‹ Anomalies sexuelles apparentes et cachées [electronic resource]Chapitre 15 sur 114 · T ESTI CL' LA 1RES · texte numérisé non relu

T ESTI CL' LA 1RES

lieu d'employer toutes les précautions pour prévenir cette redoutable complication.

L'action fondante, trop peu connue, de certains médicaments sur les glandes doit aussi mettre en garde contre leur usage irréfléchi, à haute dose et prolongé. L'iode en est le type par son action fondante sur le goitre. Les inhalations de ses vapeurs sont surtout dangereuses. Tous les iodures et ceux de mercure et de potassium, employés surtout contre les accidents syphilitiques, doivent donc être toujours mesurés et dosés rigoureusement, en étudiant leurs effets sur les testicules et les ovaires.

Induration. Un testicule gonflé et dur se rencontre souvent à la suite de l'inflammation de cet organe ou orchite. Dès qu'il a été atteint d'une manière quelconque, il revient rarement à son état normal. Il suffit même que son enveloppe s'enflamme et devienne le siège d'une hydrocèle pour qu'il diminue et durcisse, comme dans l'exemple suivant :

58. Après la ponction d'une hydrocèle, suivie d'injection, par le célèbre Billroth, de Vienne, un Autrichien de vingt-sept ans, à la suite d'un hiver passé dans le midi de la France pour se rétablir, voit avec stupéfaction une récidive du gonflement des bourses. Il croit aussitôt à une nouvelle hydrocèle et vient à Paris pour consulter le professeur fîuyon. En cherchant son adresse, il trouve un nom similaire et se présente immédiatement à ce domicile, croyant parler au savant chirurgien. Au lieu de dissuader le malade, ce confrère prescrit un traitement sans plus d'explication et demande un nouvel examen cinq jours après. Surpris, étonné. Le malade vient me trouver le lendemain pour savoir la vérité. Je lui montre que la vaginale est libre, le testicule

seul est induré ; d'où la pesanteur de cet organe. Il m'objecte alors le diagnostic de M. Guyon. Grande surprise à mon tour, quand je découvre, en demandant l'ordonnance, qu'il s'agissait d'un homonyme... pour un étranger.

Aucune cause appréciable ne rendait compte de cette lésion, en dehors du coït prématuré', sinon la continence prolongée subie auparavant, à moins d'admettre une piqûre opératoire du testicule. Toujours est-il que huit jours après, sous l'influence d'onctions avec une pommade d'onguent mercuriel et iodurc de potassium, conjointement avec cataplasmes à nu la nuit et bains résolutifs dans une décoction d'espèces aromatiques le jour, le testicule avait diminué de volume. Le malade tint à me le faire constater avant de partir pour Vienne.

Nodus ou durillons. En percevant sous son doigt ces petites nodosités ou noyaux, reconnues sou vent par hasard sur la tète du testicule, le malade peut croire à une véritable anomalie de naissance, sans y attacher plus d'importance. Indolores, elles sout souvent imperceptibles ou tout au plus grosses comme une lentille très dure et parfois pointues en arête .

59. En les signalant ainsi à un joune muscadin de la plus belle apparence, — me demandant avec assurance, le 4 octobre 1887, la cause de la stérilité de son mariage, contracté; depuis deux ans — oh! ce petit durillon? dit-il avec un superbe dédain, ce n'est rien.

— Au contraire, Monsieur, il peut être toute la cause de votre stérilité. Vous a\ez eu une ou plusieurs oi . •biles.

— Sans doute, mais je n'ai pas eu la vérole.

— Celle-ci ne stérilise pas l'homme ni la femme, elffl empoisonne le produit parle sperme virulent et tue soin

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vent l'enfant, avant ou peu après sa naissance, en lui communiquant la vérole qui ne tarde pas à se montrer sur la peau. Les résidus de l'orchite spécifique , vénérienne ou syphilitique, on obstruant les tubes séminifôres de l'épididyme, empêchent les spermatozoaires de passer et stérilisent absolument l'homme, quand elle est double. C'est votre cas et, si vous voulez me donner votre sperme, vous verrez au microscope la vérité de ce que j'avance; il ne contient pas de spermatozoaires. Le consultant refusa de se soumettre à l'épreuve immédialr pour ne pas se convaincre de sa propre stérilité. Il présentait d'ailleurs une singulière anomalie intermittente de l'érection, résultant probablement de ses excès de jeunesse, et signalée à l'Observation, 104, complément de celle-ci.

