tr achônic dans son étal de développement ; h" contre le pinguecula enflammé ; 5° contre l'hypertrophie delà caroncule lacrymale et du repli semi-lunaire et contre le ptérygion ; G0 dans deux cas d'induration calcaire de l'épithélium de la cornée, précédée d'opérations ; dans un de ces cas, la guérison fut obtenue; 7° dans un cas de trouble complet et dense de la cornée, après diphthérite de celte membrane, compliquée d'ophthalmie, chez un nouveau-né, l'acide a amené une amélioration vainement cherchée par d'autres moyens. [Rev. de thérap, méd.-chir. , 1er juin 1872.)
ALTÉRANTS. — SUBSTITUTIFS.
Pommade c. opacité tic la cornée. (SOELBEHG
Wels.)
lodure de potassium 5 centigr.
Oxyde jaune de mercure 10 —
Axonge. . . , 30 grammes.
A'ote sur remploi d'une pommade au sulfate de cuivre contre riclituyose. (A. LAILLER.)
Observation. — M..., vieillard de soixante-douze ans, atteint de démence, suite de lypémanie, d'une constitution unpeu délicate, ayant éprouvé à plusieurs
ALTÉRANTS. — SUBSTITUTIFS. 203
reprises des dérangements dans les fonctions digeslives, ressentit vers la fin de l'année 1869 les premières manifestations d'une dermatose localisée sur le cartilage du nez. Celle affection débuta par une teinte plus foncée de la peau ; la région qui en était le siège devint sèche et rugueuse au toucher. Bientôt les phénomènes • morbides s'accentuèrent, Tépiderme se recouvrit de squames irrégulières, non imbriquées, d'une couleur terreuse, petites, larges à leur base et acuminées à leur sommet ; elles n'étaient pas en nombre considérable vu le peu d'étendue de la partie malade , mais elles descendaient cependant sur les faces latérales du nez. M. le docteur E. Dumesnil, médecin- directeur de l'Asile, reconnut !à les caractères de l'iclilhyose ; le diagnostic fut confirmé par la marche de la maladie. L'éliologie était plus difficile à établir; on ignorait complètement si l'affection était héréditaire , on ne pouvait également invoquer pour en expliquer la venue, l'influence d'agents extérieurs. Le malade occupé aux travaux des champs n'avait jamais à redouter le contact de substances caustiques et irritantes. La malpropreté, les mauvaises conditions climalériques, une alimentation insuffisante ou insalubre ne pouvaient pas davantage entrer en cause. M..., qui d'ailleurs est naturellement très-propre, prenait, comme tous nos aliénés des bains assez fréquemment pour débarrasser le tissu dermalique de toutes substances ou humeurs irritantes, son alime ntation répondait aux besoins de l'hygiène, et l'Asile de Quatre-Mares est situé dans des conditions climatériqueset lclluriqr.es qui ne laissent rien à désirer.
20/i ANNUAIRE DE THÉRAPEUTIQUE.
La seule cause à laquelle on pouyalt rattacher, et peut-être non sans raison, Pédologie de l'affection^ réside dans l'élat maladif des voies digcsiives.
