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Fréquemment on est obligé de la mettre au quartier d’agitées, pour violences et troubles du caractère. Mais comme elle ne veut pas rester dans ce quartier, elle dégrade le matériel et se fait des blessures, pour retourner à l’infirmerie. On relève dans son observation : |
20 mars 1906: La malade, revenue à l’infirmerie à cassé trois carreaux et s’est fait une nouvelle coupure à la main; elle est de nouveau passée à l’infirmerie.
23 mars 1906: Revenue de l’infirmerie, la malade a été mise en cellule et a cassé deux carreaux avec son vase.
24 mars: Refus d’aliment. La malade n’a pris qu’un verre de café pour toute nourriture. Elle s’est fait une blessure au poignet gauche avec une épingle, après avoir serré son bras avec de la gaze à pansement. Cette blessure a beaucoup saigné. On a été obligé de maintenir Mlle A. une partie de la journée, pour l’empêcher de défaire son pansement.
‘25 mars: La malade est toujours en cellule, surveillée par deux infirmières; n’a pris qu’un verre de café pour toute nourriture.
26 mars: Est alimentée à la sonde, cherche continuellement à se mordre. |
28 juillet : Elle cherche à escalader le grillage.
23 août : La malade s’est agitée au moment de la visite; elle casse : un pot à tisane et deux assiettes. ="
Le 13 mars 1907, certificat de situation : Est atteinte de débilité mentale avec diminution du sens moral et absence d’instincts sociaux ; crises d’hystéro-épilepsie, avec troubles intellectuels consécutifs et excitation violente, tentatives d’auto-mutilation; la malade s’arrache des morceaux de peau avec les dents, a introduit dans son vagin douze compresses! tentative ancienne de suicide, refus d’aliments par intervalles. En ce moment, Mlle A... traverse une période calme et ne présente pas d’idées délirantes, mais conserve son état de déséquilibre psychique. Enfant assistée, n’a pas de parents.
19 mars 1907: Cette malade qui présente un œdème de la jambe gauche, a opposé une résistance acharnée à son transfert à l’infirmerie où elle a cassé cinq carreaux dès son arrivée; il a fallu la maintenir au lit pendant trois heures. |
Le lendemain, interrogée par l’interne de service, elle parais-
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sait calme, lorsque brusquement elle se précipite sur lui et le frappe d’un coup de poing au menton. Couchée. elle profite de ce qu’on lui avait laissé une main libre pour lui lancer un verre.
Le 22 août: Elle travaille à la cüisine.
Le 27 août: Nouveaux actes de ‘violences contre le personnel: -C Mlle A... a donné un coup de pied à Mlle G.., puis, au moment du déjeuner, elle s’est jetée sur cette infirmière, l’a terrassée en lui tirant les cheveux et lui a donné de violents coups de pied dans le dos; elle a cherché à frapper d’autre infirmières, s’est précipitée sur Mlle Li... lui a tiré les cheveux ».
Le 30 août, « a gifflé l'infirmière D... puis le docteur, au moment de la visite ».
12 septembre: « Ce matin, la malade a tiré les cheveux à Mile KF..; au moment de la visite, elle s’est cachée sous un banc du jardin pour essayer de frapper M. le docteur ».
« Cette malade est très agitée, frappe dans les portes et fenêtres; à cassé deux bouches de chaleur, elle crie à tue-tête, menace de casser la figure à tout le monde, cherche à se faire du mal et à se sauver, elle devient très violente, dit que si le docteur entre dans sa chambre, elle lui cassera la g.. »
- Enfin, le 23 mars 1908, elle est transférée à l’asile de Fains avee le certificat suivant: « Est atteimte de débilité mentale avec diminution du sens moral, crises d’hystérie, épilepsie; alternatives de calme et d’excitation; actes impulsifs par intervalles. Peut être transférée ».