La cause de ce redoutable durillon, si bénin en apparence, est la blennorrhagie ou chaudepisse qui descend dans les bourses, comme on dit vulgairement. L'inflammation du canal de l'urètre, en se propageant ou se transmettant à l'un des testicules, provoque une vive douleur avec pesanteur, rougeur et gonflement du scrotum, se prolongeant jusque dans l'aine du côté atteint. Cette orchite, la plus fréquente de toutes, se distingue des précédentes en n'envahissant pas le testicule même. Elle se localise à sa partie supérieure, sa tête formée par les principaux tubes séminifères dont les ramifications sortant du testicule, le coiffent pour ainsi dire. C'est l'épididyme constituant ensuite le cordon spermatique chargé de conduire le sperme dans les vésicules séminales placées sous la vessie.

En se limitant au réseau épididymairc, cette inflammation spécifique, virulente, laisse donc la glande inlacte en général ; elle ne s'atrophie pas , ni ne

fond dans la plupart des cas et continue à fonctionner comme à l'ordinaire. Mais, en atteignant ses tubes à l'extérieur, si déliés et exigus, elle en arrête bientôt le courant. Sa durée ordinaire de huit à quinze jours environ, malgré le traitement, manque rarement d'y laisser de petits noyaux exsudatifs qui obstruent indéfiniment le passage aux spermatozoaires fécondants. De là, la stérilité persistante des porteurs de ces nodosités. A l'exemple précédent, en voici deux autres absolument concluants.

60. 9 novembre 1886. Très bel homme de trente-six ans, bien constitué, brun, aux traits fins et légèrement efféminés, marié depuis six ans avec une femme jeune, bien portante et régulièrement réglée. Quoique très virils et amoureux, leurs rapports ayant lieu de préférence au moment des époques menstruelles et dans toutes les positions possibles, il n'y a eu ni enfant ni fausse couche: pas le moindre retard. 11 n'a jamais été malade, sauf deux blennorrhagies contractées de vingt à vingt-quatre ans, suivies d'orchite grave et persistante, une de chaque côté. Deux nodosités très dures existent, celle de droite étant la plus marquée. Testicules normaux; éjaculation toujours la même, sperme très fluide; pas de rétrécissement de l'urètre.

Malgré un pronostic sans espoir, des onctions locales avec une pommade iodurée et l'usage interne do l'eau bromurée sont continués pendant un an. Aucun changement ni amélioration apparente à un second examen, le 30 octobre 1887.

61. Un employé de commerce de quaranle-lrois ans est sans enfants depuis quatre ans de mariage avec une femme bien portante et régulièrement réglée. 11 est d'une lionne santé et très vigoureux, son apparence ne laisse rien à désirer. Mais un durillon très marqué de lepididyme droit existe, suite d'une orchite contractée étalai

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jeune. Il n'a pas connaissance d'avoir rendu enceinte aucune de ses maîtresses. L'examen microscopique du sperme le montre très fluide, peu abondant et exempt de spermatozoaires mobiles. Les cellules mômes sont très rares et disséminées. Sa femme a des enfants d'un premier mariage.

L'équitation,par lapression continue des testicules, leur froissement et leur contusion, est une cause fréquente de ces durillons, si l'on n'a la précaution de porter un suspensoir pour les garantir. Autrement, les frottements et les chocs contre le pommeau de la selle sont inévitables et il en résulte fatalement à la longue une irritation sourde déterminant l'induration de l'organe. Les cavaliers par état sont ainsi fréquemment peu féconds, sinon stériles, avec toutes les apparences d'une énergique virilité; la première observation en a été faite par Hippocrale chez les Scythes. L'orchite se rencontre plus souvent parmi les cavaliers que chez les piétons dans l'armée et, sauf l'influence des oreillons, on ne peut attribuer cette différence qu'à leur profession.

Que de jeunes gens et d'hommes mûrs, ainsi frappés et marqués, se marient néanmoins, sans souci de leur état, ni sans s'inquiéter auparavant s'ils sont capables d'avoir des enfants! Ils n'ignorent pas cependant qu'ils ont un durillon sur le testicule; mais ils s'étonnent ensuite d'être stériles en coïtant comme d'habitude. Un jeune commis en soieries me consultant pour une goutte militaire, à propos d'une union projetée, je lui lis remarquer qu'il avait aussi une dureté sur le testicule gauebe, suite d'une orebite, et qu'en le menaçant de stérilité, elle con-

ir'incli([iuiit encore plus le mariage que son écoulement chronique. Que ces exemples servent du moins à ceux qui me liront!