Quoi qu'il en soit, le diagnostic étant porté, M. Dumcsnil conseilla l'usage d'une pommade à l'huile de cade sur toute la région malade ; ce traitement n'amena aucun résultat satisfaisant ; on employa également sans succès les pommades au soufre, au précipité blanc, au calomel à la vapeur, au chloro-iodurc mercurcux • (sel de Bontigny), puis une solution de bichlorure de mercure. On suspendit tout traitement externe, et le 8 octobre 1870, après quelque temps d'expectation, on soumit le malade à un traitement interne arsenical (liqueur de Fowler). Le 26 janvier 1871 on fut obligé de cesser cette médication à cause de troubles survenus du côté des voies digeslives, elle n'avait d'ailleurs produit aucun bien, l'ichthyose s'était même manifestée, légèrement il est vrai, aux joues. On dirigea, alors, le traitement dans le but de rétablir ies fondions de l'estomac ; le malade revint bientôt à un état de santé relativement satisfaisant, l'ichthyose disparut des joues, mais elle resta avec son étendue et ses caractères primitifs sur la partie cartilagineuse du nez C'est dans ces conditions que le 6 mai 1871, M. Dumesuil prescrivit l'emploi d'une pommade au sulfate de cuivre, dans les proportions de quatre parties du sel pour 30 parties d'axonge benzoïnée ; celte pommade devait être appliquée assez souvent pour que la région atteinte en fût constamment recouverte. Dix ou douze jours après, les squames tombèrent complètement et le derme
ALTÉRANTS. — SUBSTITUTIFS. 205mis à nu ne paraissait nullement altéré ; c'est, comme on le sait, un des caractères de celle maladie cutanée. La pommade fut encore continuée pendant quelques jours, puis on en cessa l'usage.
Un mois plus tard l'affection reparut avec son intensité première, le même traitement fut institué, et il1 fut, comme précédemment, couronné de succès. Toute trace de l'ichthyose étant disparue, mais craignant un retour du mal, M. Dumesnil prescrivit la continuation delapommadeen ne l'employant que le soir au moment du coucher, en légères onctions sur la région qui avait été le siège de l'herpès.
Aujourd'hui U mars 1872, moyennant ce soin si facile à s'imposer et à suivie, le malade ne présente aucune marque de son affection cutanée, ni sur le nez, ni sur toute autre partie du corps. Ce succès doit trèscertainement être attribué à l'action du sulfate de cuivre employé sous forme de pommade ; il révèle l'action thérapeutique d'un médicament qui jusqu'alors n'avait point été conseillé dans une maladie qui a le triste privilège d'être d'une extrême opiniâtreté, et de résister le plus souvent aux moyens généralement usilés.
Ce succès pourrait-il s'étendre à d'autres affections cutanées? Je l'ignore, mais je dois dire que dans un cas de favus, M. Dumesnil n'a tiré aucun profit de la pommade au sulfate de cuivre quï lui a si heureusement réussi dans le cas d'ichlhyose qui fait le sujet de celte observation.
BOUCHARDVT. 1872.
Sulfate «le zinc daiiM la eliorée. (DlCKlNSON.)
Plusieurs sels de zinc ont déjà élé employés contre l'épilepsic et la chorée. Voici comment M. Dickinson prescrit le sulfate :
On donne 1 ou 2 grains de sulfate de zinc dans une demi-once d'eau, deux ou trois fois par jour. Chez les anémiques, on y ajoute 1 grain ou 2 de sulfate de fer ; on augmente la quantité de zinc d'un grain chaque jour ou chaque deux jours, jusqu'à ce que les mouvements choréiques aient diminué, ou jusqu à ce que le remède ait produit du inalaise, et alors ou l'on diminue peu à peu la dose, ou l'on cesse tout à coup l'administration. Le médicament se donne généralement après un repas, et dans ce cas seulement il ne produit pas de malaise. Quelquefois, lorsque le sulfate -de zinc a produit des vomissements, ceux-ci ont cessé après qu'on a, pendant quelques jours, discontinué d'augmenter la dose. La diarrhée a élé observée, mais elle n'était pas due au zinc, car elle persistait quelquefois après sa cessation, et elle existait d'autres fois chez des enfants qui ne prenaient pas de zinc.
(Gaz. méd.)
Chlorures d'or, de palladium. (PiâBUTEA U.)
Ces sels, ayant élé administrés à des rats, ont subi des phénomènes de réduction. Leur usage prolongé a déterminé une albuminurie liée à des lésions rénales.
ALTÉRANTS. — SUBSTITUTIFS. 207
Albuminuries métalliques. — Je viens de citer lesalbuminuries aurique, pallàdique. On avait déjà signalé l'albuminurie argentique (M. Liouville), l'albuminurie saturnine (M. Ollivier), que j'ai eu occasion de constater moi-même. D'un autre côté, j'ai observé, dans ces dernières années, le passage de l'albumine dans les urines après l'administration à l'intérieur, ou après l'injection dans les veines des animaux de divers sels (acétate de cadmium, d'uranium, etc.). On peut donc appliquer à ces albuminuries l'appellation commune de métalliques.
