‹ Anomalies sexuelles apparentes et cachées [electronic resource]Chapitre 14 sur 114 · TE S T I C U L A I RE S · texte numérisé non relu

TE S T I C U L A I RE S

do l'âge, mais peut aussi résulter d'anciennes affections de la jeunesse, d'après le siège des testicules et lenr degré de "compression. (Àrch. de méd., décembre 1887. )

Manorchidie. C'est l'absence d'un testicule hors du scrotum , à droite ou à gauche , l'autre étant présent. Assez fréquente, cette anomalie n'a pas le même danger que la précédente puisqu'un seul testicule suffit à la génération et peut suppléer à l'autre. Il n'y a donc pas à s'en inquiéter, si sa rétention ne donne lieu à aucun accident ni douleur. Si, au contraire, il fait saillie dans Paine par une petite grosseur ou tumeur mobile, sensible au toucher, il est indiqué de recourir au chirurgien pour le faire descendre dans le scrotum, sans compter sur le temps, l'action du saut ou de la danse, pour obtenir cette descente spontanée, comme des exemples en sont relatés.

C'est au moment de la puberté que l'adolescent s'aperçoit de ce vice de conformation. L'ignorance dans laquelle il est à cet égard le rend douteux et perplexe, mais loin de s'adresser à son père pour s'éclairer, il lui cache soigneusement son état. Heureux encore quand il n'en fait pas mystère et le révèle au médecin comme dans le cas suivant:

« 2G septembre 1886.

55. » Je suis né garçon et j'ai maintenant seize ans. Mon pénis est très bien proportionné, mais le testicule gauche est absent du scrotum et, avec mes mains, je remarque une grosseur dans l'aine correspondante. Je l'ai découverte depuis peu de lemps et je désirerais

savoir si c'est le testicule et, dans ce cas, quel est le moyen de le faire descendre dans le scrotum. Vous rendrez par là la joie et le bonheur au jeune homme qui, par ce seul défaut, se croit exclu du monde et des joies du mariage. »

En rassurant ce jeune Auvergnat sur sa virilité future, je lui ai indiqué l'examen d'un médecin comme indispensable et l'opération, si elle était jugée nécessaire.

Règle générale : si un testicule ou les deux, sont absents des bourses, il est prudent de ne pas tenter leur descente avant la puberté, si aucun accident ne résulte de leur rétention. Souvent, on les a vus descendre spontanément à cette époque, sous l'influence du saut, de la danse ou de tout autre exercice ou effort violent du corps. Mais s'ils ne se montrent pas alors et qu'ils soient perçus à l'anneau, le mieux est de recourir aussitôt à l'opération. Autrement, si, sous l'influence des désirs vénériens, le jeune homme se livre à la masturbation, il va d'autant plus de danger qu'ils fondent, s'atrophient ou dégénèrent et ne sont plus ensuite d'aucun service.

Dès que le testicule ectopié ne peut être -abaissé et mis en place, fixé dans le scrotum, mieux vaut l'enlever. Son congénère suffira à le remplacer ; tandis -que, serré et comprimé dans le ventre, il fond, dégénère et peut amener des accidents simulant la hernie étranglée. Un testicule ectopié fut ainsi rencontré par un chirurgien de campagne au lieu d'une hernie inguinale, dit le docteur Delasiauve

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présent. Il est si facile d'éviter cette méprise, par l'absence du testicule dans la bourse correspondante, qu'elle constitue une faute lourde et répréhensible.

Autrement, l'action sympathique de tous les organes symétriques, doubles, sur leur congénère, rend le testicule ectopié plus nuisible qu'utile. Sa présence peut toujours, à un moment quelconque, retentir sur celui qui est normal, comme l'œil malade, altéré est une menace permanente pour l'œil sain. L'un suffisant à la vue, comme l'autre à la génération, il est préférable d'enlever celui qui est perdu pour mettre l'autre à l'abri de son influence morbide.

Atrophie ou fonte. Sans être une anomalie de naissance, cette diminution croissante, entraînant la perte du testicule, peut avoir lieu à l'insu du malade au point de la simuler. De là la nécessité d'indiquer les nombreuses causes pouvant la déterminer.

Un coup, un choc, une contusion ou une compression de ces organes par serrement ou froissement, en en amenant l'inflammation, peut en produire la fonte et la perte. C'est en agissant ainsi que la masturbation la provoque, comme de nombreux, cas en sont relatés dans les annales de la médecine. Aux deux observations absolument concluantes rapportées par Gosselin et Schwartz, citées dans l'Onanisme, page 269, nous pouvons en ajouter deux autres personnelles. Des nombreux masturbateurs, jeunes et vieux, habituels et forcenés, ce sont les deux seuls exemples à signaler de cette diminution lesticulaire, sans que l'âge ni le tempérament, l'a-

bus ni la forme d'onanisme paraissent contribuer particulièrement à la produire.

« 15 septembre 1885.

