OBSERVATION VI
(Personnelle. — Service du docteur Lwoff) Débilité mentale. — Fugues. — Vols. — Onanisme. — Grossièretés. — Jnaffectivité. — Violences.
G... Léontine-Albertiné-Georgette, Te 11 juillet 1908 est placée volontairement, à l’âge de 15 ans, par ses parents, pour: « Débilité. mentale avec colères, fugues, vols, onanisme ».
Elle-même raconte qu’elle a des crises convulsives, que c’est pour cela qu’elle est internée ; or, des renseignements fournis par la mère, il résulte que cela est absolument faux et qu’elle n’a jamais eu de crises.
Dans ses antécédents héréditaires, nous relevons: 5 frères morts.de diphtérie, méningite, broncho-pneumonie, rhumatisme ; d’après elle, un serait mort à l’asile de Villejuif.
Le père, la mère et trois frères et sœurs, encore vivants, sont bien portants. D’après les dires, confirmés par les renseignements de la mère, la malade n’a jamais rien appris à l’école, Darce qu'elle avait « la tête dure », était paresseuse; elle se faisait renvoyer de partout, à cause de son indiscipline: « Elle a fait, ditelle, presque toutes les écoles de la ‘Seine ». Violente, elle frappait ses camarades, ses frères et sœurs et même sa mère; sur ce point, elle ne manifeste aucun repentir et est prête à recommencer.
A l’atelier, elle ne réussit pas mieux qu’à l’école; elle a fait son apprentissage dans plusieurs métiers, toujours avee le même insuccès. Elle pratiquait le vol à l’étalage; quelquefois quittait sa maison et on ne savait pas où elle allait.
Enfin, à l’âge de 13 ans, partie avec un jeune homme de 17 ans, elle vécut avec lui 2 ans environ à Montrouge. Son ami s’enivrait, la battait. À 14 ans et demi elle accouchait à l'hôpital Saint-Antoine. C’est là que sa sœur vient la chercher et la ramène dans sa famille, où elle ne reste qu’un mois, puis repart avec un autre homme, qu’elle rencontre sur les boulevards. C’est à la suite de cette fugue qu'elle est internée. Elle fait une fausse
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couche de six mois au pavillon de chirurgie, consécutivement à une chute. , À l’asile, elle traverse des périodes d’excitation, fréquemment on se plaint de ses grossièretés et de ses insolences. Elle a une tendance à taquiner ses compagnes, surtout celles qui sont plus fai- ‘bles ; elle les brusque, se dispute avec elles, n’admet pas qu’on lui fasse une observation. On est obligé de la surveiller spécialement, car, à plusieurs reprises, on s’est apercu qu’elle volait le portemonnaie de ses compagnes, les faisant disparaître dans la bouillote du fourneau de la cuisine. Lorsqu'elle va en congé, elle prend de l’argent à sa mère.
Elle travaille un peu aux soins du ménage; mais elle cherche toujours à se faire remarquer et croit faire mieux que les autres, est jalouse de toutes les travailleuses.
Elle n’a aucune affection pour sa famille « qu’elle hait, ditelle, plus que jamais ». Elle préfère rester à l'asile que d’aller chez elle. |