‹ Anomalies sexuelles apparentes et cachées [electronic resource]Chapitre 28 sur 114 · GG · texte numérisé non relu

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ANOMALIKS SEXUELLES

si la femme, avertie de leur état, est un peu indul gente pour leur froideur et la paresse de leurs organes; autrement, leur timidité les glace et ils restent impuissants.

164. Roubaud paraît avoir confondu celte névrose avec l'apathie, dans cet exemple observé et rapporté par lui. Garçon de vingt-cinq ans, beau, bien fait, d'une bonne constitution, avec des organes génitaux bien proportionnés et doté d'une fortune considérable. Sa froideur sexuelle est telle, qu'il n'a jamais pu obtenir la moindre érection au contact des femmes les plus séduisantes. Seul, au contraire, il ressent les plus violents désirs au souvenir des beautés qui le laissaient glacé auparavant, et de violentes érections persistantes ont lieu. Accourt-il dans les bras de sa fausse maîtresse pour lui témoigner son ardeur que, malgré les raffinements lascifs et toute sa complaisance, il n'obtient plus la moindre érection.

De même lorsque, dévoré de désirs fougueux que son âge et sa constitution rendent presque intolérables, il veut porter la main sur lui pour obtenir un soulagement artificiel, l'érection cesse immédiatement, et ce n'est que par le frottement sur ses draps que l'infortuné obtient l'émission d'un sperme abondant, contenant de nombreux spermatozoaires.

L'apathie des organes ne saurait résister à l'excitation des caresses et des attouchements, si l'imagination n'était enchaînée par la timidité et la honte. Il obtenait ainsi l'éjaculation par leur frottement comme sa méthode favorite d'onanisme. Le cas suivant montre bien la prépondérance de cet élément moral, perçant déjà dans l'histoire précédente numéro 462.

165. Un Suédois de trente-deux ans est venu en France comme voyageur de commerce en 1873, y vit

AN APHRODISIE.

depuis en s'y crean une position honorable par son intelligence et son activité. Seul et isolé dans son enfance, délaissé et maltraité, il s'est adonné à la masturbation à treize ans, au printemps do 1868 jusqu'au commencement de 1887, « à défaut de pouvoir accomplir le coït ». Très froid de sa nature, il n'en a jamais fait un usage journalier. « Des semaines, des mois se passaient sans qu'il y recourût, toujours seul étant couché, sous l'influence du désir, du besoin de jouir, sans penser ni aux femmes ni à rien. » Il se compare au sujet cité page 189 de VOnaflfàmè.

Il n'en a pas moins aimé et recherché les filles. Entraîné par ses camarades dans des maisons publiques à différentes reprises, il n'a jamais pu consommer le coït, malgré son désir d'y réussir pour se marier. Mis en contact avec elles, il ne ressent d'autre sentiment que la peur, la crainte des maladies vénériennes et, malgré les agaceries, les attouchements licencieux elles baisers, il n'éprouve pas la moindre turgescence des parties génitales ; il reste froid, et, après avoir payé, s'en va comme il était entré. La masturbation n'en est pas exciléc, mais les pollutions involontaires s'ensuivent.

Grand, élancé, mince, blond, à la barbe grêle et rare, myope et lymphatico-nerveux, c'est un beau cavalier, aimable et galant dans la société où il brille à la danse, la valse et la musique, comme le masturbateur anglais de l'Observation 153, sans que ce contact avec des femmes qu'il admire et recherche même en mariage lui inspire le sentiment amoureux, le désir ni l'idée de la possession qu'il ignore, au point d'éveiller ses organes et les tirer de leur torpeur. Le théâtre, le concert n'ont pas plus d'influence. Autant il est entreprenant, décisif et carré en affaires commerciales, autant il est timide, indifférent et paresseux en amour. Il n'en a ni le sentiment, ni le stimulant ; l'un et l'autre lui sont inconnus. Admis à faire sa cour, depuis l'âge de vingt-quatre ans, à trois demoiselles en vue du mariage, il a pu les fréquenter, les entretenir, les embrasser, sans en éprouver la moindre impression érotique ni trace d'érection. Il n'y a pas donné suite, en doutant de lui-même, et c'est à propos de la dernière qu'il vient se soumettre.

à l'examen, après m'avoir envoyé sa triste histoire inédite qu'il n'a jamais dévoilée à personne.

