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perverses ; ils motivent les plaintes légitimes des familles en donnant le mauvais exemple et en tenant des propos obseènes devant des enfants qui, pour être malades, n’en ont pas moins le droit d’être respectés.
Ils forment des complots qui, dans certains cas, peuvent avoir des suites fâcheuses, et bien souvent ils joignerit le
geste à la parole et après avoir menacé le médecin ou les:
infirmiers, ils se jettent sur eux quand ils peuvent et cherchent à leur faire du mal. ‘ax
Comme le dit le docteur Sérieux, la présence dans les services ordinaires de ces sujets anormaux, vicieux, de ces
délinquants d’habitude, de ces criminels-nés, a de graves
inconvénients pour ceux qui voient dans les asiles autre chose qu’une garderie d’incurables, et qui veulent leur maintenir ou leur donner le caractère d’un hôpital pour les maladies du système nerveux.
Leur indisciplhine, leurs penchants agressifs, leurs mauvais instincts, leur tendance à Ja révolte, leurs tentatives d'évasion, nécessitent une surveillance spéciale et obligent ainsi le médecin à restreindre la liberté dont pourraient, , Sans inconvénients, jouir les autres malades au milieu desquels ils vivent. Ils portent, en effet, le désordre dans tous les quartiers où on les place successivement ; ils sont
la terreur des sujets tranquilles et même du personnel; ils
cherchent et réussissent souvent à se procurer des boissons alcooliques, ils servent de meneurs pour d’autres malades, débiles d'intelligence, et faciles à entraîner ; ils font des tentatives d'évasion, des complots, fomentent des révoltes, adressent de tous côtés des réclamations; sur tous, ces anormaux exercent une action d’autant plus pernicieuse qu’en général ils ont conservé leur lucidité. Souvent 1ls ont commis des délits; quelques-uns ont partagé leur existence entre la prison et l’asile; leurs tendan-
MODE, Res
ces perverses les rendent insupportables pour les malades qui doivent vivre avec eux, en contact permanent de jour et de nuit.
Désarmé en présence de ces sujets sur lesquels la thérapeutique ordinaire n’a point de prise, non plus que le traitement moral, le médecin se voit souvent obligé, pour éviter des évasions, ou assurer le repos des autres malades, de les placer dans des quartiers d’agités. Or, il faut l’avouer, ce n’est là qu’un pis aller: la place de ces anormaux n’est pas dans une section d’agités ou d’ailleurs ils sont condamnés à l’oisiveté. Les dégénérés vicieux le savent, formulent des réclamations, qui peuvent, au premier abord, paraître justifiées et sont là encore une source de conflits. Essaye-t-on de leur donner satisfaction et de les placer de nouveau avec des sujets plus tranquilles, on est alors obligé de restreindre la liberté qu’on cherche à donner à ces derniers: l’open-door devient difficilement applicable, et de nombreux malades, paisibles, se voient privés de cette quasi-liberté, à laquelle ils attachent un très haut prix, par suite de la présence de deux ou trois sujets malfaisants nécessitant une surveillance continue. ÿ
On voit donc les graves conséquences ‘des errements actuels. Il faut donc débarrasser nos asiles, hôpitaux, de ces déséquilibrés, qui n’y sont pas à leur place, puisque, en réalité, ce ne sont pas des malades du cerveau, maïs bien des infirmes.
Il ne viendrait à l’idée de personne d’envoyer des sourds-muets dans des services d’oto-rhino-laryngologie, ni des aveugles de naissance dans des services d’ophtalmologie; il n’y a pas plus de raisons pour mettre les anormaux dans les asiles d’aliénés, tels qu’ils sont organisés actuellement.