•iur les dépôts naturels (1) îles eaux ferro-arsenlcales «le la Dominique. (BOOCHARDAT.)
Ce n'est que depuis la découverte de Tripier qui a démontré l'existence d'un composé arsenical dans l'eau minérale la plus célèbre de l'Algérie que l'on a su apprécier en hydrologie l'imporlance tbérapeutique de cet agent minéralisateur. On n'hésite plus aujourd'hui à attribuer une grande part à l'arsenic dans les. propriétés des eaux si connues du Mont-Dore et de Plombières ; l'eau du Mont-Dore contient en même temps des quantités de fer suffisantes pour l'avoir fait ranger dans le groupe des eaux ferrugineuses; c'était une indication qui nous conduisait à admettre que Fuji) Voyez, dans le Répertoire de pharmacie, 1870, le mémoire de M. Lebaigue sur la composition des dépôts naturels de la source de la Dominique.
'208 annuaire DE THÉRAPEUTIQUE, nion du fer à l'arsenic pouvait présenter de précieux avantages. Ces données ont été confirmées par les heureux résultats de l'emploi de l'eau de la Dominique et des dép.ôtsde cette eau qui est le type le plusneldcseaux ferro-arsenicales. Ces résultai! sont exposés dans un mémoire intéressant de Chavannes et dans le tra\ail de M. le docteur Clcrmont, publié dans son recueil d'observations physiologiques et cliniques sur les eaux minérales de Vais.
Après la chlorose, s'il est un état pathologique qui réclame l'emploi du fer, c'est sans contredit l'appauvrissement général de l'économie qui prépare et accompagne les affections scrofuleuses, la bronchite chronique, la phtbisie pulmonaire. Mais souvent cet héroïque modificateur n'est pas toléré dans ces affections, ou détermine de redoutables hémoptysies. L'association au fer d'une très-petite proportion d*uu composé arsenical peut écarter la plupart de ces inconvénients. L'arsenic anime l'appétit, favorise la nutrition et par conséquent l'assimilation du fer.
J'ai pu récemment constater les heureux effets de celte association.
Je fus consulté par une fille de vingt-deux ans, présentant tous les caractères de l'anémie confirmée, pâleur extrême, perles abondantes et souvent renouvelées hors des époques menstruelles-, anéantissement des forces. Cet état était accompagné d'anorexie à un degré prononcé et d'insomnie. Légère matité sous la clavicule, murmure respiratoire insuffisant. J'ordonnai l'exercice, l'huile de l'oie de morue pendant la saison
ALTÉRANTS. — SUBSTITUTIFS. 209 froide; mais comme nous étions à une période de chaudes journées, j'eus la pensée (ayant affaire à une malade qui n'était pas dans l'.iisance) d'employer des dragées préparées avec les dépôts de la source Dominique qui avaient été mises à ma disposition par M. Dorvault, l'habile directeur de la Pharmacie centrale de France. Chacune de ces dragées contenait un demi-milligramme d'aiséniate de fer et 5 centigrammes de composés ferrugineux. J'ordonnaià la malade de prendre deux de ces dragées en commençant chacun de ses Jeux principaux repas. Elle vint me revoir, après avoir suivi pendant dix jours cette prescription. Je ne la reconnaissais pas, tant le changement avait été considérable : elle avait retrouvé ses couleurs, son appétit, ses forces et, chose remarquable, son sommeil était revenu et ses pertes suspendues.
Je sais qu'il n'est pas rare de voir ces modifications rapides se produire chez les chloroliques sous l'influence de ferrugineux convenablement administrés ; mais dans ce cas j'aurais hésité à recourir à des préparations ferrugineuses sans l'adjuvant arsenical, redoutant leur influence capricieuse sur Tappaieil digestif et la fréquence des hémorrhagies consécutives à leur emploi. Ce fait est insuffisant pour décider une question thérapeutique aussi complexe, mais il est encourageant pour faire de nouveaux essais.