Organes normaux, mais flasques, mous et grêles, sans trace d'onanisme manuel ni éréthisme appréciable Ce n'est pourtant pas de l'impuissance, ou du moins elle est toute morale, comme le dit le malade, puisqu'il obtient manuellement une érection rapide et forte, suivie d'éjaculation. Ce n'est pourtant pas à volonté, car lui ayant demandé son sperme pour l'examiner au microscope, il fut incapable d'obtenir l'érection pour m'en fournir. Tout en étant seul, et malgré toutes les facilités offertes à cet effet durant une demi-heure de tentatives, il ne put s'isoler par la pensée comme dans son lit. Effet de l'instabilité du système nerveux de ces malheureux, dont le sujet de YObservation 20 m'a présenté un second exemple et bien d'autres depuis. C'est la confirmation qu'ils ne sont pas maîtres d'eux.

Celui-ci jouissait cependant d'une bonne santé, sans autre anomalie « qu'un fluide blanc, s'échappant avec l'urine en allant à la selle, surtout après avoir mangé. » Il l'appelait sa spermatorrhée. Cet écoulement avait lieu depuis quelque temps entre les pollutions nocturnes, involontaires et hebdomadaires régulièrement. Le traitement topique astringent dans l'anus les lit cesser immédiatement; mais les rapports sexuels réguliers, prescrits pour en prévenir Ja récidive, inévitable autrement, ne purent avoir lieu dans les conditions les plus favorables... de la prostitution. C'était la ruine du mariage projeté et cependant il a eu lieu avec succès dans des conditions analogues d'anaphrodisie et de virginité, en apparence.

166. Un garçon de vingt-septà vingt-huit ans, grand, '■lancé, lymphatique, n'avait encore éprouvé aucune incitation pour les femmes, malgré ses occupations de

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commis voyageur. Un mariage lui fut offert par l'un de ses clients dans des conditions d'établissement au-dessus de ses espérances. Il accepta d'emblée, sans tenir aucun compte de son inexpérience et, sauf les faillites du dé- 'but, cette union fut si heureuse que trois bambins se succédaient en moins de dix ans. Le commerce prospérait dans une petite ville de Seine-et-Oise où ce ménage était parfaitement heureux.

Cette histoire m'a été confiée par l'auteur même venant., en J8S5, demander conseil pour une faiblesse génitale prématurée. 11 avait une quarantaine d'années et ne comprenait pas son impuissance. Je lui en indiquai la cause, à sa grande surprise, dansMes fraudes conjugales qu'il commettait depuis plusieurs années pour mettre un terme à sa progéniture exubérante. Le système nerveux très impressionnable de cet homme était si perturbé par ses éjaculations frustes, comme l'ingénieur de l'Observation 93, que « ses rapports conjugaux n'avaient plus d'attraits pour lui ». De là sa faiblesse prématurée dont les exemples sont cités à YOndnisme .seul et à deux, page 423.

Divers degrés existent dans cette névrose. Elle s'accentue en général avec l'âge et par le célibat, surtout s'il s'y joint une anomalie quelconque de l'appareil génital. L'exiguïté du pénis en est la principale. L'anaphrodisie latente en est augmentée chez ces hommes par la crainte, non de ne pas réussir lorsqu'ils ont l'expérience du contraire, parfois bien consommée, mais « de ne pouvoir développer, chez leur femme légitime, toute la volupté qu'elle a le droit d'attendre de celui qu'elle a choisi ». Quelques réflexions sur leur insuffisance, de la part des femmes galantes, suffisent à jeter leur esprit dans la perplexité à cet égard* jusqu'à s'abstenir d'en voir

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pour n'être pas ridiculisés. Qu'il s'y joigne un physique ingrat, désagréable, comme dans l'Observation 'l'tâ, et ils se résignent à rester dans le célibat.

Ces craintes sont si puériles, qu'il est bien permis de supposer une certaine anaphrodisie chez ces individus. Si d'autres échappent à ce soupçon par leur incontinence, comment peuvent-ils entretenir cette crainte d'incapacité maritale ? Elle n'existe réellement que par un défaut considérable ou une malformation du pénis signalée page 8i; sinon, elle n'est que dans leur imagination.

Ce défaut de développement du pénis ne peut être mesuré exactement dans les conditions où le médecin est appelé à le constater; mais il exerce généralement un trouble réel sur le sens génésique des individus disgraciés physiquement.

