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France, m'a valu une intéressante lettre de Mistral. Toujours préoccupé d'ajouter les gloires du passé à la force de l'avenir, le grand poète provençal a proposé d'élever un nouveau marbre sur l'emplacement du bas-relief d'Aristarchè :
« Vous dites, m'écrit-il, qu'à Carro, en r8o2, fut trouvé le bas-relief d'Aristarchè, représentant la prêtresse d'Artémis, qui accompagna les Phocéens fondateurs de Marseille ; pourquoi, en ce lieu, ne consacrerait-on pas une stèle de marbre à la sainte prouesse des hommes de Carro ? Et pourquoi la commission qui donne tous les ans aux élèves des beaux-arts, concourant pour le prix de Rome, des sujets tirés des fastes de l'antiquité grecque ou romaine ou biblique, ne choisirait-elle pas pour sujet de concours la Barque de Carro !
« Les mâles têtes de nos pêcheurs, leur costume primitif, leur superbe débraillé se prêteraient à la sculpture autant et beaucoup mieux que le conventionnel antique.
« Tout à vous et aux braves qui nous ont tant émus.
F. Mistral. »
L'île Marseillès où fut trouvé le bas-relief d'Aristarchè est très voisine de Carro. Le bas-relief d'Aristarchè est déposé à l'Académie de Marseille et rien, dans le pays, ne rappelle le souvenir de ce petit marbre, pas un monument, pas une inscription. Je ne l'ai connu et recherché, pour ma part, qu'après lecture d'un chapitre de la Statistique des Bouches-du-Rhône du comte de Villeneuve, préfet de Marseille sous la Restauration.