L'emploi thérapeutique de l'arséniate de fer n'est pas nouveau, on l'a vanté en Angleterre pour combattre la cachexie cancéreuse. Biett l'a employé dans les mêmes conditions et contre les dartrejs rongeantes,
d'origine scrofule use. Ce dermalologiste si distingué nvait recours aux pilules d'arséniate de fer; dans l'eczéma, le lichen chronique, les affections squameuses, la lèpre, le psoriaris, le lupus. Chaque pilule contenait 3 milligrammes d'arséniate, il en prescrivait une chaque jour.
M. Duchesne-Duparc a eu heaucoup à se louer de ce mOme agent pour combattre les dartres furfuracées et squameuses (voyez Matière médicale, 5e édition, 1873, t. II, p. G/i7). Dans ma pensée, il doit rendre de hons services dans la cachexie qui suit ou accompagne les fièvres intermittentes, dans les formes les plus variées de la misère physiologique ; on peut y songer encore pour combattre les choi ées, les névralgies intermittentes, surtout celles qui sont liées à l'anémie.
L'hydrate de peroxyde de fer étant le contre-poison le plus efficace des acides de l'arsenic, de tous les composés arsenicaux Parseniate de fer est celui qui doit présenter le plus de garantie d'innocuité.
Voici la formule de la liqueur de Donavan, ainsi modifiée :
Liqueur tic Donavan modifiée.
Eau distillée. . .
Iodure d'arsenic
120 grammes.
5 centigrammes.
Dissolvez à chaud, et ajoutez : Biiodurc de mer-
ALTÉP.ANTS. — SUBSTI TUTIFS. 21 f
cure, 20 centigrammes, iodure de potassium, 2 à 3 grammes.
La dose est d'une à trois cuillerées à café, soit dans du lait, soit dans une infusion amère.
Avec des doses peu élevées, et en interrompant le médicament tous les vingt ou trente jours, on voit l'état général en même temps l'état local des tuberculeux s'améliorer de la manière la plus favorable.
(Bordeaux médical.)
Arsenic dans l'acide chlorytlricnie. (BOUIS.)
M. Bonis appelle l'attention de la Société cbimique sur la présence de l'arsenic dans l'acide eblorbydrique du commerce, et il signale comme moyen de purification la distillation sur de l'étain.
Bromure de potassium et opium contre le tétanos. (PANAS.)
A la suite d'une plaie, en séton de l'avant-bras gauche, ayant intéressé l'artère cubitale, Mesmère, du 23e de ligne, eut, le dixième jour de sa blessure, une hémorrhagie que nous avons dû arrêter en faisnnt la ligature de la cubitale au-dessus de la plaie. Déjà, quatre jours avant l'hémorrhagie, il avait eu du trismus qui, en se développant de jour en jour, devint du véritable tétanos. Les muscles du cou, du dos, de la poitrine et du ventre furent pris lentement et successivement, sans trop de signes d'aspbyxie. Le chloral
212 ANNUAIRE J)lî THÉRAPEUTIQUE,
fui administré les premiers jours sans succès, ce qui nous obligea dé l'abandonner, et le traitement a été constitué comme il suit : bain de vapeur tous les jours ; chaque jour 5 centigrammes d'extrait d'opium, en pilules, soit de 2 à 10 centigrammes de chlorhydrate de morphine en injections hypodermiques; plus 8 grammes de bromure de potassium. Sous l'influence r'u ce traitement, nous avons vu les accidents s'amender progressivement, et au bout d'un mois, le malale, jeune homme de vingt et un ans, frêle et faible de constitution, (Hait entièrement guéri,
Nous pensons que la méthode émolliente, consistant en applications chaudes, mises en usage par nous dans la généralité des plaies, a dû être pour quelque chose dans la rareté des cas de tétanos. C'est là une des raisons pour lesquelles nous ne voudrions pas employer les applications de glace préconisées par certains auteurs dans le traitement des plaies d'armes de guerre : le froid exposant singulièrement, comme on sait, au développement du tétanos. Du reste, les renseignements que nous avons puisés auprès des confrères qui ont fait usage de cette méthode confirment nos craintes, de sorte que la théorie et la pratique semblent être ici d'accord pour la proscrire.