167. Tel était un avocat de vingt-quatre à vingt-cinq ans, grand, maigre, élancé, totalement imberbe, au teint blême, bilieux, terne, l'aspect triste et sombre, s'accusant d'être livré à la masturbation solitaire. Né de parents âgés et fils unique, il était venu jeune à Paris, après la mort de son père, et fut ainsi exclusivement élevé par sa mère qu'il n'a jamais quittée. Son enfance maladive, une puberté lente et tardive, avec maux de gorge fréquents, étaient ses principaux antécédents. De petites granulations blanchâtres sur un fond jaune du gosier, formaient les traces de ces att£iûès récidi1 vantes, malgré une seconde saison récente aux Eaux- Bonnes.

Ayant fait ses éludes comme externe, il n'a jamais pris part à aucun des jeux, des plaisirs ni des divertissements de la jeunesse, en restant sous les jupons de sa mère. Il n'a ainsi ni amis ni connaissances. Timide et pieux, il a une sain Le horreur des maisons publiques et sa laideur, son aspect jaune et maladif, l'absence de

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barbe, la paresse de ses désirs, l'exiguïté de ses organes, l'ont toujours empêché de s'adresser même aux filles galantes. Le pénis, mou et flasque, n'est pas plus développé que celui de l'enfant. Ses pensées ni ses sentiments ne le portant au coït, il se livre ainsi à la masturbation rarement et n'en accuse d'autres conséquences que la faiblesse et un certain degré d'anémie, malgré des pollutions nocturnes assez fréquentes.

Tels sont les anaphrodites constitutionnels auxquels l'éducation, la vie, les occasions ont manqué pour le développement du sens génésique. Ce sont des hommes incomplets pouvant tomber dans tous les excès de l'onanisme, seul et à deux, s'ils ne sont pas entraînés de bonne heure dans les liens du mariage.

Quoique la masturbation solitaire préexiste généralement à l'anaphroiisie sexuelle, on ne saurait l'accuser d'en être la cause unique, non plus que l'aspermalisme ni l'azoospermie. Ces anomalies l'entretiennent plutôt en l'accroissant par l'impuissance qui en résulte fatalement. Cette névrose parait plus > probablement engendrée par le féminisme dont la plupart de ses victimes sont atteintes, et l'extrême impressionnabilité organique qui en est la conséquence inévitable. La démonstration n'en est pas seulement dans les observations précédentes de neurasthénie, mais dans celles d'inversion sexuelle qui terminent cet ouvrage.

Ces jeunes efféminés, élancés ou graciles, à lapeau blanche et veloutée, sans barbe, sont ainsi recherchés et choisis à ces traits par les pédérastes connaissant bien leurs goûts féminins ou leurs inclina-

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lions indécises. D'aucuns, ayant été primitivement embauchés par des filles abandonnées, pour servir passivement à satisfaire leur nymphomanie, peuvent sans transition passer ainsi de leurs bras dans ceux des sodomistes, sans établir aucune différence. Leur surprise était plus grande que la nôtre en faisant cette remarque à leurs révélations. Passifs en général dans tout ce qu'on leur demande, ils s'y livrent indistinctement; d'où le danger, étant très jeunes, qu'ils ne fassent de mauvaises connaissances, hommes comme femmes, en se laissant aller à toutes les incitations sexuelles dès qu'ils y sont excités.

Les caractères extérieurs de cet état, chez les adolescents, serviront donc utilement aux parents pour les diriger dans des professions au grand air, pouvant aider à leur développement physique. L'instinct génital en sera aussi excité par les jeux et les plaisirs publics de leur âge, où se rencontrent les deux sexes ei où s'éveillent les premières incitations amoureuses des sens par tout ce qui s'y voit et s'y entend.

Un régime alimentaire fortifiant et tonique, excitant, stimulant même, est le corollaire obligé des exercices corporels en plein air et au soleil pour triompher de cette disposition constitutionnelle, en les aidant parfois de quelques médicaments au besoin. C'est en les poussant ensuite de bonne heure au mariage que l'on préviendra les funestes effets de l'anaphrodisie.