La spermatogénèse n'est entravée, d'après M. Reclus, que par les lésions épididymaires chroniques; l'adhérence seule de la vaginale au testicule, même complote, ne la produit pas. Sur 12 cas d'adhérences totales à la dissection, 3 sujets de 71, 81 et 82 ans seulement étaient inféconds, et sur 12 cas d'adhérences incomplètes, 4 individus étaient privés de spermalozoaires. La vaginale n'est guère malade crue consécutivement à des lésions épididymaires. Il y a donc lieu do les éviter surtout dans le traitement de l'hydrocèle. (Soc. de dur., 11 juillet 1888.)

Des testicules mous, avec épididyme variqueux, dans un scrotum flasque et pendant, se rencontrent fréquemment de l'un ou l'autre côté, sinon des deux, mais toujours inégalement, chez des hommes sur le retour, célibataires ou mariés, accusant de la faihlesse génitale précoce nu une stérilité persistante. Rarement natives, constitutionnelles, ces lésions coïncident ordinairement avec des ahus antérieurs prolongés et paraissent en résulter. Adonnés tour à tour à la masturbation et aux excès vénériens, ces individus s'accusent souvent, quand on parvient à les confesser sur leurs antécédents pour en savoir la cause précise, à révéler des pratiques onanistiques inimaginables avec les femmes. Livrés à des Mcssalincs insatiables, ils s'ahandonnenl à foules leurs manœuvres, commedes preuves d'amnir

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dont ils sont fiers. L'Observation 135 en est un des nombreux exemples. Obligés sur le tard à s'en tenir à des rapports normaux, ils sont incapables de les remplir par l'altération de leurs organes et laperversion de leurs sentiments. La sensibilité tactile locale est tellement abolie, épuisée, qu'ils n'en perçoivent plus aucune sensation ; toute réaction a disparu .

Exiguïté. Si le développement des testicules n'est pas fixe et varie dans certaines proportions, il faut toujours s'en inquiéter lorsqu'ils restent minuscules, sous forme de petits noyaux, après la puberté et surtout la nubilité, soit de 19 à 20 ans. Il suffit qu'ils sécrètent et que l'émission spermalique ait lieu pour se rassurer. Le contraire est du plus mauvais augure et doit faire craindre l'aspermatisme dont les exemples sont relatés aux Anomalies de i'éjaculation.

Les ovaires, représentant les testicules chez la femme, sont passibles des mêmes anomalies d'absence, d'asymétrie, de déplacement, d'atrophie, de fonte. N'étant pas extérieurs ni perceptibles comme chez l'homme, il est impossible de les toucher, les apprécier aussi positivement. Leur siège profond s'y oppose et l'un peut manquer sans que l'on s'en aperçoive, l'autre le remplaçant. Constatées sur le cadavre, ces anomalies passent souvent inaperçues sur le vivant. Elles peuvent être interprétées d'après les signes, mais non démontrées. Leur déplacement

dans les aines et dans les grandes lèvres, en simulant des hernies, est une preuve assez positive de cette anomalie pour faire admettre les autres.

Et comme les testicules se relient à l'appareil séminal par les cordons spermatiques, les ovaires correspondent à la matrice par les trompes servant d'intermédiaire pour conduire les germes fécondés. Qu'ils soient imperforés ou oblitérés, et ces germes fécondants ne pouvant passer, la stérilité en résulte. En pareil cas, la symétrie de ces conduits déliés permet heureusement que l'un supplée à l'autre et que la génération persiste le plus souvent.

Atrophie ou fonte des seins. Aussi apparente que celle des testicules, cette difformité se produit chez la femme par les mêmes causes. On sait combien les coups et les chutes entraînent facilement la dégénérescence de ces organes en tumeurs cancéreuses. Cet ornement de la femme, comme attribut essentiel de la maternité, doit ainsi être l'objet de tous ses soins. En n'allaitant pas leurs enfants pour en conserver tout l'attrait et la fermeté, beaucoup de femmes se trompent : elles peuvent les voir fondre et s'atrophier en les laissant servir à un autre usage. L 'onanisme mammaire est surtout très préjudiciable chez les femmes-mères, de quelque manière qu'il s'exerce. Plusieurs procédés en sont désignés dans l'Onanisme sous toutes ses formes.

La masturbation clitoridienne peut avoir le même ellét sur les seins, même chez les jeunes filles. Ce fait peu connu est rendu authentique par la déclaration suivante :

OVARIENNES.

« Paris. -27 décembre 1884.

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