{Gaz. hebd. 1872, n° 26.)
Existence «le l'iode dans les eaux «le Tais.
(A. CHATIN.)
La constatation de la présence et surtout de la pro-
ALTÉRANTS. — SUBSTITUTIFS. 213
portion de l'iode dans les eaux de Vais n'a pas occupé le chimiste 0. Henry, premier chef des travaux chimiques à l'Académie de médecine, à qui on doit une analyse des principales sources (Saint-Jean, Précieuse, Kigolette, Madeleine, Dominique) de Vais. Or, la recherche de l'iode dans ces eaux semblait d'autant mieux indiquée dans les eaux de Vais que la présence de cet élément minéralisatcur d;ms les eaux de Vichy, analogues sous beaucoup de rapports à celle de Vais, a été longtemps controversée.
On n'a peut-être pas oublié que M. de Sénarmont, rapporteur d'un travail étendu de son préparateur, M. Bouquel, sur les eaux du bassin de Vichy, travail auquel il fit décerner l'un des prix de la fondation Alontyon, relatifs à la médecine, en même temps que son insertion au Recueil des savants étrangers, alla jusqu'à louer, dans les termes suivants, M. Bouquel, pour n'avoir pas trouvé l'iode et la lithine : u II (M. Bouquel) n'hésile pas a avouer son impuissance à découvrir l'iode, la lithine..., aveu méritoire dans sa sincérité, et presque courageux, aujourd'hui qu'on paraît se résigner difficilement à enregistrer un résultat négatif, et que l'aphorisme, naguère fameux : Tout est dans tout, semble quelque peu le parti pris de certaines recherches chimiques (1). »
J'étais alors pleinement engagé dans une longue série de recherches sur l'iode, qui me conduisirent à déceler
(l) De Sénarmont, Comptes rendus, année 1854, t. IX, p. 964.
%IU AMVAXm DÈ THÉRAPEUTIQUE,
ce corps, non-seulement dans L'air, les eaux, le sol et ses produits divers, mais Jusque dan> les pierres météoriques. Il ne me fut donc point difficile de me reconnaître-dans la phrase du savant rapporteur qui croyait à l'infaillibilité du chef des travaux chimiques de l'École des mines. Mais ma confiance n'étant pas égale à la sienne, par la simple raison que des recherches encore inédiles, mais depuis longtemps exécutées, m'avaient fait reconnaître dans l'eau de Vichy des quantités d'iode, minimes sans doute, mais certaines, j'écrivis au savant minéralogiste que je me mettais 'à sa disposition, et à celle de l'auteur du mémoire pour leur démontrer que de l'iode existait bien réellement dans l'eau de Vichy.
Rendez-vous ayant été pris, j'établis sans peine, devant M. de Sénarmont, ainsi qu'au sein d'unecoramission nommée à cet effet par la Société d'hydrologie, et dont faisait partie M. Lefort, déjà exercé à l'analyse des eaux, et M. Lecomte, l'un des plus opposants, qu'il y a dans les eaux de Vichy une proportion d'iode à peu près égale à cille qu'on trouve dans les bonnes eaux potables, dans celles de la Seine en particulier.