. En somme, durant son séjour ici, nous ne voyons dans aucun de ses certificats qu’elle ait été délirante; mais par contre ses troubles du caractère se manifestent par des violences, de l’entêtement, elle ne veut pas se conformer au règlement, refuse de changer de quartier, et si on ne Jui cède pas, elle brise tout ce qu’elle trouve et frappe qui elle peut. Elle sait bien qu'ici elle ne sera pas punie, quoi qu’elle fasse, et que par aucün moyen on ne l’obligera à travailler; aussi elle se laisse aller à ses penchants sans essayer de les maîtriser et de se corriger.
Dans ces observations, nous nous sommes surtout attaché à étudier les anormaux à l’asile, sans insister sur leur
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vie antérieure et leur Jeunesse; nous voudrions moutrer combien leur présence y est très désagréable pour les autres malades, pour le personnel, et qu’enfin eux-mêmes n’ont rien à gagner à vivre dans ce milieu.
Il ressort, en effet, de nos observations que l’anormale se montre particulièrement grossière à l’égard des autres malades, elle les insulte à chaque instant; il suffit qu’elle ait remarqué les habitudes d’une de ses compagnes pour qu'immédiatement elle vienne la contrarier, si une malade lit dans un coin, elle vient auprès d’elle, lui prend son livre, la dérange, si une délirante a des idées de grandeur, elle la taquine, se moque de ses idées et de sa tenue ; fréquemment, s’en suivent des disputes, et parfois même, des batailles.
Orgueilleuse, elle sait tout faire, discute toutes les questions, ne peut écouter aucune conversation sans s’en emparer, ne laissant plus dire un mot à personne et obligeant tout le monde à écouter ses vantardises. Elle touche à tout, s'empare des ouvrages des autres malades, veut les faire. Elle éprouve du-plaisir à voir souffrir et même à faire souffrir les autres, telle la petite Raymonde D... qui exeitait une de ses voisines jusqu’à ce qu’elle se gifle ellemême.
Par moments, elles ont de violentes colères où elles menacent tout le monde et terrifient leurs compagnes ; à chaque instant on se plaint qu’elles ont volé des provisions, des objets, même des porte-monmaie. Une malade travaillet-elle danse même quartier? viteselle lui fera des misères, dira du mal d’elle, et tâchera de lui faire perdre sa place.
De sa bouche, il ne sort que des propos obseènes qui choquent les autres malades et leur déplaisent; bien souvent les familles s’en plaignent avec raison. Il est certain que le voisinage d’unesprostituée; peut avoir une influence
MT PE désastreuse sur la mentalité d’une femme débile’à tendances érotiques.
Au point de vue sexuel, ce sont des perverties; elles doivent être l’objet d’une surveillance rigoureuse; bien souvent on est obligé de les séparer entr’elles, pour éviter des actes d’homosexualité. |
Elles écrivent aux employés de la maison, aux médecins et sont heureuses, quand elles peuvent les voir; nous avons connu une malade qui a fait, à maintes reprises, des tentatives de suicide, pour qu’on aille chercher l’interne de garde, ce qui lui procurait le plaisir de voir un homme et de lui parler. Une autre se cachait quand elle urinaït, et prétendait avoir de la rétention d’urine, pour se faire sonder par l’interne.
Essentiellement paresseuses, elles travaillent irrégulièrement et demandent à chaque instant à changer d’emploi ; elles insinuent qu’elles font l’ouvrage des infirmières et qu’elles ne sont pas payées.
— D'un caractère volontaire, elles se montrent désobéis-
- santes, entêtées, difficiles à diriger. Elles se plaignent qu’on les brutalise et suggestionnent leurs parents qui oublient trop facilement les ennuis qu’elles leur causaient avant leur internement, et les croient sur parole.
La mère d’une d'elles, sur les dires de sa fille, se plaignait qu’on ne lui donnait pas à manger; une autre fit croire à sa sœur qu’elle avait la jambe cassée tandis qu’en réalité elle avait battu une infirmière.
