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son esprit et que les coupes répétées troublaient son cœur, pourquoi ne prends-tu pas plaisir à tes belles esclaves, et pourquoi (on co^ur ne se remplit-il pas de son élévation et de ta gloire? Songes-tu à un rang plus élevé, et imagines-tu dans ton pays quelque chose de plus splendide que celte nuit de magnificence? Laisse là tes tristes pensées, et prends du moment ce qui est bon ; car lu es aujourd’hui monté au rang des rois, et, si les hommes puissants de ta tribu pouvaient te voir en ce moment, ils envieraient ton sort. »
Antar, en écoutant ces paroles, soupira, et des larmes mal retenues coulèrent sur ses joues au souvenir de sa patrie.
« Par votre tète vénérée, répondit-il au roi, ces faveurs n’ont à mes yeux ni valeur
ni charme; car mon cœur et ma pensée sont dans un autre pays que celui-ci, et vous savez que la patrie a la meilleure part dans les cœurs, surtout quand l’homme y a laissé une amante ; éloigné d’elle, il attend que son fantôme vienne le visiter dans son sommeil, ou que la brise de son pays souffle vers lui ! »
Puis, s’exaltant à l’image d’Abla, il chanta ces vers :
€ La fraîcheur de la brise matinale qui souffle de l’Yémen, lorsque je respire son haleine aromatique, est plus voluptueuse pour moi que ces perles, ces merveilles, ces trésors entassés sous mes mains. Et l’empire du roi Chosroèsne me tente point, quand l’image de ma bien-aimée s’est effacée de mes yeux !
<i Demande-moi ce que tu voudras, répondit le roi, et tout ce qui brille le plus à tes yeux parmi les merveilles de mon empire, je jure de te l’accorder en récompense du service que tu m’as rendu en sauvant l’honneur de l’Arabie et delà Perse contre ce champion des Romains. >
Antar demanda au roi Chosroès la couronne de pierreries qui brillait sur sa tète, pour qu’Abla en fût couronnée par lui le
jour (le ses noces et dormit sous le diadème à côté de lui. Le roi y ajouta un escabeau, sorte de trône portatif, où les femmes arabes d’un haul rang s’asseyaient en descendant de leur ehainoau. Les fêtes, les chasses, les luttes continuèrent pendant plusieurs jours, après les(|uclles Antar prit congé du roi de Perse, et repartit avec le bon roi Moundhir pour prendre les mille chamelles acéfyr dont ce protecteur lui avait fait présent, et pour les conduire à son oncle Malek. Ces cbamelles étaient en outre chargées des trésors conquis par Antar sur scs ennemis, de la couronne et (lu trône du roi de Perse pour Abla. Le roi Moundhir y avait ajouté cinquante chevaux de main magniliquement équipés, cent jeunes filles esclaves, et cinquante esclaves mâles