Il arriva donc à M. Sénarmont ce qui était arrivé à M. Pelouzequand,au début de mes recherches sur l'iode des plantes d'eau douce, il affirmait en pleine Académie que j'avais dû me tromper, par cette raison péremptoire que son habile élève, Alvaro Iïaynoso, avait inutilement recherché, dans son propre laboratoire et sous sa direction, l'iode dans les cendres du cresson : ce qui arriva plus tard à M. Balard, prenant sous son patro-
ALTÉRANTS. — SUBSTITUTIFS. 215
nage les expériences de M. Luca, expériences qui conduisaient à nier la présence de l'iode dans l'air, dont M. de Luca avait vainement lavé plusieurs mètres cubes dans 2 litres de l'eau distillée du Collège de France. Or. le plus curieux ici est qu'un seul litre de l'eau distillée du Collège de France renfermait, je le prouvai à M. de Luca devant MM. Berlhelot et Balard, une . quantité très-appréciable d'iode !
Mais je reviens aux eaux de Vais, ces heureuses rivales de Vichy, qui, elles aussi, n'auraient pas d'iode, suivant les analyses faites jusqu'à ce jour. Rien n'est plus certain cependant que la présence de l'iode dans ces eaux, où il est même en proportion sensiblement plus forte que dans les eaux du bassin de Vicliy. Sans doute qu'à cet égard les différences de détail dans la composition de ces eaux, cependant congénères, tiennent à la nature, différente elle-même, au double point de vue géologique et minéralogique, des roches dont elles émergent.
Les sources du bassin de Vais sur lesquelles ont porté mes recherches, sont les suivantes : Saint- Jean, Précieuse, Rigolelte, Désirée, Madeleine et Dominique (1).
On peut constater l'existence de l'iode dans les eaux alcalines (les eaux précitées, comme la Dominique) par le procédé suivant : évaporalion à siccité de 2 litres
1(1) Le savant professeur de physique à la Faculté de médecine, M. Gavarret, a décelé dans les mêmes sources, à l'aide du spectroscope, la lilhine, que M. Frédéric Wurtz y trouvait, de son côté, par l'analyse chimique.
d'eau ; traitement du résidu par l'alcool à 85 degrés centigrades; évaporation à siccilé, calcination, reprise de nouveau el petit résidu par l'alcool à 90 degrés centigrades ; évaporation à siccilé petil coup de feu. Il n'y a plus qu'à laisser refroidir, dissoudre dans 1 décigramtne d'eau le dépôt, celte fois presque nul, resté au fond de la capsule, diviser le soluté en 2 ou 3 parts, afin d'essayer séparément la réaction par l'amidon et l'acide azotique (1), par le chlorure de palladium.
Mais si l'on décèle ainsi la présence de l'iode, on n'a pas tout celui-ci, que relient imparfaitement, au moment de la calcination, la base sodique des eaux de Vais. Il est donc de toute nécessité, pour le dosage exact de l'iode de ces eaux, de le fixer par la potasse, dont on ajoute une certaine quantité aux eaux avant leur évaporation. La difficulté d'avoir de la potasse caustique privée complètement d'iode fait seule préférer à celle-ci l'emploi du carbonate dépotasse. C'est un résultat des expériences qu'un assez grand excès de carbonate de potasse absolument nécessaire pour fixer l'iode des eaux au moment de la calcination des résidus, surtout lorsque ces derniers renferment des quantités notables de matières organiques ou de sels calco-magnésiens, cas le plus commun, doit rester dans 'eau après la précipitation de ces sels.
(1) Il ne faut jamais recourir à l'emploi du chlore pour déceler de minimes quantités d'iode, ce dernier donnant instantanément lieu à une formation de chlorure d'iode, composé qui ne donne pas de coloration avec l'amidon.
ALTÉRANTS, 217 L'une des minuties de pratique1;, dont l'oubli peut faire perdre tout l'iode des eaux et conduire par suite à des résultats négatifs erronés, est la suivante :
Quand on a lavé par l'alcool, qui doit toujours être employé à trois ou quatre reprises, les résidus secs, il est très-important d'ajouter à celui-ci, dans la capsule où doit se faire l'évaporation, une quaniité suffisante d'eau (environ un volume égal à celui de l'alcool) pour ralentir celle-ci (qui devra toujours se faire à une basse température) et empêcher que, pnr grimpementle long des parois, elle se produise aux bords supérieurs de la capsule, et non au fond de celle-ci, où alors on chercherait inutilement l'iodure de potassium, sur lequel doivent porter les réactions ou s'opérer le dosage.