D'aucuns en conservent, néanmoins le caractère natif et constitutionnel. Roubaud, sans admettre l'anaphrodisie, reconnaîtque les constitutions faibles

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et lymphatiques rendent les désirs vénériens paresseux et la puissance virile languissante. Tel était, entre tous les faits qu'il en a observés, celui d'un avoué de première instance au tribunal de la Seine. Type du tempérament lymphatique, quoique jouissant d'une santé parfaite, il ne s'abandonnait aux rapports conjugaux que tous les deux ou trois mois avec une érection lente et dillicile. Loin de se plaindre de cette apathie génitale, il s'en réjouissait et se louait de ne pas subir le joug des passions qui l'eussent distrait de ses affaires et ses plaisirs de prédilection. Ce n'était donc pas évidemment de l'impuissance, mais de l'anaphrodisie incomplète; les rares et lents désirs éprouvés étaient la condition du tempérament et la santé de cet anaphrodite.

Si variées et bizarres sont les manifestations de cette syncope génitale qu'il est difficile de les classer dans beaucoup de cas et de les distinguer de la neurasthénie. Les exemples de celle-ci en font foi par la paresse et l'inertie génitale dans certaines conditions, chez des hommes ne pouvant être taxés ni d'anaphrodisie ni d'impuissance. Les observations relatées à Neurasthénie, notamment de 94 à 97, le prouvent. Ces deux névroses se confondent ainsi en se rapportant exclusivement au système génital. L'une d'elles, placée sur cette extrême limite indécise, semble pourtant devoir être rangée de ce côté par la régularité du temps ou plutôt du moment invariable où elle se manifeste d'une manière intermittente, périodique, absolument comme un accès de fièvre palustre. C'est une variété nouvelle de

l'anaplirodisie, confirmant bien sa nature purement nerveuse .

Différents moyens sont applicables contre cette névrose, suivant ses manifestations variées. Contre l'anaplirodisie sexuelle en particulier, la société des femmes et la fréquentation des lieux où elles se rencontrent sous leurs apparences les plus séduisantes: bals, soirées, concerts, théâtres et toutes les réunions mondaines, sont les plus favorables. A chacun de choisir celles qu'il préfère, l'attirent et lui plaisent davantage en l'impressionnant. L'exemple étant souvent nécessaire aux plus timides, craintifs et efféminés pour les stimuler, les réunions intimes, galantes, les soupers surtout sont plus efficaces, la ville comme à la campagne — les libertins le savent bien — en ayant le plus d'action sur l'érotisme. Une partie intime à deux couples et même privée réussit mieux à d'autres. Le novice doit au besoin en essayer alternativement.

C'est l'épreuve la plus décisive pour les anaphro dites, en la variant sous toutes les formes avec persistance et sans autre parti pris que de se soumettre bénévolement et sans réticence à son impulsion. Elle n'échoue guère que chez les pervertis, par l'onanisme solitaire, l'anaplirodisie incurable et la pédérastie, comme les exemples précédents et ceux qui suivront le confirment. C'est un critérium certain auquel chacun peut se reconnaître et se juger.

Des adjuvants sont souvent indispensables préalablement pour en obtenir tout l'effet voulu. Ils

varient suivant la forme, le degré d'anaphrodisie, comme nous l'avons indiqué dans l'Impuissance physique et morale. L'usage interne des excitants et des stimulants généraux, avec le fer, les emménagogues, les nervins, les aphrodisiaques même, conviennent particulièrement dans l'anaphrodisie sexuelle. Ils sont appliqués topiquement avec succès par la voie anale, contre les faiblesses de l'érection surtout, en agissant directement. Les douches froides sur la colonne lombaire et les organes génitaux, l'électrisation même ont une action aussi efficace.

C'est sur la tête, au contraire, qu'il faut administrer les douches aux plus nerveux. Au lieu d'excitants, les antispasmodiques, les calmants, les bains tièdes réussissent bien mieux. C'est pourquoi, après ces règles générales, on ne peut rien fixer ni préciser que d'après l'état des malades, chacun offrant des indications particulières.

Le meilleur moyen de combattre cette névrose, ayons-nous dit, est l'exercice même de la fonction. Il est recommandable dans tous les cas. Mais comment en inspirer l'idée et le goût à qui n'en connaît pas les jouissances, quand il a vieilli dans la continence et n'éprouve aucun sentiment d'attraction pour les femmes? L'extrême apathie des anaphrodites en est le plus grand obstacle. II faudrait qu'une femme à leur goût et ayant toute leur confiance ranimât leur esprit et leurs organes. On a vu que, dans ces conditions même, ils ne réussissent pas toujours, tant ils se défient d'eux. (Observation 162.)

