PRIA PIS ME
s exagère le mal et le danger, perd tout espoir de les combattre et refuse d'employer les moyens de les vaincre. La mal empire vite dans ces conditions par le renouvellement de l'acte qui le cause et l'entretient. Loin de cacher ce défaut de sensation et d'y obvier, comme elle le devrait, elle l'accuse de plus en plus en pleurant. Il suffit de lire l'Observation 1H pour avoir l'esquisse de ce sombre tableau.
Priapisme. Aux anomalies précédentes par défaut d'érection, s'ajoutent celles par excès produisant un effet diamétralement opposé. Elles sont infiniment plus rares et constituent de véritables exceptions relativement aux premières, au moins à l'état grave et susceptible d'attirer l'attention. Telle est l'érection persistante, sans désirs ni excitants vénériens, constituant le priapisme; l'érotomanie, caractérisée par de violents désirs sans érection, et le satyriasis, réunissant ces deux manifestations au suprême degré, sont d'autres anomalies du même genre.
©Iles forment ainsi l'opposition trait pour trait des précédentes : le priapisme de la faiblesse génitale, l'érotomanie de l'anapbrodisie et le satyriasis de l'impuissance absolue, physique et morale. Les unes et les autres ayant leurs différents degrés d'intensité et de durée, l'ingénieux Roubaud en a fait ainsi également des névroses par défaut et par excès d'énergie.
La question est évidemment plus compliquée, ces névroses contraires, opposées, existant parfois simultanément chez la môme personne. Sans revenir en détail sur les objections faites à celte interprétation
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dans l'Impuissance physique ci morale, page 291, il est plus simple d'en montrer l'inanité par des exem pies. On a vu combien de masturbateurs effrénés sont inaptes aux rapports sexuels par défaut d'érection. Or, il en est qui, loin de trouver la guérison de leur fatale passion par des rapports normaux, en sont surexcités au point d'ôLre atteints de priapisme, c'est-à-dire d'érection croissante et persistante, ne pouvant être calmée et disparaître qu'en se masturbant.
168. Un gentilhomme espagnol dp vingt-deux ans, très brun et velu comme un bouc, assez grand, mais faible, délicat, suite d'une coxalgie dont il porte les traces, qui l'a retenu longtemps au lit, a été initié de bonne heure à l'onanisme manuel à deux par son précepteur. Depuis quelques mois, il a essayé de se débarrasser de cette habitude en fréquentant la prostitution, nonseulement dans son pays, mais en voyageant en Italie et en France. Jamais il n'en a été satisfait. Au contraire, il en est surexcité et ne peut s'empêcher, rentré chez lui, de se livrer à la masturbation comme plus voluptueuse. Il sollicite donc le moyen de combattre efficacement ce priapisme.
169. Un cas analogue s'est présenté le 6 avril 1889. Un grand garçon anglais de dix-neuf ans demande à être guéri d'un priapisme dont il est atteint depuis six mois environ qu'il connaît les femmes. Adonné à la masturbation depuis l'âge de quatorze à quinze ans, il a résolu spontanément de s'en guérir en entrant dans les maisons publiques de son pays ; mais loin de calmer ses besoins sexuels, le coït les surexcite. Depuis trois mois qu'il est à Paris pour ses études, ce priapisme augmente; il ne peut pratiquer le coït sans être porté irrésistiblement à le renouveler immédiatement, malgré le dégoût que lui inspire la prostitution. Il n'ose plus satisfaire ses besoins pressants et se trouve ainsi menacé, contre sa volonté, de retomber dans sa fatale habitude'.
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L'examen montre une certaine turgescence du pénis; le sillon balano-préputial est très rouge. Constipation habituelle. Je prescris des bains locaux et un régime moins échauffant. Mais que faire contre je priapisme? Les bromures donnés généralement n'ont pas d'action élective locale, ils dépriment le système nerveux général et les forces, voilà tout. Donner des anaphrodisiaques, comme le camphre, [e nénuphar ou d'autres réfrigérants plus actifs, à des garçons de cet âge, n'est-ce pas vouloir arrêter le cours de la rivière ?
L'usage des grands bains tièdes prolongés, en évitant, fuyant même tous les excitants erotiques, est selon moi bien préférable. « Faites une connaissance, sinon une maîtresse qui vous plaise, ai-je dit à mes jeunes consultants, comme à celui de Y Observation 108, attachez-vous à elle, restez dans sa compagnie et votre priapisme disparaîtra, sans penser à la masturbation. »
Cette surexcitation morbide des organes génitaux, après les premiers rapports, n'est pas rare chez les jeunes garçons ayant abusé de l'onanisme. Ils y sont d'autant plus exposés qu'ils les ont tenus dans une turgescence habituelle marquée. Des cas semblables ont été cités par Roubaud. De là les excès vénériens auxquels sont enclins la plupart des masturbaleurs et des trotteurs à leurs débuts. Le coxalgique de YObservalion 493 avait ainsi des pertes séminales croissantes, à défaut de pouvoir satisfaire ses besoins sexuels.
Il est pourtant dangereux de donner libre carrière
à ces érections et ces désirs vénériens incessants, continus. Les pollutions spontanées ne tardent pas à s'ensuivre, comme YObservation tlo du télégraphiste en offre l'exemple ; cette névrose accompagne même parfois les perles séminaies passives. (Observation 202.) A défaut de pouvoir y mettre une sourdine par les moyens précités, il vaut encore mieux courir la chance de tous les médicaments anaphrodisiaques indiqués, que de retomber dans son vice de prédilection, d'après le fait suivant.
170. A peine âgé de vingt-huit ans, un garçon adonné à l'onanisme dès su plus tendre enfance est tombé dans un tel état de souffrance, de mélancolie et de marasme qu'il demande, par sa lettre du 30 octobre 1885, si la résection du cordon spermatique, pratiquée aux Etats- Unis par le docleur Haynes et signalée page 317 deYOnanisme, serait applicable pour le sauver. Venu à Paris en 1883 et 1884, il a essayé en vain l'hydrothérapie et le bromure de potassium pendant plusieurs mois. Une femme fut aussi employée par ordonnance pendant quelque temps, mais la lubricité morale en était tellement augmentée qu'après le rapprochement ou quelques moments ensuite, je me masturbais, soit en présence, soit en dehors de cette femme. Une faiblesse si considérable en résulta que je fus obligé de quitter immédiatement Paris.
J'entrai ensuite, par l'intermédiaire d'amis, à l'hôpital Necker, dans le service du professeur Guyon. Après un séjour d'une quinzaine, je sortis n'ayant pas accepté l'avis ni les conditions de ce chirurgien ; la castration, toujours dangereuse el parfois mortelle, laissant detraces ineffaçables ci visibles. Je voudrai? simplement me soumettre ùla résection du cordon, si elle n'offre pas de dajager et sans mutilation appareille. Je m'en rapporte à vous et à votre sagesse sur le choix de l'opérateur. Je serai à Paris le mois prochain.
Trois succès ayant couronné celte opération, dans