Il est, du reste, impossible, à moins qu'on opérât sur de très-grandes masses d'eau, de doser l'iode ici autrement que par la comparaison des réactions avec celles fournies par des solutions titrées.
Les proportions d'iode qu'on arrive ainsi à admettre dans les sources bicarbonatées de Vais, sont les suivantes :
Source Saint-Jean 1/50 de milligr.
— Rigolette 1/25 —
— Précieuse 1/50 — fort.
— Désirée 1/50 — —
— Madeleine 1/30 —
Je ferai remarquer quela source Rigolette, la plus riche en iode, est en même temps celle qui renferme le
BOUCHARDAT. 1872. 13
218 annuaihe de thérapeutique.
moins de sels calco-magnésiens ; que Précieuse et Désirée sont à peine plus lod urées que Saint-Jean, bien que renfermant plus du double de sels alcalins ; enfin, que la Madeleine est u la fois la plus riche en iode et en sels sodiques.
Quant à la Dominique, espèce à part, en raisoto de sa nature ferro-arsenicale, elle ne contient que des trae< s d'iode. Mais cet élément, dont la proportion dans l'eau est si faible qu'il est difficile de l'y doser, se concentre dans la bouc ocracée qui se dépose non loin du griffon de la source, dans les réservoirs disposés pour Ja recueillir. J'ai, en effet, pu doser, dans 100 grammes de de ce dépôt ferro-arsenical, 1 centigramme d'iode, soit 1/10000 du poids total.
Toutes ces proportions d'iode sont petites, et cependant on peut croire, en se reportant à l'action bien connue, dans les contrées à populations lymphatiques, de sources ne contenant pas une proportion d'iode plus forte, à leur action efficace.
lotlme de potassium dans les aué> rysnws
(Balfour).
« Dans ces derniers douze mois, j'ai eu à soigner plusieurs cas d'anéviysme thoracique, qui ont tous été traités par l'iodure de potassium, et dans tous celle médication a été suivie d'une somme de succès assez grande pour justifier pleinement les éloges que j'avais, dans une circonstance précédente, faits de cette substance lorsque j'ai écrit que je la croyais plus apic
ALTÉRANTS. 219
à donner du soulagement, si ce n'est à amener une guérison, que toute autre médication jusqu'ici employée pour le traitement de l'anévrysme interne. Dans ma communication précédente, j'ai fait voir avec soin les diverses causes d'erreur qui nous embarrassent lorsqu'il s'agit de former son jugement sur tel ou tel traitement dans une maladie comme l'anévrysme thoracïque, où les symptômes présentent quelquefois un amendement spontané sans qu'aucune amélioration réelle ait eu lieu. Les observations que je rapporte aujourd'hui convaincront, je le crois, l'esprit le plus sceptique que, dans beaucoup de cas aumoins, il peut y avoir une amélioration positive dont la permanence dépend de diverses circonstances, sur lesquelles aucun médecin et aucun médicament ne peuvent excercer d'influence. La valeur du traitement se démontre par ce fait, que non-seulement un soulagement dans les symptômes, mais un amendement positif a été obtenu dans tous les cas où le malade a été soumis au médicament pendant un temps suffisant; et à côté de ces faits il en existe d'autres qui tendent à prouver que l'iodure de potassium peut non-seulement agir en guérissant les anévrysmes quand ils sont formés, mais qu'il peut encore exercer une influence prophylactique et intervenir comme modificateur puissant dans la diathèse anévrysmale, ce qui vaut mieux et pour le médecin et pour le malade.» (Edinburg Med.Journ., et Gaz méd, de Paris, 1872.)
io«i«- coni re l'Incontinence d'urine «in'*, le* vieillards (SCHMIDT).