La crainte Jes paralyse. Un lovelace pour confident et ami serait sans doute d'un grand secours en les entretenant de ses aventures et ses conquêtes; ils pourraient en être efficacement excités et guidés, mais ils ne confient à personne leur impuissance, excepté au médecin. Lui seul peut leur indiquer comme un puissant aphrodisiaque. Je l'ai fait sans hésiter, quand l'occasion propice s'en est présentée, et le succès ne s'en est pas toujours suivi. Il y a donc des cas véritablement incurables. Les Observations 162, 463 et 165 le démontrent comme une leçon de se préoccuper au plus tôt de cette grave anomalie.

Chez la femme.

La femme est sans doute moins exposée que l'homme à cette affection toute nerveuse. La prédominance de son rôle moral, de ses désirs immatériels du cœur et de l'âme sur ceux des sens, autant que sa passiveté dans l'acte vénérien, semblent lui créer une grande immunité à cet égard. Il ne saurait s'agir d'anaphrodisie, en effet, quand elle est simplement mal disposée ou préoccupée. Si l'excitation initiale lui fait souvent défaut, même sous l'influence des caresses préliminaires, elle finit par lui être ordinairement communiquée par son conjoint. L'épouse ne peut donc s'apercevoir de celte affection qu'à la longue et au degré le plus intense de l'absence totale et absolue d'aucune impression vénérienne.

Telle est la caractéristique de l'anaphrodisie chez la femme. Elle ne sent rien, dit-on ; et cet état

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n'est pas alors qualifié de son vrai nom, mais de frigidité. C'est le titre consacré de l'anaphrodisie féminine ne pouvant être confondue avec les effets <lc la froideur naturelle, indiqués page 261.

Sa frigidité se révèle, comme chez l'homme, par l'absence de désirs vénériens, sinon leur dégoût. L'insensibilité à ressentir les plaisirs, les jouissances de l'amour est plutôt de l'impuissance, par sa passiveté et l'impossibilité pour elle à les faire naître ni les éprouver, d'après les exemples rapportés aux Anomalies de la copulation. La cause en est inconnue, car il ne s'agit ni de l'indifférence de l'extrême jeunesse par le défaut du développement des organes, ni de l'insensibilité de la vieillesse résultant de leur atrophie. La maladie, la souffrance n'en rendent même pas compte, puisque des femmes impuissantes par des vices de conformation, des obstacles locaux, n'en brûlent pas moins de désirs vénériens.

Son origine est donc essentiellement morale, nerveuse, et réside surtout dans le cerveau, comme celle de l'homme. Les affsetions de l'âme, du cœur, de l'esprit, de l'imagination, de l'intelligence, la déterminent par leur prédominance sur les fonctions génitales, comme d'autres fois elles les surexcitent.

La différence ainsi établie entre l'impuissance tout organique de la femme et sa frigidité immatérielle, il serait superflu de revenir de nouveau sur toutes les erreurs commises à ce sujet, relatées à Impuissance féminine. On peut se convaincre là que l'atrophie du clitoris, l'altération du vagin, l'absence des ovaires et de la matrice, les excès de

coït et les abus de l'onanisme ne sont jamais que des causes d'impuissance physique. Les exemples de toutes ces altérations, signalées aux Anomalies physiques de la femme, en sont la démonstration évidente. L'érotisme, la volupté peuvent en être altérés, diminués, annihilés par les altérations locales; mais l'amour, la tendresse de la femme no sont pas éteintes et elle , peut toujours, eu en communiquant les effluves à son conjoint, les lui faire partager. Pour un centre érogène amoindri ou altéré, elle en a bien d'autres à son service pour éveiller ses sens, allumer ses feux ; tandis que la femme anaphrodite, toute paralysée du cœur et du corps, n'est plus qu'un marbre, un cadavre vivant.

L'homme le plus ignorant peut facilement établir cette différence avec sa compagne. La plus mal conformée a toujours, dans un moment ou l'autre, des éclairs d'érotisme par un élan, un mouvement, un mot trahissant sa volupté. C'est à lui de les observer et de retenir tout ce qui les provoque, afin d'y appuyer davantage. Son égoïsme est souvent la cause de la froideur de la femme.

Ces deux anomalies peuvent se confondre et coexister simultanément, les lésions physiques réagissant sur le moral, l'imagination et l'esprit. Ce sont les cas les plus graves. La femme nerveuse, très impressionnable moralement, ne ressentant aucune impression locale du contact de son mari qu'elle aime éperdument, peut devenir folle de chagrin, par la crainte de perdre son affection et son amour. Livrée entièrement à ces pensées tristes, elle

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