Fréquemment, elles menacent et frappent même le personnel, sachant que les coups ne leur seront pas rendus. Nous avons relevé de nombreux faits de ce genre dans plusieurs de nos observations. in
D’autres fois, elles excitent de jeunes imbéciles et provoquent dans leur quartier, de l’agitation, des rires ou des révoltes contre le personnel.
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Lorsqu'on les contrarie, elles se vengent sur les objets, quand elles ne peuvent le faire sur les gens, cassent des assiettes, des verres, des carreaux, déchirent leurs effets, le linge, souillent le parquet avec leurs excréments, l’urine, et obligent ainsi les infirmières à nettoyer ce qu’elles ont fait. ;
Elles sont à la tête de tous les complots, elles incitent leurs compagnes à se plaindre; elles-mêmes font de nombreuses réclamations, contre la nourriture, contre le personnel, le linge est mal lavé, il faut qu’elles choisissent leurs: draps ; à table, elles exigent les meilleurs morceaux, trouvent toujours qu’on ne les sert pas assez bien. Enfin elles arrivent à organiser de véritables révoltes. À chaque instant, on est obligé de les changer de pavillon et de les isoler, car elles réunissent autour d’elles un petit comité et mettent le désordre complet dans un quartier ; nous avons vu bien souvent des surveillantes demander de séparer Mlle C.. et Mme P.…., sous peine de ne pouvoir plus maintenir l’ordre ;'ces faits se produisent surtout dans les quartiers de malades tranquilles, où elles sont plus facilement écoutées. ù
Elles trompent la surveillance, font souvent des tentatives d'évasion; à chaque instant on signale qu’elles ont essayé de sauter la grille qui entoure leur cour; elles nécessitent de la sorte des mesures de surveillance assez rigoureuses qui sont appliquées de ce fait à toutes les malades. Certaines, à cause de la surveillance qu’elles nécessitent ou à cause de leur violence, sont mises dans les quartiers d’agitées, et cela à leur grand préjudice, car elles s’y trouvent dans un milieu où elles ne peuvent travailler, et tombent alors dans l’oisiveté la plus absolue et perdent toute habitude de travail. On encourage ainsi leur penchant à la paresse, car beaucoup d’entr’elles viennent à l’asile, pré-
cisément pour ne pas travailler et refaire leur santé, fatiguées de leur vie de vagabondage et de privation, telle la malade D... de notre observation IV.
Enfin on en voit se livrer à une sorte de commeree, et ceci se passe plutôt dans les services d'hommes. Ils vendent du tabac, du vin et extorquent ainsi à leurs camarades, lès quelques sous qu'ils n’ont pu leur voler directement.
Dans les services d’alcooliques, ils réussissent toujours à se procurer du vin ou autres boissons, gênant et neutralisant les efforts du médecin en exerçant une influence néfaste sur les convalescents.
Ils formulent de nombreuses plaintes, véritables tissus de mensonges, contre tout le monde; ils parviennent à expédier directement leurs lettres sans les faygre passer par la voie administrative et provoquent ainsi des enquêtes inutiles. |
Enfin, un jour, las de rester chez nous, repris de leur
besoin du cabaret ou de vagabondage, ils demandent leur
sortie, qu’on ne peut leur refuser car, comme le dit Marandon de Montyel: « Les pervers ne sont pas des aliénés; (
leur isolement dans un asile est en réalité un internement
arbitraire: ils se rendent parfaitement compte de l’illégalité commise à leur égard, et quand ils veulent sortir, ils savent l’invoquer et l’invoquer avec cynisme. Incalculable est le nombre de ceux qui, sans vergogne, nous ont déclaré
que nous pouvions les traiter de sales bougres, mais que
nous étions un faussaire ne les déclarant aliénés, et que leur place n’était pas parmi les fous. Et en parlant ainsi, ils disent vrai ».
En somme, partout où ils sont ils mettent le désordre. Dans les quartiers de malades tranquilles, ils ont une influence néfaste sur les convalescents et-les lucides, sont la
terreur des malades, insupportables par leurs tendances 3 v