‹ AntarChapitre 10 sur 27 · A M T AU · texte numérisé non relu

A M T AU

sur lesquelles on étend de riches ta])is de Bagdad. Un monceau de sacs, de selles de chevaux, de bâts de chameaux, de provisions ou d’armes, s’élève en pyramide autour do la colonne du milieu. L’esclave et le chien ont leur place assignée au pied de la colonne du vestibule. Un léger pan de toile surajouté à la toile de la tente, et flottant au vent, les couvre à peine contre l’intempérie des saisons comme un auvent : c’est la place servile, c’est le refuge du mendiant.

Cet édifice s’élève et s’enlève en peu d’instants, selon la richesse du maître et le nombre des membres de la famille ou des esclaves, quand la tribu se déplace. Une file de chameaux, plus ou moins longue, est chargée des colonnes, des toiles, des sacs, de l’ameublc-

ment, des provisions de la maison renversée; les hommes montent à cheval , les femmes et les enfants sont portés sur les chameaux. Une espèce de trône large et aplati s’étend en plate-forme au-dessus des bâts de ces animaux, et sert de siège d’honneur aux épouses et aux filles des cheiks. Ce siège, recouvert de cuir rouge et de tapis éclatants, est l’orgueil des femmes. Elles ornent le chameau noir qu’elles préfèrent de housses et de lambeaux d’étoffes de diverses couleurs dont les franges traînent à terre et se balancent au vent. Le licou qui sert de bride à l’animal est décoré de verroteries et de plumes d’autruche. Des clochettes pendent au cou des chamelles laitières, pour rappeler ou retenir le petit chameau auprès de sa mère. Les hommes galopent en avant

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