56. » Depuis l'âge de dix-sept à dix-huit ans, étant au collège, jusqu'à présent, et je viens d'en avoir vingt] deux, j'ai été en proie à la masturbation manuelle et solitaire, en m'y livrant au moins trois luis par semaine. 11 en est résulté, au commencement, des écoulements pendant la nuit et aussi le jour, tandis que le testicule droit remontait et diminuait de volume. Les pertes séminales ont au contraire graduellement diminue, jusqu'à disparition complète, sans aucun traitement.

Mon année de volontariat m'a été très favorable à cet égard : mes désirs vénériens ont notablement diminué d'intensité et je ne me suis masturbé qu"à de raies intervalles. Mais mes sens sont redevenus plus exigeants après avoir quitté le régiment, et j'ai repris ma mauvaise habitude jusqu'à la lecture de votre ouvrage sur Y Onanisme. Depuis, j'y résiste et n'ai succombé que deux fois ; mais j'ai eu des perles pendant mon sommeil, n'ayant jamais eu aucun rapport sexuel, la crainte des maladies vénériennes m'a toujours éloigné des femmes. Je considérais la masturbation comme moins dangereuse, et vos ouvrages attestant le contraire, je vous prie de me lixcr le jour et l'heure pour vous demander conseil à ce sujet. »

C'était un garçon distingué, instruit, bien développé et équilibré, mais d'une timidité enfantine, ses vieux parents, dont il est l'unique rejeton, l'ayant toujours retenu près d'eux. Sans camarades, en dehors des cours d'architecture qu'il fréquente, il ne se livre à aucun des plaisirs ni des jeux de son âge. De là sa mauvaise habitude, due à son isolement, comme les bons effets des distractions de sou volontariat en sont la démons' ration.

TESTICULÀ1R.ES. 167 Les organes génitaux, sont peu développés, sans lurgescence ni aucun des stigmates de l'onanisme habituel, sauf l'exiguïté du testicule droit. Je lui prescris l'hydrothérapie et surtout une verrée d'eau froide en lavement tous les soirs en se couchant, contre les pertes séminales. Le choix d'un ou deux amis de son âge pour se livrer dans leur compagnie à la danse, aux jeux et aux badinages juvéniles, en allant aux théâtres légers, aux concerts. Si vos parents ne comprennent pas qu'ils doivent graduellement vous laisser une liberté compatible à cet effet, en vous donnant la clef de votre chambre, selon le conseil de M. Legouvé, il faut la leur demander respectueusement, comme ordonnance du médecin. Bravez alors votre timidité pour observer avec plus d'attention les jeunes filles que vous rencontrez, en contemplant leurs grâces, leurs charmes, leur beauté, et ne craignez pas de leur exprimer galamment tout le plaisir et les sentiments que vous en éprouvez. Cela leur est toujours agréable et elles vous récompenseront en vous laissant prendre plus de familiarités avec elles pour répondre à vos avances. Il fut ainsi bientôt guéri de sa fatale habitude.

57. Le 20 octobre 1887, un jeune garçon de Limoges, dans les mêmes conditions, me signalait la même lésion eu la rapportant également à la masturbation.

L'inflammation du testicule est évidemment la cause principale de son atrophie. Tous les cas de traumatisme ou blessure de cet organe en sont ta preuve. La douleur, le gonflement et la chaleur locale forment les premiers signes. Elle se rencontre

ordinairement d'un seul côté à la Ibis, la l'on le y succédant souvent par la négligence ou la fausse pudeur des blessés. L'aclion violente de la main , ne mesurant pas toujours exactement sa portée au moment du spasme ou de la convulsion, peut donc choquer, blesser directement le testicule et en amener la fonte.

Cet accident est si fréquent après la contusion directe de l'organe, que sur 15 cas collectés dans les hôpitaux par le docteur Coutan, 11 furent suivis de la perte de l'organe : 8 par atrophie sur des jeunes gens de 14 à 19 ans et 3 de 20 à 30 ans; 3 vieillards de 60 ans et au delà furent frappés de suppuration. Sur 39 cas, il n'en guérit que 0, où le testicule avait à peine été touché. De là l'extrême gravité des blessures ou lésions traumatiques de celte glande, surtout chez les adolescents. Ils doivent recourir aussitôt au médecin, sans attendre le développement des accidents pour y parer.

Un varicocèle volumineux et étendu entraîne aussi parfois cette atrophie. (Voy. Varicocèle.) Mais les Oreillons en sont la cause la plus fréquente. La sympathie de la glande parotide avec les testicules est si étroite que l'engorgement de la première ne manque guère de retentir et de se manifester sur les seconds, surtout chez les jeunes adultes. Les épidémies d'oreillons sévissent ainsi fréquemment dans les casernes, en atteignant de préférence les jeunes recrues. 111 cas recueillis par M. Laveran. médecin militaire, ont amené 73 fois l'atrophie du testicule, soit dans les deux tiers des cas. Il y a donc

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