Une femme de soixante-seize ans, ayant été atteinte de dysscnleric et Irès-affaiblic de ce fait, laissait involontairement échapper ses urines. Pendant quatre ans elle éprouva tous les pénibles inconvénients de cette infirmité qu'on regardait comme incurable. L'auteur lui fil prendre 1 goutte de teinture d'iode chaque heure, et dès le lendemain elle pouvait garder son urine. Elle continua pendant une quinzaine à en prendre 1 goutte toutes les deux heures avec un succès complet ; mais en en cessant l'usage, l'incontinence reparut. En reprenant la teinture, l'incontinence cessa de nouveau et ne reparut plus jusqu'à la mort, arrivée accidentellement deux ans après.
Chez un autre vieillard, de soixante-quatorze ans, qui souffrait depuis six mois de la même infirmité, des pilules contenant un dixième de grain d'iode furent administrées. Une amélioration imméJiate s'ensuivit et persista jusqu'à la mort, arrivée dix mois après par une inflammation pulmonaire. (Neio-York Med. Joum., et Un. méd , 1872.)
injection iodée (SïREDEY, DuQUESNEL):
L'iode altère le caoutchouc vulcanisé qui renferme du soufre; pour faire des injections iodées, le chirur-
ALTÉRANTS. 221 gien ne doit pas employer des tubes de caoutchouc vukanisé, mais des tubes de caoutchouc pur.
(Bull, dethérap. Novembre 1872.)
lodurc «le potassium; effets (MAROTTE).
M. Marotte rapporte l'observation d'une femme entrée à la Pitié pour des accidents puerpéraux. Sous l'influence de Piodurc de potassium qui lui fut administré, il s'est produit au bout de quelques jours un gonflement énorme et très-douloureux de la glande thyroïde.
Pommade contre la chute des cheveux (BODCHUT).
Extrait de jusquiame . . . . 10 grammes.
Teinture d'iode 5 —
Moelle de bœuf 30 —
Essence de bergamote. ... q. s.
F. s. a. une pommade avec laquelle on frictionnera le cuir chevelu, matin et soir, quand la chu te des cheveux a eu lieu à la suite de l'accouchement ou d'une maladie grave. On donne en outre à l'intérieur les préparations de fer et de quinquina, et, dans certains cas, le sirop d'arséniate de soude. (Union médicale.)
lodate de potasse; action physiologique (MELSENS).
J'ai prouvé que Piodate de potassium était réduit et transformé en iodure, quand il passait par l'économie
'2T1 ANNUAIRE DE THÉ HAPE LTIQUE.
animale. Je crois avoir démontré expérimentalement ei sans conlcslalion possible, que l'iodure de potassium est un médicament inoffensif par lui-même, tandis qu'il faut considérer l'iodale comme constituant un véritable poison.
Voici quelques faits à l'appui de celte dernière opinion, qui n'est pas généralement admise et souvent mal comprise ou mal interprétée.
Un chien, du poids de 9 kilog., C00, recevant à discrétion une nourriture composée de boulettes de pain et de viande intimement mélangés, ayant à sa disposition de l'eau et du lait, est soumis à l'administration de l'iodale de potassium, dissous dans l'eau, à la dose de 3 grammes par jour. L'administration se fait en deux fois, le matin après son repas et le soir avant son repas. On observe des vomissements dès la première administration; mais ceux-ci offrent, le troisième jour, un phénomène très-curieux : le pain est coloré en bleu violacé par places dans la pâtée vomie, comme si l'on avait injecté une dissolution d'iode dans l'estomac. Ce phénomène se reproduit plusieurs fois encore, les jours suivants. Le chien meurt après quelques jours ; il ne pèse plus que 7 kilog., 600. L'iodate de potassium, dans ces conditions, est donc bien un poison.
On place 20 grammes d'iodate de potassium sous la peau du dos d'un chien pesant 6 kilog., 600, dans deux poches pratiquées à droite et à gauche de la colonne vertébrale, un peu au-dessous des omoplates. L'animal avait pris son repas quelque temps avant